Macar., Homilia xxvi, P, G., XXIV
3. Pachomii viia, Acta Sanciorum Mail, t. 111, 297-298. KjV coftj de saint Pakhôme, publiée par Amélineau, A. D. M. G., XVll, 18-22.
cercle embrasé la ressemblance du Sauveur. La scène se préparait au dehors. Un ange s'avança vers le solitaire et lui tint ce langage : «Le Christ aime ta manière de vivre, ta liberté et ta confiance; il est venu te voir; sors de ta cellule, et quand tu l'auras aperçu, prosterne-toi pour l'adorer ; tu pourras alors revenir dans ta cellule. » 11 fit ce qui lui était recommandé. Quelque temps après, il se rendit à l'église où les frères étaient réunis : «Je n'ai pas besoin de communier, leur dit-il ; j'ai vu le Christ. » Les anciens le prirent en pitié. Pour le guérir de la maladie morale qui le rongeait, ils le mirent aux fers et surent lui ménager de bonnes humiliations i.
Les malheurs de deux autres solitaires, Eron et Ptolémée, dont Pallade raconte les illusions et la chute, étaient bien faits pour prémunir contre les séductions de l'orgueil mystique, de tous le plus dangereux. Combien de victimes ne fit-il pas en Egypte et ailleurs? Saint Grégoire de Nazianze, qui avait connu dans son diocèse un grand nombre de saints moines, en vit plusieurs s'abandonner à d'étranges excès sous l'influence d'illusions mystiques 2.
Les visions faisaient tourner les têtes beaucoup plus facilement que les miracles. Elles étaient plus accessibles. Le miracle est un fait brutal; ne l'opère pas qui veut. L'imagination n'a pas assez de puissance pour donner une réalité extérieure à une merveille dont elle rêve l'exécution. 11 en va tout autrement des visions. Le désir d'en avoir suffit, s'il persiste, pour persuader à certains esprits faibles qu'ils en ont réellement. « Ne désire voir ni les anges, ni les puissances célestes, ni le Christ, écrivait à ce sujet l'un des maîtres de la vie spirituelle les plus écoutés, saint Nil, de peur que tu ne perdes la raison, que tu ne prennes le loup pour le berger, et que tu ne viennes à adorer les démons, tes ennemis s. » « Si un ange t'apparaît, disaient les anciens, garde-toi de l'admettre trop facilement; commence par t'humilier, en disant : Je suis indigne, "moi pécheur, de voir un ange'*. »
Les saints ne se sont jamais écartés de cette prudente réserve. Les thaumaturges avaient pour ainsi dire peur de leur pouvoir