PALÉONTOLOGIE DES ACÉPHALES
Les Acéphales commencent à apparaître dans le Silurien inférieur, mais ils y sontencoretrès rares. Dans le Silurien supérieur ils déploient déjà une grande richesse de formes. En Bohême les couches siluriennes n’ont pas donné à Barrande moins de 1,269 formes, dont 103 seulement pour le Silurien inférieur (faune seconde).
Dans les couches primaires (Silurien et Dévonien), ce sont surtout les Dimyaires qui dominent. Les formes les plus anciennes sont les Avicula, les Modiolopsis, des genres voisins des Mytilus, les Nucula et les Arca.
Dans le carbonifère, la faune diffère peu de la précédente : à signaler seulement les Monomyaires (Pectinidæ), qui sont déjà bien représentés.
Le Permien est pauvre en acéphales.
Dans le Trias apparaissent les Ostrea et Anomiidæ ; à noter que les Asiphoniens sont beaucoup plus nombreux que les Siphoniens.
Dans le Jurassique, on sait la grande extension que prennent les Ostrea, Gryphea et Exogyra.
Au Crétacé, le caractère spécial de la forme est dû à des Acéphales : les Chamidæ (Requienia, Caprima, Caprotina) et les Rudistes (Sphærulites, Hippurites, Radiolites).
Dans le Tertiaire, la forme des Acéphales se rapproche beaucoup de la forme actuelle : les Sinupalliata prédominent.
PHILOGÉNIE DES ACÉPHALES
Les Acéphales paraissent dérivés des animaux que nous étudierons plus loin sous la rubrique de Gastéropodes Prosobranches Diotocardes. Voici, d'après M. E. Perrier !, le tableau général de l’évolution des Acéphales. « Les premiers Lamellibranches se montrent dans le Silurien : ce sont les Aviculidés dont plusieurs formes sont encore vivantes, parmi lesquelles les Pintadides ou Huitres perlières. Les Aviculidés sont associés à des Arches, formesencore vivantes, et à des Nucules. Les Lamellibranches sont généralement considérés comme Acéphales ; mais ilrésulte des observations de M. Mayoux sur l'Huitre perlière que les Aviculidés ont encore un rudiment de tête pourvu de deux paires de tentacules, témoignant qu'ils
1 Ed. PERRIER. Le Transformisme, Paris, 1888.
proviennent réellement des Gastéropodes. Ils ont, comme les Arcadés, un byssus à l'aide duquel ils peuvent se fixer momentanément ou se déplacer, tandis que le pied des Nuculidés est élargi en sole de manière à rappeler un véritable pied de Gastéropodes. Ce sont là de véritables caractères de transition. Des Aviculidés, on passe insensiblement aux Moules, aux Jambonneaux, aux Limes, aux Peignes et aux Huitres. A cette série se rattachent, comme rameaux aberrants, les Rudistes et les Cliames. Des Arcadés, on passe, au contraire, aux Pétoncles, aux Bucardes, et de là à la longue série des Lamellibranches siphonés qui, partant des Vénus et des Psammolies, aboutissent finalement aux singulières formes tubicoles des Pholades, des Tarets, des Gastrochènes et des Fistulanes. D'autre part, les Nuculidés, avec leurs branchies inégales, paraissent être le point de départ d'une série nouvelle de formes à une seule paire de branchies, comprenant les Lucines, les Tellines, les Pholadomyes, les Clavagelles et les Arrosoirs. »