‹ Les moines de l'ancienne France (période gallo-romaine et mérovingienne [microform]Chapitre 45 sur 78 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Il est en somme difficile d'avoir sur les moines de cette époque des idées générales. L'indépendance mutuelle où ils vécurent déconcerte l'esprit de système. Ce sont des hommes qui r,echerchent simplement la perfection ; des types anciens, aux traits assez vaguement formés, leur servent de modèles ; ils s'adaptent tant bien que mal au milieu qui les entoure et dont ils subissent l'influence ; ils font, sans idée préconçue, le bien qu'ils peuvent. On sent chez eux de l'initiative et de la générosité. Mais il leur manque un élément indispensable.

Les monastères n'ont pas eu, au VP siècle, de ces abbés en qui le génie et la sainteté vont de pair. C'est à de tels hommes qu'il appartient d'imprimer au monachisme une impulsion féconde et durable, et d'entraîner dans ce courant les armées monacales, Ces chefs des moines préparent les chefs du peuple chrétien, quand ils ne le sont pas eux-mêmes. C'est une force que rien ne peut remplacer.

Si l'historien ne rencontre pas ces moines éminents capables d'une grande action, s'il ne trouve pas les monastères-centres, qui groupent autour d'eux des fédérations monastiques imposantes, il est agréablement surpris de voir, sous l'influence d'initiatives modestes,

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commencer des institutions et des usages auxquels l'avenir réserve un développement extraordinaire. Le monastère qu'il a devant lui porte un goût de terroir fort accentué ; il reste gallo-romain. La sève que lui communique l'arrivée des Francs barbares ne réussit pas à le lui enlever.

En un mot, la vie monastique prend possession d'un pays. Cela suffit pour absorber ses forces. Une fois implantée sur toute l'étendue de la Gaule mérovingienne, elle n'aura qu'à se développer. Mais dès maintenant la vie qui déborde de ses monastères autorise les plus belles espérances, dont le VII® siècle saura faire des réalités.

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