pophtegmata Patrtim, P. G., LXV
Origène, Ammonios et plusieurs frères étaient réunis à ses côtés pour entendre ses dernières paroles : « Depuis que j'occupe cette cellule dans le désert, je n'ai jamais passé un jour sans travailler des mains. Je ne me souviens pas d'avoir mangé un pain que je n'eusse gagné; aucune de mes paroles ne me cause de regret. Je vais au Seigneur comme si je n'avais pas commencé à mener une vie pieuse et chrétienne i. » Un moine du Sinaï, tombé sous les coups des Sarrasins, vivait encore, lorsque les ermites échappés au massacre le rencontrèrent. Le saint vieillard, oubliant sa douleur, ne pensa qu'à leur prodiguer les plus touchantes consolations : l'épreuve qui venait de fondre sur eux ne devait pas les plonger dans la tristesse. Dieu permet à Satan de frapper ses serviteurs ; l'exemple de Job le prouve jusqu'à l'évidence. Au ciel le Seigneur récompensera ceux qui souffrent pour lui. Le moribond ne cessait de témoigner aux frères son affection, en les embrassant et en leur adressant des saluts et des souhaits ^
Quelques-uns de ces amis de Dieu terminaient leur vie sans témoin, dans l'intimité avec -Dieu, leur "maître. Leur mort a toute l'allure d'une oraison. Jean de Lycopolis, sentant sa fin approcher, écarta tous ses visiteurs, même ses disciples. Après trois jours de solitude, il se mit paisiblement à genoux et alla continuer au ciel la prière qu'il avait commencée \
Parmi les moines pasteurs de la Mésopotamie, il y en eut qui se mirent une dernière fois à genoux pour prier avec ferveur et rendre leur âme à Dieu dans cette sainte occupation"^. La recluse Alexandra prit d'elle-même la posture qui convenait aux mourants et s'endormit pour ne plus se réveiller ^
La note caractéristique de la fin des solitaires est la sérénité. Ils meurent comme ils ont vécu. Pouvait-il ne pas en être ainsi? Comment ces hommes qui avaient tout abandonné auraient-ils pu craindre de quitter la terre? Si un sentiment de peur en face de la mort s'était présenté à leur âme, ils l'auraient dissipé en s'adressant à eux-mêmes les belles paroles de saint Hilarion mourant : « Pars, mon âme, que crains-tu? Pars, pourquoi hésiter? Il y a