‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 442 sur 520 · Soaate, Hisi. ecclés., 1. iv, 13, P. G., LXVII · texte numérisé non relu

Soaate, Hisi. ecclés., 1. iv, 13, P. G., LXVII

sable du désert ; seules les bêtes sauvages y avaient laissé l'empreinte de leurs pas. Après une marche longue et pénible, le serviteur de Dieu aperçut, à la nuit tombante, une louve dévorée par la soif, qui se dirigeait vers le pied d'une montagne. 11 la suivit du regard. Et, allant dans la même direction, il se trouva bientôt à l'entrée d'une caverne. Les ténèbres l'empêchaient de distinguer quoi que ce soit; Tantôt il suspendait sa marche, tantôt il avançait doucement, évitant le moindre bruit ; son oreille cherchait à discerner quelque signe qui pût lui révéler la présence d'une créature. Une pensée intime lui faisait croire qu'il était au terme de ses désirs. Un son confus se fit entendre. Le solitaire, enhardi, fit quelques pas en avant. Son pied, heurtant une pierre, occasionna un bruit assez fort. Une porte s'ouvrit à ce moment, et saint Antoine fut en présence de saint Paul, le premier des ermites. 11 se prosterna en terre, le priant humblement de l'admettre dans sa demeure. Ces deux grands serviteurs de Dieu bénirent leur commun Maître, qui les avait ainsi réunis. Paul raconta à Antoine sa vocation, sa fuite au désert, sa merveilleuse existence. Antoine lui rendit les honneurs de la sépulture. C'est à son voyage que nous devons la connaissance de Tun des types les plus intéressants de la sainteté monastique 1.

L'affluence des visiteurs et les égards qu'on lui témoignait fatiguaient saint Hilarion. 11 ne crut pouvoir les éviter que par la fuite. Malgré la résistance de ses disciples, il abandonna la Palestine, visita les moines qui habitaient le désert et quelques évêques exilés en haine de la foi, et il prit la direction de la montagne où saint Antoine avait passé les derniers temps de sa vie. On lui fit vénérer tous les souvenirs de ce grand homme de Dieu. Il alla ensuite à la grande oasis, en passant par Alexandrie. Comme sa sainteté lui attirait, jusque dans ces solitudes, de nombreuses visites, il résolut de fuir plus loin encore par delà la Méditerranée. La Sicile lui fournit une retraite dont la tranquillité, malheureusement pour lui, fut bientôt troublée par ses miracles. La crainte des honneurs et le besoin de la solitude le poussèrent au delà de l'Adriatique, en. Dalmatie. Ce fut pour se voir encore obligé de chercher ailleurs un refuge que les hommes ne pussent découvrir. Il le trouva dans une riante vallée de l'île de Cypre. La mort, qui vint l'y frapper^ lui procura une paix désormais inaltérable 2.

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