TROISIÈME CLASSE
Constituent une classe très nombreuse de Mollusques, dont on peut se faire une idée par la limace et le colimacon.
Ils rampent généralement sur un disque charnu placé sous le ventre (‘), mais qui prend quelquefois la forme
d'un sillon ou celle d’une lame verticale (”); le dos est
(a) PL 19. fg. 1. pl. 26. fig. 1 a. (2) PI. 38.
garni d'un manteau, qui s'étend plus ou moins, prend diverses figures, et produit une coquille dans le plus grand nombre des genres. Leur tête, placée en avant, se montre plus ou moins, selon qu'elle est plus ou moins engagée sous le manteau. Elle n’a que de petits tentacules qui sont au-dessus de la bouche et ne l'entourent pas (*). Leur nombre va de deux à six, et ils manquent quelquefois; leur usage n’est que pour le tact, et au plus pour l'odorat. Les yeux sont très petits, tantôt adhérens à la tête, tantôt à la base, ou au côté, ou à la pointe du tentacule (*); ils manquent aussi quelquefois. La position, la structure et la nature de leurs organes respiratoires varient et donnent lieu de les diviser en plusieurs familles; mais ils n’ont jamais qu'un cœur aortique, c’est-à-dire placé entre la veine pulmonaire
et l'aorte. (°)
La position des ouvertures par lesquelles sortent les organes de la génération et celle de l'anus varient; cependant elles sont presque toujours sur le côté droit
du corps. (
Plusieurs sont absolument nus; d’autres n’ont qu'une
(a) PL 19. fig. 1, pl. 25. fig. 1, etc. (&) PL. 19. fig. r,etc. (c) PI. 20. fig. 1. (d) PL. 19. fig. 2 a; pl. 20. fig. 1 a, ete.
LEUR DIVISION. 47 coquille cachée; mais le plus grand nombre en porte qui peuvent les recevoir et les abriter.
Ces coquilles se produisent dans l'épaisseur du manteau. Il y en a de symétriques de plusieurs pièces, de symétriques d'une seule pièce, et de non symétriques qui, dans les espèces où elles sont très concaves et où elles croissent long-temps, donnent nécessairement une spirale oblique.
Que l’on se représente en effet un cône oblique, dans lequel se placent successivement d’autres cônes, toujours plus larges dans un certain sens que dans les autres, il faudra que l’ensemble se roule sur le côté qui grandit le moins.
Cette partie, sur laquelle est roulé le cône, se nomme la columelle, et elle est tantôt pleine (*), tantôt creuse (*). Lorsqu'elle est creuse, son ouverture se nomme ombilic.
Les tours de la coquille peuvent rester à-peu-près dans le même plan, ou tendre toujours vers la base de la columelle.
Dans ce dernier cas, les tours précédens s'élèvent audessus les uns des autres, et forment ce que l’on nomme
la spire, qui est d'autant plus aigue que les tours des-
(a) Pl: 25. fig. 3, 4,5% etc. () PI. 22. fig. 1, 2, 3, 6, etc.
cendent plus rapidement et qu'ils s’'élargissent moins.
Ces coquilles à spire saillante se nomment furbinées. (°)
Quand, au contraire, les tours restent à-peu-près dans le même plan, et qu'ils ne s’enveloppent pas, la sptre est plate où même concave, Ces coquilles s’appellent dscoides. (°)
Quand le haut de chaque tour enveloppe les précé-
dens, la spire est cachée. (°)
La partie de laquelle animal semble sortir se nomme
l'ouverture.
Quand les tours restent à-peu-près dans le même plan, lorsque l'animal rampe, il a sa coquille posée verticalement, la columelle en travers sur le derrière de son dos, et sa tête passe sous le bord de l’ouverture oppo-
sée à la columelle.
Quand la spire est saillante, c'est obliquement du côté droit qu'elle se dirige, dans presque toutes les espèces; un petit nombre seulement ont leur spire saillante à gau-
che, lorsqu'elles marchent, et se nomment perverses. (°)
On remarque que le cœur est toujours du côté opposé
à celui où se dirige la spire. Ainsi il est ordinairement
(a) PL. 45; pl. 42. fig. 3, 4, 5. (&) PL 13; pl. 26. fig. 4. (c) PL 8. fig. 2. (d) PL 26. fig. 5.
à gauche, et dans les perverses il est à droite, Le con-
traire a lieu pour les organes de la génération.
Les organes de la respiration, qui sont toujours dans le dernier tour de la coquille recoivent l'élément ambiant par dessous son bord, tantôt parce que le manteau est entièrement détaché du corps le long de ce bord, tantôt parce qu'il y est percé d’un trou. (“)
Quelquefois le bord du manteau se prolonge en canal pour que l'animal puisse aller chercher l’élément ambiant sans faire sortir sa tête et son pied de la coquille (”). Alors la coquille a aussi dans son bord, près du bout de la columelle opposé à celui vers lequel tend la spire, une échancrure ou un canal pour loger celui du manteau (‘). Par conséquent le canal est à gauche dans les
espèces ordinaires, à droite dans les perverses.
Au reste, l'animal étant très flexible, fait varier la direction de la coquille, et le plus souvent lorsqu'il y a une échancrure ou un canal, il dirige le canal en avant, ce qui fait que la spire est en arrière, la columelle vers la gauche, et le bord opposé vers la droite. Le contraire a lieu dans les perverses. Voilà pourquoi on dit que leur
coquille tourne à gauche.
(a) PL 925. fig. 1. (8) PI. 50. fig. 2. (c) PL 52 à 57.
L'ouverture de la coquille, et par conséquent aussi le dernier tour, sont plus ou moins grands, par rapport aux autres tours, selon que la tête ou le pied de l’animal qui doivent sans cesse en sortir et y rentrer, sont plus ou moins volumineux par rapport à la masse des viscères qui restent fixés dans la coquille.
Cette ouverture est d'autant plus large ou plus étroite, que ces mêmes parties sont plus ou moins épaisses. Il y a des coquilles dont l'ouverture est étroite et longue; c'est que le pied est mince et se replie en deux pour rentrer.
La plupart des gastéropodes aquatiques à coquille spirale ont un opercule (*), ou pièce tantôt cornée, tantôt calcaire, attachée sur la partie postérieure du pied, et qui ferme la coquille quand l'animal y est rentré et replié.
Il y a des gastéropodes à sexes séparés, et d’autres qui sont hermaphrodites, et dont les uns peuvent se suffire à eux-mêmes, tandis que les autres ont besoin d’un accouplement réciproque.
Leurs organes de la digestion ne diffèrent pas moins
que ceux de la respiration.
(a) PI. 43. 44. 46. etc.
Cette classe est trop nombreuse pour que nous n’ayons pas dü la diviser en un certain nombre d'ordres que nous avons tirés de la position et de la forme de
leurs branchies.
LES PULMONÉS
Respirent l'air en nature dans une cavité dont ils ouvrent et ferment à volonté l’étroit orifice; ils sont hermaphrodites avec accouplement réciproque; les uns n’ont point de coquille, les autres en portent, et même souvent de complètement turbinées, mais ils n’ont jamais
d’opercule.
LES NUDIBRANCHES
N'ont aucune coquille, et portent des branchies de
diverses formes à nu sur quelque partie de leur dos.
LES INFÉROBRANCHES ,
Semblables d’ailleurs aux précédens, portent leurs
branchies sous les rebords de leur manteau.
LES TECTIBRANCHES
Ont des branchies sur le dos ou sur le côté, couvertes par une lame du manteau, qui contient presque toujours une coquille plus ou moins développée, ou quelquefois seulement enveloppée dans un rebord redressé du pied.
Ces quatre ordres sont hermaphrodites, avec accou-
plement réciproque.
LES HÉTÉROPODES
Portent les branchies sur le dos, où elles forment une rangée transversale de petits panaches et sont dans quelques-uns protégées, ainsi qu'une partie des viscères, par une coquille symétrique. Ce qui les distingue le mieux, c’est un pied comprimé en nageoire mince et verticale, au bord de laquelle se montre souvent une petite ventouse, seul vestige du pied horizontal du reste de la
classe.
Ont les sexes séparés; leurs organes respiratoires consistent presque toujours en branchies, composées de lamelles réunies en forme de peigne, et sont cachés dans une cavité dorsale, largement ouverte au-dessus de la tête.
Ils ont à-peu-près tous des coquilles turbinées, à bouche tantôt entière, tantôt échancrée, tantôt munie d’un syphon, et le plus souvent susceptible d’être plus ou moins bien fermée par un opercule attaché au pied de
l'animal en arrière. (1)
LES SCUTIBRANCHES
Ont des branchies analogues à celles des Pectinibranches; mais leurs sexes sont réunis de manière qu'ils se
fécondent eux-mêmes sans accouplement, comme la
(1) M. B. Quelquefois, comme dans les courbé de mauiére qu'il semble que l’o-
vermets et les siliquaires , le pied est re- percule soit en avant.
classe des Acéphales; leurs coquilles sont très ouvertes,
et dans plusieurs en bouclier non turbiné: ils n’ont jamais
d’opercule.
LES CYCLOBRANCHES,
Hermaphrodites à la manière des Scutibranches, ont une coquille d’une ou de plusieurs pièces, mais jamais turbinée ni operculée ; leurs branchies sont attachées sous les rebords de leur manteau comme dans les Infé-
robranches.