‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 45 sur 520 · Id., 3, ibid · texte numérisé non relu

Id., 3, ibid

sœuri. Jean de Lycopolis ne se montrait pas moins sévère ^ Certains visiteurs purent francliir le seuil de quelques cellules de reclus. Marcien, quand il recevait la visite du solitaire Avit, lui ouvrait sa porte et le retenait trois jours auprès de lui^, Eusèbe recevait de temps en temps un petit nombre d'amis. "^ Un moine qu'un frère poursuivait d'une haine implacable avait mis tout en œuvre pour le calmer. N'ayant pu réussir, il s'enferma dans une cellule de reclus. Quelque temps après, les anciens de la région entreprirent de les réconcilier et ils amenèrent au reclus son ennemi. Avant d'arriver, ils le laissèrent en route et vinrent frapper à la porte du solitaire pour lui signaler leur présence. Le frère ouvrit sa fenêtre et engagea conversation avec eux. Mais, lorsqu'il sut que son ennemi était dans le voisinage, il s'arma d'une hache, fit sauter sa porte et courut se jeter dans ses bras. II les conduisit tous à son habitation où ils passèrent trois jours ensemble s.

Théodoret, évêque de Cyr, trouvait dans sa dignité et dans sa vive admiration pour ces serviteurs de Dieu une raison de se faire ouvrir leurs portes. Il fut le seul qui pût pénétrer auprès de Limnseos. Quand on apprenait dans la région l'époque des visites qu'il lui faisait, les curieux affluaient de toutes parts 6. Il vint un jour voir le reclus Maris, qui lui inspirait une tendre affection. Le moine déboucha sa porte et reçut dans ses bras l'auguste visiteur. II éprouvait depuis longtemps le désir d'assister au saint sacrifice. L'évêque s'empressa de lui donner satisfaction. Il se fit apporter les vases sacrés d'une église voisine. Les mains de ses diacres lui tinrent lieu d'autel. Il célébra les saints mystères et donna la communion au pieux reclus. Dans sa joie, Maris disait que jamais bonheur pareil n'avait rempli sa cellule ; il lui semblait voir le ciel avec les yeux de son corps '^.

Quelques-uns de ces grands serviteurs de Dieu, non contents des austérités d'une réclusion perpétuelle, se condamnaient à un silence rigoureux. On leur a donné le nom à' hésy chastes. Tels

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