‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 439 sur 520 · S. Ephrem, Parmi., 45, op. gr., t, II · texte numérisé non relu

S. Ephrem, Parmi., 45, op. gr., t, II

précaution. Les deux pèlerins marchaient à distance l'un de l'autre afin de prier à leur, aise et de méditer les psaumes. S'ils se rapprochaient, c'était dans le but de s'entretenir de Dieu et des vérités éternelles 1. Cette mesure s'imposait à quiconque désirait conserver le recueillement. Le Syrien Julien Sabbas et Jacques le Persan, qui voyageaient ensemble, avaient grand soin de l'observera

L'abbé Isaïe, qui dans deux instructions spéciales trace aux frères en voyage une ligne de conduite pleine de sagesse, insistait beaucoup sur la pratique de la charité à l'endroit du compagnon de route. Les jeunes qui marchent avec un vieillard doivent bien se garder d'aller en avant ou ^de lui laisser porter la moindre charge. Ils agissent ainsi avec les frères fatigués. En les plaçant au premier rang, on les met à même de régler la marche suivant leurs forces; leurs compagnons s'arrêtent en même temps qu'eux et attendent patiemment qu'ils laient pris assez de repos pour se mettre en route. Les frères robustes portent les fardeaux chacun à leur tour, le plus chargé allant toujours le premier^.

Dans la congrégation de Tabenne, où les monastères avaient entre eux des relations fréquentes, les religieux voyageaient souvent. Ils allaient presque toujours à pied; parfois cependant ils se servaient des ânes de la maison. La règle prescrivait, dans ce dernier cas, de descendre de la monture en approchant du monastère, et de la conduire par la main jusqu'à la porte. Les infirmes étaient seuls dispensés de cette prescription^. Saint Pakhôme ne permettait pas à deux frères de monter sur le même animal^. On les voyait aussi user de chariots ; il leur était défendu de se tenir deux sur la bâche 6. Le Nil et ses canaux offraient aux moines un excellent

1. s, Antoine, Reg., 47, P. G., XL, 1074. Isaïe,. Reg., 17. ibid., 429-430; Oratio \\\, 1 109.

2. Théodoret, Religiosa UstQria, II, P. G., LXXXII, 1310-131 1.

3. Isaïe, Oratio iii, P. G., XL, 1 1 1 i-i 1.13. Ses discours'iii et iv sont remplis des détails les plus minutieux (i 108-1 121).

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