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CHAPITRE (PREMIER

Topographie monastique

Fondations de saint Colomban. — Fondations de ses disciples en Austrasie et en Burgondie. — Meaux, Sens, Paris. — Reims et Amiens. — Diocèses du Nord. — Neustrie.

L'arrivée de saint Colomban (5go) et la fondation du monastère de Luxeuil sont pour la vie monastique en France le point de départ d'un développement extraordinaire. Au contact de la vigueur bretonne, les moines gallo-romains et francs sentent jaillir en eux une surabondance de vie. Les vocations se multiplient, sans que le nombre diminue la qualité. Les monastères deviennent nombreux. Il semble que rien ne doive manquer à la France monastique du VIP siècle. Elle est encore tout entière sous l'influence du grand moine breton, lorsque la règle bénédictine pénètre dans ses monastères et leur apporte ce qu'ils n'ont encore reçu de personne : l'ordre. Avec la vie et l'ordre, ils grandis-

sent. Leur développement a pour conséquence immédiate une action bienfaisante et profonde sur la société tout entière.

Les monastères précédemment fondés en profitent les premiers. Ils prolongent pour la plupart leur existence à travers le VIP siècle et durent plus longtemps encore ^ Quelques-uns prennent une importance très grande, mais ils ne peuvent suffire aux besoins de la vie religieuse qui se manifestent partout. De nouvelles maisons surgissent. Plusieurs acquièrent rapidement une prospérité que jamais communauté monastique n'a connue jusqu'à ce jour. La tranquillité relative dont on jouit sous Dagobert et sous le gouvernement de sainte Bathilde, l'intérêt que les rois, les maires du palais et les leudes prennent aux fondations religieuses, favorisent singulièrement leur progrès.

Nous ne saurions dresser la liste de tous les monastères établis à cette époque. Il en est beaucoup dont le souvenir est perdu. L'histoire peut cependant énumérer toute une suite de noms qui témoignent de la fécondité monastique de la France de cette période. Nous commençons par les fondations colombaniennes, sans nous préoccuper de les distribuer par provinces ou diocèses.

Saint Colomban s'installa d'abord avec ses premiers compagnons dans une solitude boisée du royaume de Burgondie, à Anegray ^. L'affluence des vocations

1 Les guerres, surtout celles qui, à diverses reprises, désolèrent l'Aquitaine, ont causé la ruine de plusieurs monastères. D'autres ont disparu d'eux-mêmes avec le dernier de leurs moines.

2 Village situé sur la commune de la Voivre cant. de Faucogney, arr. de

TOPOGRAPHIE MONASTJQUE. 27 I

le contraignit de former un deuxième monastère à LuxeuiP, et un troisième à Fontaine ^. Ils se trouvaient tous les trois dans le diocèse de Besançon. Pendant que le saint abbé, au terme de ses pérégrinations et de ses épreuves, en fondait un quatrième à Bobbio en Lombardie, ses disciples en établissaient d'autres dans les divers diocèses austrasiens ou burgondes. Pour commencer par Besançon, saint Donat, de moine de Luxeuil devenu évêque de cette cité, en fonda deux dans la ville épiscopale, celui de Saint- Paul, destiné aux hommes, et celui de Notre-Dame, destiné aux religieuses ^. Celui de Lure eut pour fondateur saint Déicole ("f 625), venu d'Irlande avec saint Colomban ^. Saint Ermenfroid en établit un autre à Cusance ^.

Dans le diocèse de Bâle, Saint-Usitz ou Ursanne ^ fut fondé par saint Ursicinus, disciple de Colomban ; Grandval '^^ par un autre moine de Luxeuil, saint Germain ^ ; Murbach ^ fut l'œuvre de saint Pirmin, au commencement du VHP siècle.

Ce furent encore des moines de Luxeuil, Romaric et Amé, qui, sous le gouvernement de l'abbé Eustaise,

Lure, Haute-Saône. Jonas, Viia Columbani, éd. Krusch, Script, rerum Meroving., IV, 72.

1 Jbid. , 76, Arr. Lure, Haute-Saône.

2 Jbid. Fontaine-lez-Luxeuil.

* Ibid., 79-80.

* Vita S. Deicolcs, dans Mabillon, Acta Sanct., II, 116-123.

^Cant. Baume-les-Dames, Doubs. Viia S. Ernanfredi, Acta Sanct. Sept., VII, 106-112.

^ District de Porrentruy, Suisse.

' Moutier-Grandval, ibid.

5 Vita S. Germant {-f 66j), Mabillon, sec. II, 5ii-5i5.

8 Alsace.

fixèrent une colonie monastique à Remiremont % dans le diocèse de Toul.

Il se fit d'autres fondations monastiques en cette contrée durant la même période, Galilée, qui prit le nom de Saint-Dié, son fondateur ; Senones ^, dû à saint Gondelbert ; Bonmoutier ^, Etival *, Moyen- Moutier ^, formé autour de la cellule de saint Hydulphe ^

Dans le diocèse de Strasbourg, l'un des premiers disciples de saint Colomban, saint Léobard, fonda le monastère qui plus tard prit le nom de Marmoutier '^ ; les moines de Wissembourg suivirent la règle colombanienne. Les monastères de Niederhaslach ^, Ebermunster ^, Neuviller ""j Sarbourg, Gregorienthal, Munsters, Hohenburg, Honau, Ettenheimmunster, remontent à cette époque ".

Celui de Saint-Thomas fut fondé dans la ville de Strasbourg par l'évéque saint Florent.

La plupart des communautés monastiques du diocèse

1 Vosges. Krusch, Script, rer. Merov. , IV, 208 et s.

2 Arr. Saint-Dié, Vosges.

* Gom. Circy, arr. Lunéville, Meurithe-et-Moselle. Ce monastère fut transféré en 1 669 à Domèvre.

* Gant. Raon-l'Etape, arr. Saint-Dié Vosges.

* Gant. Senones, «ô/«f.

« Sur ces monastères voir Abbé Martin, Histoire des diocèses de Toul, de Nancy et de Saint-Dié (Nancy, 1900), I, 60-86. Cet auteur signalé encore le petit monastère de Moyenvic, sous le vocable de Saint-Pient.

'' Arr. Saverne.

^ Gant. Molsheim.

9 Gant. Benfeld.

1» Gant, la Petite-Pierre.

1^ Hauck, I. 293.

de Metz se réclamaient d'une origine mérovingienne ; voici leurs noms : Saint-Martin, Saint- Symphorien, Saint-Clément, Saint- Pierre, Sainte- Clodesinde et Saint- Avold. Ces trois derniers sont les seuls dont les titres à cette antiquité paraissent incontestables ^ Saint- Mihiel ^ et Beaulieu ^, au diocèse de Verdun^ remontent à la même époque ^ ; saint Wandrille fit un séjour à Montfaucon ^.

Bèze ^ complète au VII® siècle la liste des fondations mérovingiennes du diocèse de Langres ; on y suivait la règle de Luxeuil. j

Peu d'Eglises subirent autant que celle de M eaux l'influence de saint Colomban et de ses disciples : Rebais ^, fondé par saint Ouen, eut pour premier abbé un moine de Luxeuil, saint Aile. Les monastères de Sainte-Croix, fondé près de la ville épiscopale par l'évéque saint Faron, qui lui donna son nom ; de Reuil ^, dont la fondation est attribuée à Ado, frère de saint Ouen, et de Saint- Fiacre ^, qui se forma autour de la cellule de l'ermite de ce nom, de Jouarre '° et de Faremoutier ", destinés aux femmes, se conformèrent aux mêmes règles. Le biographe de saint Merry

^ Hauck, I, 291.

^ Arr. Commercy, Meuse.

5 Gant. Triaucourt, arr. Bar-le-Duc, Meuse.

* Hauck, I, 292.

* Arr. Montmédy, Meuse. Vital S. Wandregesili, Mabillon, II, 5o5.

* Gant. Mirebeau, arr. Dijon, Gôte-d'Or.

' Arr. Goulommiers, Seine-et-Marne.

^ Gant, la Ferté-sous-Jouarre, arr. Meaux.

" Gant. Grécy-en-Brie, arr. Meaux.

1" Gant, la Ferté-sous-Jouarre, arr. Meaux. Jonas, VitaS. Columhani, 100.

^^ Gant. Rozoy, arr. Goulommiers. Ibid., i3o.

parle d'un monastère qui existait alors à Champeaux ', dans le diocèse de Sens, qui vit en outre se fonder ceux de Saint-Remy, de Sainte-Colombe, de Saint- Jean, de Ferrières ^, de Saint- Symphorien et de Saint- Maurice ; ces deux derniers étaient occupés par des moniales ^. Ce fut un disciple de saint Colomban, Babelenus, qui fonda le monastère de Sain te- Marie sous les murs de Nevers *. Au diocèse de Troyes, les monastères de Moustier-la-Celle ^, de Saint- Quentin, fondé par saint Frobert ®, et de Notre-Dame, acceptèrent l'influence de Luxeuil. Saint Gond, neveu de saint Wandrille, gouverna, dans cette région, le petit monastère d'Oye '.

Les fondations monastiques abondent dans le diocèse de Paris ; Saint-Denis jouit d'une grande importance après la translation de la communauté auprès de la basilique construite par les soins de Dagobert ^. Saint- Maur-des-Fossés ^, Lagny ^°, qui est dû au saint Irlandais Fursy, Chelles ", que saint Bathilde créa

^ Cant. Moririiint, arr. Melim. Vita S. Mederici, Mabillon, III, I, io.

2 Arr. Montargis, Loiret.

•^ Il est impossible de préciser la date de fondation de ces monastères ; quelquesuns peuvent remonter au Vie siècle.

4 JoNAS, op. cit., I20. Une tradition locale attribuait à saint Colomban luiin(>me la fondation de celui de Saint-Etienne. Gallia Christiana, XII, 666.

•' Com. Saint-André, cant. Troyes. Aube.

" VitaS. Frodoberii, Mabillon, Acta Sanci., II, 6o3.

7 ActaSanctorum Maii, VI, 444-446.

' Havet, Questions mêi'ovingiennes, v. Les Origines de Saint-Denis, dans Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, LJ, 1-21, qui place cet événement entre janvier 623 et juillet

" Arr. Sceaux. Seine.

10 Vita S. Fursei, Mabillon, II, 295. Arr. Meaux, Seine-et-Marne.

" Cant. Lagny, Seine-et-Marne.

pour des moniales, Bruy.ères-le-Châtel ^ dû à une pieuse femme du nom de Chrotilde, et Tussonval, dû à un certain Charderic, remontent à cette époque;*. Saint Eloy fonda, pour des religieuses, le monastère de Saint- Martial dans la ville de Paris.

Dans le diocèse d'Orléans, Leodebod, abbé de Saint- Aignan, fonda Fleury ^. Les moniales de Saint- Loup vivaient déjà auprès de la ville ^. Il se fonda, sur les bords de la Loire, dans le diocèse de Chartres, un nouveau monastère sous le vocable de Notre-Dame ^.

Au diocèse de Reims, saint iBerchaire, qui avait passé par Luxeuil, fonda Hautvillers^ ; les moniales de Saint- Pierre et d'Avenay ''^furent établies durant ce siècle. Montiérender ^ et Puellemontier^, au diocèse de Châlons, eurent saint Berchaire pour fondateur. Saint Germer fonda, au diocèse de Beauvais, le monastère de Flay, qui reiçut plus tard son nom ^° ; son biographe signale en outre la fondation du monastère de Insula, en un lieu voisin, appelé depuis Saint-Pierre-au-Bpis, d'un troisième en l'honneur de saint Jean ^^ Le diocèse de

^ Gant. Arpajon, arr. Corbeil, Seine-et-Oise,

^Tardif, Cartons des rois, 23-24.

^Adrevald, Historia Transîaiionis s . Benedicti, Mabillon, II, SSg. Aujourd'hui Saint-Benoît-sur-Loire, cant. Ouzouer, arr. Gien, Loiret.

i Vita S. Eucherii, Mabillon, III, I, 555.

» Tardif, 29, On a vainement essayé de l'identifier avec l'abbaye de Bourgmoyen à Blois.

" Cant. Ay, arr. Reims, Marne.

' Cant. Ay, arr. Reims.

* Arr. Vassy, Haute-Marne. Vita S. Bercharii, Mabillon, II, 797-826.

" Cant. Montierender. Ibid.

^<* Cant. le Coudray, arr. Beauvais, Oise.

^^ Vita S. Geremari, Mabillon, II, 457.

Noyon vit se fonder plusieurs établissements monastiques : Saint-Quentin ^ , qui eut pour premier abbé un Colombanien, Ebertramn, Saint-Fursy de Péronne 2, où fut enterré le saint de ce nom, Homblières ^, où vécut sainte Hunégonde, Mont- Saint-Quentin auprès de Péronne, et le monastère qui prit à Noyon le vocable de Saint- Eloy,

Corbie * est le plus célèbre de tous les monastères fondés à cette époque dans le diocèse d'Amiens. On peut ensuite nommer Centule, qui prit le nom de Saint-Riquier, son fondateur ^ ; Forestmoutier ^, fondé par le même saint ; Leuconaus^ connu sous le nom de saint Valéry ', son fondateur, moine de Luxeuil ; Saint- Josse ^, fondé par le saint de ce nom, et Sainte- Austreberte ®, qui porte le nom de sa fondatrice.

Les moines d'Orbais ^°, au diocèse de Soissons^ vinrent de Rebais ; la première abbesse de Notre-Dame de Soissons lui fut fournie par Jouarre ; ce qui rattache ces deux maisons au groupe colombanien. Brétigny ^^ où vécut un saint Hubert, existait à la fin du VII« siècle.

I Dép. de l'Aisne.

* Dép. de la Somme.

^ Gant. Saint-Quentin, Aisne.

* Arr. Amiens, Somme,

« Gant. Ailly-le-Haut, arr. Abbeville, Somme. Alcuin, Vita S. Richarii, Ma- BILLON, II, i83.

" Gant. Nouvion, arr. Abbeville.

•' Arr. Abbeville.

« Gant. Montreuil, Pas-de-Galais. Vita S.Judoci, Mabillon, II, 541-547. » Gant. Hesdin, arr. Montreuil. i« Gant. Montmort, arr. Epernay, Marne, Mabillon, III, i, 496-498.

II Gant. Noyon, arr. Gompiègne, Oise. Mabillon, III, i, i83.

Sainte Salaberge, une colombanienne fervente, après avoir fondé un monastère dans le diocèse de Langres, se retira dans la ville de Laon pour y fonder le monastère de Saint-Jean- Baptiste '. Au diocèse de Boulogne,, Blangy 2 fut fondé par sainte Berthe ; Samer ^, par Saint Vulmar ; Auchy-les-Moines ^ remonte au même temps. On retrouve l'influence dç Luxeuil au diocèse de Thérouanne^ avec saint Bertin ^, fondateur de Sithiu, qui prit plus tard son nom.

Le monastère de Saint- Waast d'Arras fut fondé après la translation des reliques de ce saint dans un oratoire qu'il avait élevé lui-même en l'honneur de saint Pierre ; ceux de Marchienries ®, de Hasnon "^ et de Hamay, près de Marchiennes, le furent à la même époque. Les fondations monastiques du diocèse de Cambrai d'origine mérovingienne sont les suivantes : Lobbes ^ et Saint-Crépin ^, dus à saint Landelin, Saint - Ghislain ", Haumont ", Maubeuge ", Maroilles '\ Willers-en-Faigne '"^j qui eut pour abbé un saint Dodon '^

' Vita S. Salabergœ, Mabillon, II, 408.

- Gant, le Parcq, arr. Saint-Pol, Pas-de-Calais.

' Arr. Boulogne, Pas-de-Calais. Vita S. Vulmari, Mabillon, III, i. 284.

* Auchy-lez-Hesdin, cant. le Parcq.

s Vita S. Bertini, Mabillon, III, i, 234-238,

« Vita S. Rictrudis, Mabillon, II, 899-913. Arr. Douai, Nord.

^ Cant. Saint-Amand, arr. Valenciennes, Nord.

' Pnw. du Hainaut, Belgique.

8 Près de Valenciennes. Vita S. Landelini, Mabillon, II, 8738-76.

10 Prov. du Hainaut, Belgique. Vita S. Ghisleni, ibid., II, 788-796.

11 Arr. Avesnes, cant. Maubeugo, Nord.

•'- Vita S. Aldegundis, Mabillon, II, 807-815.

1^ Cant. Landrecies. arr. Avesnes.

'* Cant. Valenciennes.

'5 Vita S. Dodonis, ActaSanct., Oct , XII, 684-637.

Les moines et les moniales s'avancèrent dans la région qui a formé plus tard les Pays-Bas, pour s'installer dans les vallées de l'Escaut, de la Meuse et remonter vers le nord et l'est jusqu'au Rhin : Saint-Amand, Gand, Nivelles, le Mont-Blandin, Saint-Trond, Stavelo, Saint- Martin de Tournai, Malmédy, sont leurs fondations les plus célèbres.

En revenant vers le sud-ouest, on trouve en pleine Neustrie le diocèse de Rouen qui s'enrichit de plusieurs monastères importants : Fontenelle, qui prit le nom de Saint- Wandrille ^, avec ses dépendances de Saint- Amans, Logium, Belcinac, Bremontier et Fleury ; Jumièges -, fondé par saint Philibert 'Pavilly ^, monastère de femmes dû à l'initiative du même saint ; Fécamp*, fondé par saint Vaneng ; Montivilliers ^. destiné comme le précédent aux religieuses. Saint Saens gouverna un monastère, en un lieu qui prit son nom ®. Un disciple de ce saint, Leufroid, fonda le monastère de Madriacum^ appelé depuis la Croix-Saint-Leufroid "^j dans le diocèse d'Evreux. Celui de Saint- Taurin, dans la ville épiscopale, existait depuis quelque temps déjà. Saint Potentien, disciple de saint Colom-

1 Gant. Caudebec, arr. Yvetot, Seine-Inférieure.

2 Gant. Duclair, arr. Rouen. Vita S. Filiberti, Mabillon, II, 788 et Monuments de l'histoire des abbayes de Saint-Philibert {Noirmoutier, Grandlieu, Tournus), publiés d'après les notes d'Arthur Giry, par René Poupardin, Paris, igoS, in-8, 1-18.

8 Arr. Rouen, Vita S. Austrebertœ, ibid., III, i, 23-37.

* Arr. Yvetot.

* Arr. le Havre.

* Sur ces monastères, voir Vacandard, Vie de saint Ouen, i55-2i6.

^ Gant. Gaillon, arr. Louviôrs, Eure. Vita S. Leufredi, Mabillon, III, i, 544. Il est question dans cette vie du petit monastère de Notre- Dame-de-la-Garenne Ibid. , 545. Gant. St-André-de-l'Eure, arr. Évreux.

ban, fonda auprès de Coutances un monastère dont le nom est resté inconnu ^ Celui de Fontenai-sur-Orne eut pour fondateur saint Evremond ^. La solitude où saint Sérénic réunit ses disciples était située dans le diocèse de Sêez ^. L'abbaye de Fontenelle envoya l'un de ses moines, saint Hermeland, fonder le monastère d'André, dans le diocèse de Nantes^ où la vie monastique était à peu près inconnue '*. Saint Magnobode on Maimbeuf fonda, dans un faubourg d'Angers, le monastère et l'église de Saint-Saturnin, où il reçut la sépulture ^ ; l'abbaye de Saint-Serge remonte à la même époque. :

Saint Sulpice, évêque de Bourges (f 647), fut le protecteur des moines ; il fonda dans la ville épiscopale un. monastère de femmes, que l'on croit être celui de Saint-Laurent ^. L'église qui lui servit de sépulture fut de bonne heure donnée à des moines. Saint Cyran établit dans ce même diocèse les monastères de Méobecq "^ et de Lonrey, connus sous son vocable ^. Théodulfe Babelène, dont il a été précédemment question, fonda trois monastères sous la règle de saint Colomban, situés, le premier dans le voisinage de la cité ^ le

• JoNAS, Vita S. Columhani, 94. ,

' - Gant. Argentan, Orne. Vita S. Ebremundi, dans Acta Sanct. Junii, III, 285. •"' Saint-Géneri, cant. d'Alençon.Orne. Vita S. Serenici, Mabillon, III, 547-554.

* Vita S. Hermeîandi, ibid., III, i, 368.

^ VitaS.Magnobodi, Acta Sanct. Oct., VII, 940-947.

8 Vita S. Sulpitii. Mabillon, II, i58-i68.

'' Cant. Buzançais, arr. Châteauroux, Indre.

• ^ Saint-Cyran, cant. Châtillon, arr. Châteauroux. Vita S, Sigiranni, -ibid.,!!, 418-420.

" Dans une île de la Marmande. .

28o MOINES MÉROVINGIENS.

deuxième à Jouet-sur-1'Aubois \ et le troisième destiné aux moniales, à Charenton-sur-Mer ^. Il y eut dans la ville une autre communauté de femmes sous la même règle, que Mabillon identifie avec l'église collégiale de Notre- Dame-de-Sales ^ Saint Genès, évêque de Clermont, fonda sur l'un de ses domaines le monastère de Manglieu ^ pour les hommes, et dans un faubourg de la cité celui de Chamalières pour les femmes ^. Saint Priest ou Projet gouvernait un monastère situé sur le versant opposé de la ville ® ; une église monastique fut élevée à Vol vie '' ^ au lieu où il souffrit le martyre. Un Arverne, du nom de Calmine ou Carmery, établit les monastères de Mozat ^ pour des moines, et dans le diocèse du Puy, le cœnobium Calmeliacense^ monastère qui prit dans la suite le nom de Saint-Chaffre ®. Saint Eloi fonda au diocèse de Limoges l'abbaye de Solignac '° et plusieurs autres monastères dont le nom n'est pas connu". L'abbaye

' Gant, la Guerche, arr. Saint-Amand, Gher.

- Arr. Saint-Amand.

'•' JoNAS, Vita S. Columbani, 128-129.

4 Gant. Vic-le-Gomte, arr. Glermont, Puy-de-Dôme. Vita S. Boniti Mabillon, 111.183.

* VitaS. Prcejecti, 61 3.

* Candidinense cœnobium, que l'on identifie avec l'endroit où se trouvait le couvent des Garmes déchaux, prés du cimetière actuel. Vita S. Prcejecti, ibid., 619.

^ Arr. Riom, Puy-de-Dôme. Ibid., 621.

' Gant. Riom. Son épouse, la bienheureuse Namadia, passe pour avoir fondé un monastère de femmes à Marsac, situé à une demi-lieue de Mozat.

3 Arr. le Puy, Haute-Loire. Vita S. Theofredi, Mabillon, 111, i, 451.

^* Gant. Limoges, Haute- Vienne. VitaS. Eligii, éd. Krusch, Script, rer. Merov., IV, 680.

" JoNAS, VitaS. Columbani, ibid., i23.

de Saint-Pardoux de Guéret ' remonte à la même époque.

Il y avait à Bordeaux un monastère de femmes gouverné par Tabbesse Hildemarque, qui donnait l'hospitalité aux moines de Fontenelle voyageant en Aquitaine^. Saint Philibert fonda, dans le diocèse de Poitiers ^ le monastère de Quinçay ^, et celui de Noirmoutier, situé dans l'île de ce nom '*. Saint Amand fut quelque temps moine dans l'île voisine d'Yeu ^.

Le biographe de saint Didier, évêque de Cahors, mentionne les monastères de Saint-Amans, plus tard Saint-Géry, et de Saint-Martin, fondés par lui dans la ville de Cahors, le premier pour les hommes, le second pour les femmes, de Saint-Etienne et de Moissac ®. Des autres monastères du midi, celui de Nant "^ est signalé par le biographe de saint Amand, celui de Troclar par l'auteur de la vie de sainte Sigolène, son abbesse ^, et celui de Sainte-Enimie, par les actes de la sainte dont il porte le nom ^.

' Dép. de la Creuse. Vita S. Pardulfi, Mabillon, III, i, 536.

- Vita II S. Wandrisili, ibid., II, 5 18.

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