Tnéodorct, Relij. lisi., 31, P. G., LXXXII
512 LES MOINES d'QRIENT
Aphraates, des campagnes que ravageaient les sauterelles pour les éloigner 1. Des insectes dévoraient les récoltes d'un village voisin de la solitude qu'habitait l'abbé Coprès, en Egypte. Il bénit du sable qu'on répandit sur les champs infestés, et le fléau disparut %
Les moines de l'Egypte et de la Thébaïde se faisaient plus que les autres remarquer par le nombre et l'éclat de leurs miracles. Quand ils avaient une nécessité quelconque, écrit Rufin, qui les avait vus de près, ils ne cherchaient point aide du côté de la terre. C'est à Dieu qu'ils s'adressaient comme à un père; et ils obtenaient sans retard ce qu'ils demandaient. Ils avaient une foi à transporter les montagnes. 11 y en eut qui arrêtèrent des inondations, marchèrent sur les eaux et renouvelèrent les prodiges des prophètes et des apôtres ^ Les moines syriens, dont Théodoret raconte la vie, n'ont pas accompli moins d'œuvres merveilleuses. Cette puissance surnaturelle ne se manifestait pas chez tous de la même manière. Les uns guérissaient de telle maladie, tandis que les autres exerçaient leur pouvoir de préférence sur une infirmité toute différente ^. Quelques-uns aimaient à garder le silence sur les merveilles que le Seigneur accomplissait par eux* Plusieurs, au contraire, les racontaient assez volontiers aux frères qui les visitaient. L'abbé Coprès était de ce nombre. Un moine, qui écoutait son récit, le prit pour un exagéré ou un naïf, se plaisant à narrer des choses qui n'étaient point arrivées. 11 se mit bientôt à dormir, mais, pendant son sommeil, il aperçut entre les mains de Coprès un livre écrit en lettres d'or, dans lequel il semblait lire ce qu'il racontait. Un vieillard à l'aspect très vénérable, qui se tenait à ses côtés, lui reprocha en termes très sévères de refuser son attention et sa créance aux récits du saint homme s.
Quand la foi ou un intérêt supérieur étaient en jeu, ils n'hésitaient pas un instant à faire un miracle. Leur confiance en Dieu ne connaissait alors aucune limite. 11 s'agissait de confondre un manichéen. L'abbé Coprès fit allumer un bûcher. Il entra dans la flamme, où il put rester une demi-heure sans éprouver la moindre