CHAPITRE XXIV
Infirmités et mort des moines
La sobriété du régime monacal avait le précieux avantage d'écar-' ter un grand nombre de maladies et d'assurer une longue existence à ceux qui étaient capables de le supporter. Les moines se recrutaient d'ordinaire parmi les hommes robustes. On peut appliquer à la plupart des Orientaux ce que M. Masperodit des Egyptiens : « La mortalité des enfants faisait un triage dans le peuple égyptien. 11 finissait par ne compter que des hommes vigoureux, capables de résister à la douleur et à la fatigue ï. » Dès le temps d'Hérodote, les habitants de la vallée du Nil passaient pour avoir un tempérament sain. Ils devaient ce privilège, paraît-il, à l'uniformité des saisons, qui ne varient guère dans ce pays^ L'air pur du désert n'exerçait pas une moins heureuse influence sur ceux qui ne craignaient pas d'y fixer leur séjour. La vie sous la tente est très hygiénique. Les moines qui habitent encore les monastères de Natr'oun et de Saint-Antoine arrivent à une vieillesse extraordinaire. Tischendorf connut un religieux âgé de cent vingt ans qui dormait à peine une heure par nuit 3. Les montagnes de Syrie n'étaient pas moins salubres, au dire de saint Jean Chrysostome. Le bon air que respirait le moine, l'eau qui lui servait de boisson, le parfum des bois et des fleurs, réunissaient autour de sa cellule un ensemble de conditions hygiéniques qu'on eût difficilement trouvées ailleurs^.
1, Muspcro, Lectures Mstoriques, l'Egypte ancienne, 15-16.