id., 4 (ibid
On ne considérait pas toujours certaines sorties comme incompatibles avec la réclusion. Ainsi, Pierre le Galate sortit une fois pour aller faire un miracle en faveur de la mère de Théodoret^. Acepsimas, dont la clôture était si rigoureuse, sortait cependant une fois la semaine pour renouveler sa provision d'eau. Il ne le faisait que la nuit, et encore avait-il grand soin de se cacher dans la crainte d'être aperçu. Un pasteur, qui veillait non loin de sa cellule, le voyant se glisser vers là fontaine, le prit pour un loup. Il saisit aussitôt sa fronde et se disposa à lui lancer un pierre. Mais sa main fut retenue par une force invisible. 11 reconnut son erreur, quand il aperçut le solitaire qui regagnait son gîte. Au point du jour, il vint lui confesser sa faute et lui demander humblement rpardon. Un curieux, voulant se rendre compte de la vie qu'il menait au fond de sa cellule, monta sur un platane d'où ses regards pouvaient considérer le pieux reclus. Mais Dieu le punit de sa témérité; la moitié de son corps fut privée de mouvement. Reconnaissant sa faute, il supplia le saint d'intervenir pour lui auprès du Seigneur. Acepsimas commença par faire couper l'arbre qui lui avait fourni le moyen de satisfaire sa curiosité. Aussitôt après j le coupable recouvra l'usage de ses membres^.
Le soin que prenaient les reclus d'échapper aux regards des profanes ne parvenait pas à éloigner de leurs cellules l'afifluence des visiteurs que leur vie extraordinaire et le renom de leurs vertus attiraient parfois en très grand nombre.
Romanos, qui resta longtemps dans le voisinage d'Antioche, entretenait volontiers ceux qui venaient à lui. II exerçait de la sorte un fructueux apostolat 3. Eusèbe d'Asicha était fort gêné par la foule qui venait solliciter ses prières et ses conseils. Pour l'éviter il quitta sa cellule et se retira dans un monastère, où il put avec le consentement de l'abbé continuer sa réclusion^. Marcien, pour conserver la paix durant toute une partie de l'année, ne permettait l'accès de sa retraite qu'après la fête de Pâques ^ Les femmes n'étaient! jamais admises à jouir de ce privilège. II refusa de faire une exception à cette règle, même pour sa
I, Théodoret, 19, otiv. cit., (ibid., .1387).
3, Id,, 15 (ibid., 1415). Théodoret parle des visites que le reclus Pallade faisait à Siméon l'Ancien (ibid., 7, col. 1366).