‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 443 sur 520 · S.Jérôme, yUa S. Paiili, 7-15, P. L., XXUI · texte numérisé non relu

S.Jérôme, yUa S. Paiili, 7-15, P. L., XXUI

2. Id., y^ita S. Hilarionis, 20 et suiv., Âcta Satict. Oct., t. IX, 52 et suiv.

Saint Ephrem, qui avait abandonné sa patrie pour aller à Edesse. où sa présence rendit à la foi des services signalés, parcourut plusieurs provinces de l'Orient ; il visita Jérusalem et Césarée de Cappadoce. Des hommes de Dieu, répandus dans ces contrées, excitaient son admiration; il désirait les connaître. Leurs conversations firent à son âme un grand bien. Sa visite à saint Basile et les entretiens pieux qu'ils eurent l'un avec l'autre laissèrent dans son âme une impression ineffaçable. Ce fut le commencement de l'union intime qui régna désormais entre ces deux cœurs si bien faits pour se comprendre et pour s'aimer^. L'évêque de Césarée avait lui-même, au début de sa vie religieuse, parcouru l'Egypte, la Palestine, la Syrie et la Mésopotamie, dans le but de s'instruire à l'école des moines qui peuplaient les solitudes de ces contrées. On vit plus d'une fois les solitaires de l'Asie Mineure et de la Syrie quitter ces provinces et s'en aller visiter les déserts de; l'Egypte.

L'Egypte et la Thébaïde exerçaient un attrait souvent irrésistible sur les hommes épris d'un idéal monastique. Quelques Occidentaux le sentirent au point de franchir des espaces considérables. Ces pèlerins du monachisme cheminaient le long de la vallée du Nil, dans les retraites de Scété et de Nitrie, et jusque vers les solitudes de la haute Thébaïde; ils se rendaient au Sinaï et en Palestine, frappant à la porte des solitaires les plus renommés pour recueillir leurs enseignements et admirer leurs vertus.

Saint Jérôme, le plus illustre de ces pieux voyageurs, partit avec Rufin et plusieurs compagnons pour visiter Jérusalem. 11 parcourut diverses provinces de l'Orient avant de se fixer en Syrie, pendant que son ami allait en Egypte. Nous le trouvons ensuite à Constantinople, à Rome, à Jérusalem, en Egypte et enfin à Bethléem, recueillant partout des exemples à imiter.

Sainte Paule, sa fille spirituelle, l'accompagna dans ses dernières pérégrinations avant de partager sa retraite auprès des lieux théâtre de la naissance du Sauveur. Elle ne fut pas la seule femme qui entreprit de pareilles excursions. Les deux Mélanie voulurent aussi visiter les solitudes orientales. Silvie nous a laissé le récit complet de son propre voyage. Postumianus, Gaulois d'origine comme elle, raconte dans les Dialogues de Sulpice-Sévèrece qu'il avait contemplé de ses propres yeux en Egypte.

Mais, de tous ces voyages, celui qui a exercé sur le monachisme

i. s. Grcg. Nys., De vUa S. P. Ephrem, P. G., XLVI, 834.

l'influence la plus grande est sans contredit celui de Cassien. Né dans la Gaule méridionale, il prit de bonne heure la route de l'Orient, où on le voit mener avec son ami Germain la vie religieuse dans un monastère de Bethléem. Le désir d'une plus haute perfection les poussa l'un et l'autre vers les déserts de l'Egypte. Ils voulaient, sinon imiter les vertus de leurs habitants, avoir tout au moins l'honneur de contempler leurs visages et d'entendre leurs enseignements 1. Les moines au milieu desquels ils vivaient leur permirent ce voyage à la condition expresse de ne point trop le prolonger. L'abbé Joseph calma dans la suite les inquiétudes que leur causait la nature de cette permission 2. Ils parcoururent, le bâton à la main et un sac sur le dos^, l'île déserte de Panephys, la solitude de Diolcos, les groupes monastiques de Scété et de Nitrie. Leur séjour dans ces contrées fut d'au moins sept ans*.

Le désir de conférer avec les maîtres de la vie monastique n'était pas le seul motif des visites que les moines faisaient en Palestine. Le souvenir des événements dont les Lieux saints furent le théâtre les attirait de tous les points de l'Orient. On y rencontrait des Egyptiens, des Syriens et des enfants de la Mésopotamie et de la Cappadoce. C'est au jour anniversaire de l'Invention de la sainte Croix et de la dédicace de la basilique du Saint-Sépulcre qu'ils accouraient en foule de tous les points de l'Orient^. Ils rentraient paisiblement chez eux, si toutefois la sainteté des lieux ne les retenait pas, après avoir vénéré les sanctuaires de Jérusalem, de Bethléem et des bords du Jourdain. Cassien rencontra à Bethléem l'Egyptien Pinufe. Saint Basile, saint Ephrem, le Cappadocien Olympios^, saint Grégoire de Nysse, Pierre le Galate^ et une foule d'autres entreprirent ce pèlerinage. Quelques moniales suivirent ce mouvement, entre autres la diaconesse Marthana, amie intime de

l.- Cassien, Coulai., xi, 1, 2, p, 314-315.

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