‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 461 sur 520 · Verba Seniorum, P. L., LXXIII · texte numérisé non relu

Verba Seniorum, P. L., LXXIII

cette précaution, surtout si l'on avait affaire à un jeune religieux i. Saint Pakliôme prescrivait un silence absolu durant les heures destinées au sommeil*. Personne ne devait alors quitter sa couche sans nécessité urgente" ni fermer à clef la porte de sa cellule*. Les supérieurs avaient une surveillance à exercer pendant ce temps. La règle chargeait quelques frères de passer la nuit sans dormir et de veiller à la sécurité des autres. Leur nombre à Tabenne était de dix^. Lorsque les moines travaillaient loin du monastère, ils construisaient de vastes cabanes pour les abriter durant leur sommeil 6.

Saint Pakhôme, qui accordait beaucoup à l'initiative personnelle, donnait lui-même l'exemple de la mortification. Il ne se couchait jamais pour dormir. Il lui suffisait de s'asseoir et d'appuyer son buste contre la muraille. Il diminuait le plus possible ce temps consacré au repos. Les religieux fervents marchaient sur ses traces'''. Cette mortification était assez répandue parmi les moines orientaux. Abraham, évêque de Carrhes, dormait assis s. L'abbé Bessarion^ et saint Euthyme prenaient leur repos tantôt dans cette posture, tautôt debout lo. Ce dernier, quand il était debout, avait une corde pour le soutenir. Il imitait en cela l'abbé Arsène. Dans les monastères de Syrie, on voyait fréquemment des religieux prendre sur le temps réservé au sommeil par la règle commune, afin de prolonger leurs entretiens avec le Seigneur n.

Quelques solitaires, égyptiens surtout, mirent tout en œuvre pour rompre leur corps à vivre presque sans dormir. Dorothée le

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