S. Ephrem, Parœiu, 15, op. gr,, t. II
Thébain est resté célèbre à cause des luttes qu'il soutint dans ce but. II travaillait la nuit entière ; jamais on ne le vit. se coucher ni même étendre les pieds. Lorsque le besoin de sommeiller se faisait par trop sentir, il fermait quelque temps les yeux. Cela lui arrivait pendant le travail ou durant les repas i. Dans les temps qui suivirent sa conversion, l'abbé Moïse fut horriblement tenté par le démon de l'impureté. II employa tous les moyens pour détourner ses attaques. Rien ne lui fut plus profitable que de passer les nuits dans sa cellule, debout et en prière, sans fermer l'œil. Ce régime, qu'il put suivre durant six mois entiers, lui rendit la paix du cœur et le calme des sens 2. L'abbé Sisoès, de Calamon, voulait à tout prix vaincre le besoin de dormir. Pour en venir à bout, il se suspendit à un rocher qui dominait un précipice. C'était un dangereux excès. Un ange, dit-on, le délivra et lui défendit de recommencer 3. L'abbé Sarmalaà^fut plus heureux; il déclara à l'abbé Pœmen que le sommeil était complètement soumis à sa volonté. Il venait et s'en allait quand il le jugeait à propos^.
Les moines furent tout aussi mortifiés dans l'usage de la parole. Quelques-uns, surtout parmi les reclus, s'imposèrent la loi du silence absolu. Ce mutisme volontaire leur mérita le nom d'hésychastes^. On en trouvait en Cappadoce^. Ils étaient assez connus en Syrie pour que saint Jean Chrysostome pût les mentionner dans son Exhortation à Stagyrios'^. Les recluses de Berhé, Marana et Cyra, pratiquaient ce silence absolu ; toutefois la première se montrait moins rigoureuse durant le temps pascal ; c'était la seule époque de l'année où elle adressât la parole aux personnes qui les visitaient. Jamais on n'entendit sa sœur proférer le moindre mot s. Talassios, qui connaissait les dangers auxquels l'homme est exposé