‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 441 sur 520 · Id., 85-86, ibid · texte numérisé non relu

Id., 85-86, ibid

VOYAGES MONASfiaUES 465

.répliqua-t-on, parce qu'ils auraient tous disparu ? — Point. du tout; mais il ne m'est pas venu à l'esprit de regardera » L'abbé Pambo ne se comportait pas de la même manière. Il cherchait partout un sujet d'édification. Saint Athanase le manda un jour à Alexandrie. Une comédienne d'une grande beauté passa devant lui. Sa vue l'impressionna vivement et il se mit à pleurer. Les témoins de cette scène voulurent connaître le motif de ses larmes : « Deux raisons me portent à pleurer, leur dit-il : la première est le triste sort de cette femme, la seconde est la pensée que je me donne moins de peine pour plaire à Dieu que cette femme n'en prend pour gagner les hommes de mauvaise conduite 2. »

Les voyages les plus lointains ne pouvaient, guère nuire aux, religieux animés d'un pareil esprit. Les vertus dont ils donnaient, l'exemple, la sainteté de leurs entretiens et la gravité de leur tenue, inspiraient à tous un profond respect et une haute idée de la vie , monastique; ce fut plus d'une fois le moyen dont Dieu se servit, pour conduire dans la solitude des âmes éprises du désir de la perfection.

L'histoire a conservé le souvenir de quelques-unes de ces excur-. sions monacales. Elles ont puissamment contribué à la diffusion, de la vie religieuse et à la fusion des esprits et des cœurs dans l'union des idées. Saint Jérôme a fidèlement relaté celles de saint, Antoine, et de saint Hilarion. Le premier avait atteint l'âge de quatre-vingt-dix ans. Il se demandait s'il existait dans les soli-: tudes de l'Egypte un homme qui eût poussé au même degré que. lui la recherche de la perfection religieuse. Dieu lui révéla pendant. :Son sommeil l'existence d'un anachorète qui le surpassait. Dès le; point du jour, le saint vieillard, impatient de le connaître, prit le ibâton du voyageur et se mit en route vers la demeure de cet. inconnu. Les monstres qu'il rencontra sur son chemin, ne parvinrent pas à l'effrayer. Aucune créature n'avait en ces lieux foulé le

1. Apophtegmala Patruni, P. G., LXV, 222. Verba Senioriun, P. L., LXXIII, •871.

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