S. Jérôme, Vita S. Pauli, 14-16, P. L., XXIII
accompagnèrent ensuite. Pendant que cette vue le jetait dans une vive allégresse, une voix mystérieuse lui apprit que ces honneurs étaient rendus à Ammon de Nitrie'. L'abbé Paphnuce vit l'âme d'un de ses religieux portée au ciel par les anges. Un esprit se détacha du cortège et l'avertit de sa mort prochaine. « Viens, lui dit-il, homme béni de. Dieu, prendre possession de la demeure éternelle qui t'est due". » Cette présence des chœurs célestes autour de l'âme des trépassés plaisait aux moines de Tabenne. Parmi ceux qui, au dire de saint Pakhôme, méritèrent cet honneur, il en est deux qui ont droit à une mention spéciale : Silvain, qui avait par son humilité profonde réparé complètement les légèretés de sa jeunesse monastique ^ et Carur, à qui ses négligences aux prières nocturnes avaient plus d'une fois attiré les réprimandes de Théodore; sa foi vive, sa grande j chasteté et sa patience durant une •dernière maladie l'avaient pleinement réhabilité 'i.
Lorsqu'un ancien, vénéré à cause de sa vertu et de sa doctrine, était sur le point d'aller rejoindre ses pères dans la foi, ses disciples et les frères du voisinage se pressaient autour de lui pour entendre ses derniers enseignements. Les conseils suprêmes d'un mourant et sa bénédiction étaient le plus précieux des héritages. L'abbé Psesios allait rriourir; ceux qui l'entouraient lui demandèrent une parole qui pût les mettre sur le chemin de la perfection. <;< je n'ai jamais accompli ma volonté propre, leur dit-il, je n'ai rien enseigné à personne que je n'eusse d'abord pratiqué moi-même s. » Macaire l'Ancien était sur son lit de mort. Des religieux sollicitèrent comme une faveur insigne l'avantage d'être admis en sa présence. Ils le prièrent de leur donner un dernier conseil : « Pleurons, mes frères, leur dit-il; que nos yeux fondent en larmes avant que nous ne partions pour l'endroit où nos pleurs brûleront nos corps. » Tous se prosternèrent en disant : « Père, priez pour nous 6. » Mélanie visita l'abbé Pambon, peu de temps avant son trépas. Il n'éprouvait aucune souiîrance, ce qui lui permettait de tresser une corbeille. « Accepte cette corbeille^^en souvenir de moi, dit-il à son hôte, je n'ai pas autre chose à te donner. » Le prêtre
1, s. Athanase, id., 60, ibid., 930.
2, Rufin, Hist. mon., xvi, P. L., XXI, 439.
3, Paralipomena, 13, ^da Sanct: Mail, t. 111, 335, .4. Ammon, Epist, 17; ibid;, 354..