Ladeuze, p
4. Annales du musée Guîmet, t. XVII, yie arabe de saint Pakhôme, 694-95.
5. Nous avons cette version dans deux textes. L'un^ publié à Rome (1575) par Stratius et, en 1588, par Ciaconiûs, comprend 128 articles. Alard Gazeus l'a inséré à la suite des oeuvres de Cassien, en le faisant suivre d'un commentaire. Bivario l'a donné avec des notes, d'après un manuscrit de Cardeiïa {de Veterî monacbatu, 1. 1, p. 26'9-28o). L'autre publié par Holstenius dans le Codex Regularum de saint Benoît d'Aniane, et reproduit dans la Patrologie de Migne (P. L., XXllI, 1-65 et s.), comprend 194 articles. C'est le texte qui mérite le plus de confiance. Cf. Ladeuze, 267- 273. Bardenhever. — Cf. dans Les Pères de l'Eglise, trad. Godet., t. II, 54-55, une bonne bibliographie.
précier des institutions que la traduction de saint Jérôme leur avait déjà fait connaître. Saint Benoît lui fit de larges emprunts ^
Il y eut dans un monastère de la haute Thébaïde une réforme de la législation pakhomienne. Schnoudi, archimandrite d'Atripé, ne voulut point s'accommoder de la discrétion et de la douceur qui caractérisaient les moines tabenniotes. Cet homme extraordinaire , dont la réputation ne franchit guère les limites de sa province, mourut à l'âge de cent dix-huit ans, vers 452. La rigueur de son ascèse et la sévérité de ses observances n'obtinrent pas les résultats qu'il attendait. Voici l'appréciation motivée d'un auteur qui connaît Schnoudi et son œuvre : « A Atripé, frères et sœurs se jalousaient, se déchiraient entre eux et s'accusaient près des supérieurs. On sortait malgré la règle. Quelques-uns trouvaient moyen de s'évader la nuit pour parler aux moines que l'on avait chassés. 11 y en avait qui apportaient à leur toilette un soin excessif. D'autrefois on se glissait à l'infirmerie en cachette pour y dérober quelques douceurs, ou l'on feignait une maladie. Un bon nombre de religieux observaient mal les préceptes de la pauvreté monastique. Mais ce qui était autrement grave, c'était l'insubordination et l'esprit de révolte qui régnaient parmi les moines de Schnoudi*. »
Cette réforme, œuvre d'un esprit exalté, fut toute locale et n'exerça aucune influence sur le développement des observances monastiques.
On ignore quel fut le législateur des moines de la péninsule sinaïtique. D'après saint Nil (43^0), l'habitant le plus célèbre de cette solitude, ces ermites vivaient, les uns dans des cabanes, les
1 . Malgré sa précision et les nombreux détails dans lesquels la règle pakhomienne se plaît à descendre, on a besoin, pour se rendre un compte exact du genre de vie que menaient les religieux de Tabenne, de la compléter par les nombreuses indications que fournissent les biographes de Pakhôme et Cassien. Ce travail a été fait par Tillemont, t, VII, 179-195, Grutzmacher et surtout par l'abbé Ladeuze, p. 294-305.
2. Ladeuze, 215, a utilisé les fragments des règles attribués à Schnoudi et les renseignements fournis par ses panégyriques pour reconstituer les observances de son monastère, 305-326.
autres dans des cavernes. Leur régime était des plus austères. Quelques-uns mangeaient du pain, mais la plupart se contentaient des herbes sauvages que produit le désert. Ils prenaient ce qui est indispensable pour conserver la vie. On en trouvait qui faisaient un repas la semaine, d'autres en faisaient deux; quelques-uns prenaient leur réfection tous les deux jours. Inutile de chercher une pièce de monnaie dans leurs cellules. Ils se communiquaient gratuitement ce dont ils pouvaient avoir besoin. La plus grande charité régnait parmi eux. Leurs habitations étaient assez éloignées les unes des autres. Tous les dimanches, ils se réunissaient à l'église. Les renseignements fournis par saint Nil sur la vie admirable de ces serviteurs de Dieu méritent une attention d'autant plus grande qu'il ne reste aucune règle se donnant comme l'expression de leurs observances ^
Les groupes monastiques de Palestine, de Syrie et de Mésopotamie, dont l'histoire est assez bien connue, grâce à Théodoret, à saint Jean Chrysostome, à saint Ephrem et aux autres écrivains des IVe et V« siècles, n'étaient pas soumis à une discipline uniforme. Leurs législateurs ne se sont point préoccupés de leur écrire une règle. Par le fait, on chercherait en vain, dans toute la littérature ecclésiastique si abondante de ces contrées, un document qui méritât ce nom.
Il y avait en Palestine, outre les nombreux disciples de saint Hilarion, des moines qui habitaient les Laures, fondées par saint Chariton, saint Euthyme, saint Gerasime et saint Sabbas. Leur genre de vie était particulier à ces régions. Cyrille, biographe d'Euthyme, expose celui que le célèbre Gerasime prescrivit à ses religieux sur les bords du Jourdain ^ II régnait ailleurs de grandes divergences, car chacun s'abandonnait aux inspirations de son zèle 3.
Saint Jérôme, qui fonda lui-même un monastère d'hommes à. Bethléem, fut le guide de sainte Paule dans ses fondations, et dut fixer l'observance qu'on y suivait. Ses écrits, particulièrement sa correspondance épistolaire^, fournissent les indications les plus utiles. 11 ne se propose pas néanmoins de décrire les observances
I. s. Nil, Narralio III, P. G., LXXIX, 6i 1-626. 3. y4cta Sanctortim, }an., t. II, 680-681.