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CHAPITRE VI 4° Classe

(suite)

3° ORDRE OPISTHOBRANCHES

Les Opisthobranches forment un ensemble qui est bien loin d’avoir l'homogénéité des Prosobranches. Ils forment en effet un groupe par enchainement. Les termes extrêmes sont très différents l’un de l’autre, mais sont reliés par des formes intermédiaires nombreuses, formes dans lesquelles ilest impossible d'établir des limites bien tranchées. Aussi, pour nous faire une bonne idée de l’organisation des Opisthobranches, il nous faut prendre plusieurs types espacés les uns des autres dans la série. C'est ainsi que nous allons étudier successivement les genres suivants :

1° Œolis;

2° Phyllirhoe ;

3° Doris ;

4° Pleurobrancha ;

d° Ombrella ;

6° Gasteropteron ;

7° Bulla.

Nous insisterons particulièrement sur les Œolis et les Pleurobranches, qui sont les chefs de file des deux grandes divisions des Opisthobranches.

Puis nous verrons les caractères généraux des Opisthobranches, et nous traiterons de leur classification.

1° Œolis

Les Œolis ont l’aspect d'une Limace. Le corps, qui repose sur une vaste lame pédieuse, présente en avant une tête pourvue de deux paires de

tentacules. Les deux postérieurs sont annelés et portent le nom de r/n0phores : à leur base on voit deux petits yeux. Le reste du corps se termine

Fic. 198.— (Æolis papillosa, vue par la face dorsale.

en pointe et est couvert sur

toute la face dorsale de nom-

Fic. 199. — Radula d'Œolis papillosa.

breuses papilles en doigt de gant: il n'y a que la ligne médiane qui en est dépourvue. Il n’y a absolument pas trace de coquille.

La bouche est sur la face ventrale de la tête.

Sur la partie antérieure de la face dorsale et à droite se

Fic. 200. — Œolis. Orifices dorsaux. Cl cloaque. A anus. B orifice bojanien.

trouve le cloaque. Plus bas, toujours à droite, est l’anus, en avant duquel est q ) ;

Fic. 201. — Œolis. Schéma

du tube digestif. Z bulbe

buccal. Æ estomac. C culs-

de-sac latéraux. Z intestin.

A anus. Ô orifices des papilles dorsales.

l'oritice du corps de Bojanus.

La bouche, protégée par deux lèvres qui simulent un vestibule buccal,donne accès dans un pharynx musculeux à revêtement chitineux, dont la face ventrale présente une saillie portant une radula unisériée. Puis vient un œæsophage assez étroit, aboutissant dans un vaste estomac qui se prolonge jusqu’à la partie postérieure du corps où il se termine en cul-de-sac. En outre, latéralement il émet un oœrand nombre de culs-de-sac

Fi. 202. — Coupe schémaps d’une papille dorsale.

eul-de-sac hépatique. € cupule à nématocystes. V vaisseau afférent. V1 vaisseau efférent.

hépatiques qui viennent se loger dans les digitationsrespiratoires que nous avons signalées sur le dos.

Du milieu de l’estomac environ, part un intestin qui se dirige à droite

pour aller s'ouvrir à l'anus.

Il y a deux petites glandes salivaires.

L'appareil respiratoire est représenté par les papilles dorsales !, On \ voit arriver en effet un vaisseau afférent, et partir un vaisseau efférent. L'’extrémité de la papille est percée d'un petit orifice que l'on croyait autrefois don- | ner accès dans les culs-de-sac hépatiques, c'est-à-dire dans l'appareil digestif. Mais

iln'enest rien. L'orilice débouche dans une petite cavité close réunie par un petit

ligament au sommet du diverticule hépatique; son intérieur est tapissé par des Mi6-20.— Œolis. Sehéma du cœur. V ventri-

cellules très curieuses qui rappellent de ‘uk. 0 oreillette. A

aorte.

très près les Nématocystes si répandus Fi.7203. — Mé- chez les Cœlentérés. C'est un appareil de défense ; chaque matocyste dé- cellule contient une sorte de ressort à boudin qui au moindre

oulé.

de attouchement sort de la cellule sous forme d’une flèche pointue et barbelée.

Le cœur, placé dans la partie médiane du corps, montre en avant le ventricule, de l'extrémité antérieure duquel part une aorte qui se divise bientôt en deux parties, l’une qui va en avant, l'autre en arrière. L'oreillette est placée derrière le ventricule ; elle est allongée et présente deux diverticules latéraux. Le sang qui a respiré dans les papilles dorsales se rassemble dans deux veines latérales quile conduisent à l'oreillette.

Le système nerveux est très simple. Deux ganglions cérébroïdes d'où partent des nerfs pour les rhinophores, les yeux, etc. Deux ganglions

SG pédieux réunis par une longue commissure et Fi6. 205. — Schéma du système deux ganglions pleuraux réunis par une longue

nerveux de l'Œohs. GC gan- :

glions cérébroïdes. Æ nerfs des commissure non tordue.

orhinophores. Y nerfs des yeux.

GPL ganglions pleuraux. GP Le triangle latéral est complet. En outre des ganglions pédieux. NL nerfs ( LR x :

pe 0E commissure pé- ganglions cérébroïdes part un stomatogastrique. aeuse. commissure visCceé- É . d

rale. SG stomatogastrique. N V Les (Eolis sont hermaphrodites.

nerf viscéral.

Les organes génitaux débouchent au dehors par trois orifices. De la glande génitale hermaphrodite divisée en lobules part un canal évacuateur qui se divise en deux canaux.

L'un des canaux, celui qui est en rapport avec les produits femelles, aboutit dans un vaste utérus émettant à droite et à gauche deux glandes

1 Ces papilles sont caduques. Lorsqu'elles sont tombées, l'animal ne parait pas incommodé: c'est une sort: de phénoz 8 1e d'aulolomie.

mucipares. De l'utérus part un conduit qui va s'ouvrir au dehors. L'autre canal, celui qui est en rapport avec les éléments mâles, est très allongé, s'enroule en spirale et finalement va s'ouvrir au sommet d'un pénis extensible. Il y a en outre une poche copulatrice qui s'ouvre d’une part dans l'utérus, de l’autre dans le cloaque. C’est dans

Fic. 207. — Phyllirhoe bucéphale.

cette poche que le pénis pénètre pendant la copulation, et va y déposer le sperme.

Fic. 206. — (ÆŒolis. Schéma de l'appareil génital. GA glande hermaphrodite. CE canal évacuateur. CEA canal éjaculateur.

P pénis. U utérus. GA glande mucipare.

CF conduit femelle. Pe poche copula- Fig. 208. — Schéma d'une Doris vue de dos. À anus. Br trice. el cloaque. branchies. T' tentacules.

Celui-ci féconde ensuite les œufs au passage. La ponte se fait sous forme d'un long cordon gélatineux.

2° Phyllirhoe

La Phyllirhoe a un corps allongé, comprimé latéralement, terminé inférieurement et supérieurement par un bord tranchant. Ce sont des animaux pélagiques. Il n’y a pas de branchies. La tête est surmontée de deux tentacules qui donnent à l'animal l'aspect d’un taureau ou d’un bélier. Le

tube digestif ne présente que quatre cœcums latéraux. Il n’y a pas trace de coquille.

D HOIS

Le corps de la Doris est trapu, ovalaire. Sur la partie antérieure du dos on voit deux gros tentacules. L'anus est postérieur, médian, dorsal. Il est entouré par une collerette très élégante qui représente un panache branchial. Ces branchies sont rétractiles. Quand on vient à les toucher, elles disparaissent sous les téguments. L'estomac ne présente pas de diverticules hépatiques analogues à ceux des genres précédents.

La peau épaisse est bourrée de spicules.

4° Pleurobranche

Le corps du Pleurobranche ! est ovoïde ; quand on le regarde en dessus, il ressemble à un disque aplati. Sous l'extrémité antérieure du dos s’avancent, en se courbant en arrière, deux tentacules creux, formés par une lamelle contournée et recroquevillée comme une oublie ; plus en dessous, mais au-dessus de la bouche, est un voile membraneux, triangulaire, plus large en avant qu’en arrière. Les yeux sont à la base des tentacules et paraissent comme deux petits points noirs.

A la face ventrale est un large pied sur lequel l'animal rampe. Quant au corps, il est recouvert par des téguments qui le débordent de toute part: c’est le manteau. A la partie postérieure, il cache une petite coquille ressemblant à une coquille d'Haliotide dépourvue de trous. C’est sur la gouttière droite, limitée par le manteau et le disque pédieux, que se trouvent les orifices et la branchie.

La bouche est à la partie antérieure du corps, entre le pied et le voile membraneux. Quant à la souttière droite, elle contient une branchie qui est comme un panache élégant dirigé en arrière. En avant d'elle et tout près sont les orifices de la reproduction. En arrière on trouve l'anus, placé tout à fait dans le point où le repli qui fixe la branchie vient s'attacher au corps.

Tube digestif. — La bouche est portée par une trompe saillante. À sa suite vient un bulbe lingual émettant latéralement deux lobes latéraux. Dans la cavité médiane est une radula. Dans les culs-de-sac latéraux viennent aboutir les conduits excréteurs d’une paire de glandes salivaires mélées intimement avec le foie et l'ovaire, ce qui fait qu’elles sont très loin

1 Lacaze-Durmiers, Monog. du Pleurobranche (Ann. des sc. nat., 1859).

de la bouche. Il y a une autre sente salivaire diffuse qui vient s'ouvrir dans le bulbe buccal.

Du bulbe lingual part l'œsophage, tube cylindrique dans toute son éten-

F16. 209. — Schéma du tube digestif du Pleurobranche. B bouche. Z culs-de-sac latéraux. S conduit excréteur de la glande salivaire impaire. Sp conduit excréteur de la glande salivaire droite. Gs glande salivaire droite. # foie. Œ œsophage. Æ estomac. Z intestin. À anus.

due. Il aboutit à un estomac en forme de sac, dans lequel débouche le foëe, grosse glande d’aspect noirâtre. L’intestin naît sur le côté du cône stomacal , il est peu flexueux et ne décrit pas de circouvolutions. L’anus est en arrière de la branchie.

La branchie, dont nous connaissons la position, est très contractile: elle se reploie et disparaît sous le bouclier dorsal lorsqu'on vient à la toucher. Circulation. — Le cœur est placé transversalement, un peu en avant du

milieu du corps. Son oreillette unique est à droite et le ventricule à gauche. Il est enfermé dans un grand péricarde. Les parois de l'oreillette sont minces, celles du ventricule sont charnues ; une valvule sépare les deux cavi tés, et s'oppose au retour du sang dans l'oreillette.

L'aorte est unique, fort courte, et se divise, presque immédiatement après sa sortie du péricarde, en deux branches, l'aorte antérieure et l'aorte postérieure.

L'aorte antérieure se recourbe en avant et donne naissance d’abord à une artère génitale, ensuite à deux artères pédieuses, puis à des branches pour les tentacules, la radula et l’œæsophage. Elle traverse le collier œsophagien.

L'aorte postérieure se porte en arrière. Elle fournit d'abord une pre-

mière branche stomacale qui naît tout près de son origine. Ensuite elle donne

Fic. 210. — Pleurobranche orangé. Schéma du

cœur et des artères qui en partent. 4 cœur. UN rameau intestinal, d'où partent, à æ aorte postérieure. y artère stomacale.p glande : k indéterminée. g aorte antérieure. W coquille. droite et à gauche, de nombreuses

branches assez volumineuses qui pénètrent la masse des viscères et portent le sang à tous les organes composant la masse viscérale.

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