‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 478 sur 520 · ycrba Seniontiii, I. m, i5P, P. L.^ LXXllI · texte numérisé non relu

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LE MERVEILLEUX DANS LA VIE DES MOINES 51 ï

par trahir sa présence. Et force lui était encore de prendre le bâton du pèlerin et de chercher une nouvelle retraite'.

Un miracle avait rendu célèbre dans toute la Palestine le nom de saint Euthyme. Comme de fréquentes visites troublaient sa solitude, il dut à plusieurs reprises changer de demeure \

Les miraculés cherchaient parfois à témoigner leur gratitude par des offrandes généreuses. Les solitaires ne les acceptaient pas sans difficulté. Ils avaient reçu le don du Seigneur gratuitement, pensaient-ils; c'est gratuitement qu'ils devaient le dispenser. Ce fut la réponse que fit saint Hilarion à un riche Sicilien qui lui offrait des présents en reconnaissance de sa guérison ^

Quelques-uns poussaient la délicatesse au point de ne jamais se servir de leur pouvoir afin de se soulager eux-mêmes. Benjamin de Nitrie, qui guérissait tous les infirmes par l'imposition des mains ou par l'emploi, de l'huile qu'il avait bénite, étan;t tombé gravement malade, ne joulut dei^ander à Dieu ni sa guérison ni un allégement à ses souffrances. 11 ne cessait pas cependant d'obtenir la santé pour tous ceux qui venaient solliciter ses prières^.

Ces thaumaturges n'opéraient pas toujours directement les miracles. Souvent ils bénissaient une matière quelconque, qu'ils pénétraient ainsi d'une vertu divine. Ceux qui s'en servaient avec esprit de foi en ressentaient généralement les heureux effets. Les moines de Nitrie aimaient à donner de l'huile sur laquelle ils avaient appelé les bénédictions célestes s. C'était une coutume assez générale parmi les moines orientaux; on le voit par la vie de saint Hilarion 6, par Théodoret, Cassien et la plupart des écrivains monastiques de cette période. Jean de Lycopolis, qiii ne permettait pas aux malades d'approcher de sa cellule, se contentait de leur envoyer de l'huile qu'il avait bénite. 11 suffisait de leur faire une onction pour leur rendre la santé t'. Quelques-uns préféraient bénir de l'eau. Par ce moyen le solitaire Jacques guérissait de nombreux malades s. Il suffit d'asperger, avec de l'eau bénite par saint

1. s. Jérôme, f^ita S. Hilarionis, Acta Sanci. Oct., t. IX, 55-57.

2. Cyrille, l^ita S. Eulbymii, c. v, 26, Acta Sanct. Jan., t. il, 670,

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