‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 476 sur 520 · yerbaSemorttm, P. L., LXXIIl · texte numérisé non relu

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surnaturel; ils s'entouraient de mille précautions pour l'exercer dans l'humilité. Saint Antoine, le plus favorisé de tous, est le premier à en donner l'exemple. On venait en foule.se recommander à ses prières et solliciter des guérisons. Cette afifluence l'ennuyait. En outre, les miracles que Dieu opérait par son ministère l'exposaient à des pensées d'orgueil; et les hommes pouvaient, à cause de ces merveilles, l'estimer plus qu'il ne le méritait. Pour échapper à ce double inconvénient, il résolut de prendre la fuite et de chercher un asile dans la haute Thébaïde, au milieu de gens qui ne le connaissaient pas i. Il arrivait souvent que sa prière n'était pas exaucée, et les malades partaient comme ils étaient venus. Il leur disait alors qu'Antoine n'était que l'instrument du Seigneur et que le Maître guérissait quand bon lui semblait. Il ne manquait jamais une occasion de redire cette vérité à ceux qui bénéficiaient de son pouvoir 2. m

Plusieurs de ces thaumaturges refusaient de faire les miracles qu'on leur demandait. Il fallait, pour les y contraindre, recourir à la ruse. On -avait conduit un possédé dans une église fréquentée par des moines. Tous les frères se mirent à prier, mais ce fut en vain; le démon ne quittait point sa victime. « Que faire? se disaient les religieux. Il n'y a que l'abbé Bessarion qui puisse le chasser. Si nous lui en parlons, il ne voudra même pas mettre les pieds à l'église. Voici comment nous allons nous y prendre : nous ferons asseoir le possédé ici; l'abbé Bessarion arrive toujours le premier. Quand il arrivera, nous lui dirons : « Père, éveillez cet homme». Les choses se passèrent ainsi. Bessarion dit au possédé : « Lève-toi et sors. » L'esprit immonde le quitta sur-le-champ, et il se trouva guéris. Un Egyptien qui avait un enfant paralytique voulait obtenir sa guérison du même abbé Bessarion, Il le porta à sa cellule, le laissa devant la porte et partit sans rien dire. Le pauvre enfant se mit à pleurer. Le saint homme regarda par la fenêtre ce que c'était. L'ayant aperçu, il lui demanda : « Qui t'a porté ici, mon enfant? — C'est mon père, et il s'en est allé. » Le vieillard lui dit : « Lèvetoi et va le rejoindre. » L'enfant se leva guéri et rejoignit son père^. On racontait un trait analogue de l'abbé Sisoios-"* et de

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