Id., Hœr., 6\, col
5. Id., Adversus hœreses, 70. P. G., XLII, 339-374; Tillemont, VI, 691-696.
répandus et plus nombreux. Comme les audiens, ils eurent la Mésopotamie pour berceau. Adelphe, Dadseos, un certain Sabas, Hermès et quelques autres propagèrent cette secte sous le règne de Constance. La plupart de ces hérétiques trouvaient moyen d'unir la vie religieuse à des erreurs condamnables et à des pratiques honteuses. Ils professaient un renoncement absolu aux choses de la terre, condamnaient toute propriété, menaient une vie vagabonde, errant à travers les campagnes par groupes où hommes et femmes étaient mélangés, vivaient de mendicité, exigeant au besoin l'aumône qu'on leur refusait et mangeaient de tout ce qui se présentait à l'heure qui convenait le mieux à chacun. Ils préconisaient la paresse et prétendaient que la prière devait occuper la journée entière. Plusieurs d'entre eux se livraient à des illusions mystiques, dont les signes extérieurs avaient tous les signes des crises de folie. Ils professaient sur le démon et sur la grâce des erreurs grossières. On les a pris parfois pour une branche des manichéens.
L'aversion des euchites pour le travail prédisposait en leur faveur les moines paresseux, qu'il n'était pas rare de rencontrer dans les monastères orientaux. Beaucoup se laissaient séduire par l'illuminisme qui caractérisait leur mystique. Quelques-uns d'entre eux pénétrèrent jusqu'en Egypte. Mais la sagesse des moines de cette région et la vigueur de leurs traditions monastiques ne leur permirent pas de faire de nombreux. adeptes. 11 en fut autrement dans les solitudes de Syrie et de Mésopotamie'. Les scandales causés par leur doctrine, et par leurs»- pratiques attirèrent bientôt l'attention des évêques. Saint Flavien d'Antioche déploya un grand zèle pour extirper cette hérésie monacale.
Chassés de Syrie, les massaliens se réfugièrent en Pamphylie, où ils cherchèrent à répandre leurs erreurs. Mais saint Amphilochios sut leur tenir tête. 11 les fit condamner au concile de Sida. Ils envahirent ensuite plusieurs monastères de la Petite Arménie. Un évêque de cette région, Letoios, qui gouvernait l'église de Mélitène, parvint à les expulser de son diocèse \
Cette secte, qui inspirait à tous les moines dignes de ce nom une vive répulsion, avait jeté de profondes racines dans les soli-