Cf. Charton, Voyages anciens, Hérodote, t. I, p
3, FlosSj De sanctorum Macariorum vîtis quœstiones criticce, c. \, P. G., XXXIV, p. 2 et s.
4. S. Jean Chrys., Âdv. oppugnatores vit'ce monasticœ, I. 11, P. G., XLVII, 358,
Il ne faut donc pas être surpris de rencontrer parmi les solitaires des exemples remarquables de longévité. Les nonagénaires étaient nombreux '; c'est l'âge que portaient vaillamment Jean de Lycopolis et Coprès quand Pallade les connut 1. Théodoret vit à Télédan des religieux plus âgés qui ne retranchaient rien de leurs austérités ; ils conservaient une ardeur que des jeunes gens auraient pu leur envier*. Eusèbe dépassa cet âge, malgré sa complexion délicate^ ; Pierre le Galate, qui s'était fait moine à sept ans, mourut presque centenaire* ; Zenon, qui avait embrassé la vie religieuse dès sa jeunesse, mourut évêque de Majuma, âgé de plus de cent ans^ ; Jacques le Persan, disciple de Julien Sabbas, atteignit cent quatre ans 6; saint Antoine, cent cinq. Ce dernier, remarque son biographe, n'avait perdu aucune de ses dents ; sa vue était excellente. Il se portait mieux que bien des séculiers qui ne se refusaient rien"^. Souros, disciple de saint Pakhôme^, mourut à cent dix ans ; ce fut aussi l'âge de plusieurs autres solitaires 9. Saint Paul, le premier des anachorètes, dépassa ce chiffre de trois années ^o.
La vigueur des tempéraments, pas plus que les conditions hygiéniques au milieu desquelles se passait la vie de la plupart des solitaires, ne pouvait bannir complètement les infirmités. On cite bien dans la Thébaïde le monastère de l'abbé Isidore, où les moines arrivaient à la mort sans avoir éprouvé la moindre maladie. Ce phénomène parut si extraordinaire, que les contemporains