ÉTUDE DE L'HÉLIX
L'Escargot est un excellent type de Gastéropode en général et de Pulmoné en particulier. Nous devrions donc traiter son anatomie et son histologie avec un grand soin !. Mais la facilité avec laquelle on l’obtient permettra, mieux que toute description, de se rendre compte de la disposition et des caractères des organes. Nous n'insisterons que sur les caractères principaux qui différencient les Pulmonés des autres Gastéropodes.
L'animal ?, enfermé dans une coquille turbinée, affecte dans ses traits généraux la même apparence que chez les Prosobranches. Il ÿ a cepen-
1 Voir à ce sujet Carl Vocer et Yunc. Traité d'analomie comparée pratique, p. 767, où l’on trouvera une excellente monographie de l’Escargot. Les nombreuses figures qui accompagnent ce travail que tous les étudiants ont entre les mains, nous dispensent d'illustrer ce chapitre avec autant d’abondance que les précédents.
? L'étude des Gastéropodes en général et de l’Escargot en particulier est rendue difticile par la contraction très forte qui accompagne la mort de l’animal. Pour les Pulmonés, il esl facile d’obvier à cet inconvénient. Il suffit de mettre l'animal dans un bocal que l'on remplit
dant des différences à noter. La peau est épaisse et rugueuse, et sécrète un mucus visqueux abondant. La tête est surmontée de deux paires de tentacules ; l'extrémité des tentacules postérieurs est renflée et porte les yeux. La cavité palléale, au lieu de s'ouvrir par une large fente antérieure, a soudé la majorité de son bord libre de manière à ne laisser qu'un orifice de communication entre la cavité palléale et l'extérieur. Cet orifice situé à droite est le preumostome ; il est pourvu de muscles qui lui permettent de s'ouvrir ou de se fermer à volonté. Enfin le pied ne porte pas d’opercule : c’est là un caractère général des Pulmonés {à l'exception du genre Amphibola). Pendant l'hiver l'Escargot se cache dans la terre et bouche l'ouverture de sa coquille d’une sorte d’opercule calcaire; mais ce n’est pas là un véritable opercule : c’est un simple produit de sécrétion qui disparaît au printemps.
L'orifice génital est ici placé à la base du tentacule droit.
Le pneumostome aboutit dans une longue cavité palléale qui n’a plus du tout la même apparence que chez les Prosobranches. Ici, en effet, il n'y a pas trace de branchies, mais en revanche, le plafond de la cavité est tapissé par un lacis extrêmement riche de vaisseaux sanguins : c’est le poumon. Le rectum vient s'ouvrir sur le bord externe du pneumostome. C'est aussi en ce point que vient s'ouvrir l’uretère.
Tuss piGesrir. — Le pharynx est très musculeux; il y vient déboucher des glandes salivaires extrêmement développées qui s’étalent sur l'estomac. Sur la lèvre supérieure de la bouche se trouve la mâchoire, lamelle cornée, arquée, munie de côtés. En outre, sur le plancher de la cavité buccale est placée la radula. L’œsophage se dilate en un estomac qui, à la partie postérieure, reçoit le produit d'un foie extrêmement volumineux et formant quatre lobes. L’intestin serpente au milieu de ce foie, puis en sort pour côtoyer à droite la cavité pulmonaire, et aboutir à l'anus.
APPAREIL CIRCULATOIRE. — Les nombreux vaisseaux qui tapissent la cavité pulmonaire se rassemblent en une grande veine qui va se jeter dans l'oreillette qui communique en arrière avec un ventricule. Ce cœur est situé sur la face dorsale et sur le côté du sac pulmonaire, enveloppé d'un large péricarde tout près du rein. On voit que le cœur a la même orienta-
entièrement d'eau et que l’on bouche herméliquement, soit avec un bouchon, soit avec une lame de verre. Dans ces conditions, l’animal meurt lentement et reste dans un état d’extension très favorable à la dissection,
Pour les Prosobranches, on ne peut pas, bien entendu, employer le même procédé, puisque ce sont des animaux aquatiques. Le mieux est encore @e les plonger longtemps auparavant dans l'alcool qui durcit les tissus et en même temps coagule le mucus qui recouvre l’animal el qui englue les instruments de dissection. Ce procédé est excellent, en particulier, pour la dissection du système nerveux.
tion que chez les Prosobranches. Du ventricule part une aorte qui se divise presque immédiatement en deux vaisseaux : l'une, l'artère viscérale, qui va irriguer les organes contenus dans le tortillon: l’autre, l'aorte, s’in-
Fic. 229. -- Mâchoire d'Æelir Un peu plus loin {à gauche)
nemoralis.
fléchit et se dirige en avant.
Elle donne naissance à une artère qui se distribue aux
canaux etaux glandes acces-
soires des organes génitaux.
elle émet une artère intes-
tinale. Tout près de celle-ci vient une autre artère s .p ETS ICO lis Fi6. 250. — Schéma d'un rein qui se bifurque en deux branches, l’une qui se dis- délire Hire Une
rectum. À anus. Q cœur. P péricarde.
tribue au pied, l'autre aux glandes salivaires, très
richement irriguées. Ensuite l'aorte continue son
chemin en avant, traverse la masse nerveuse sous-æsophagienne et va se
perdre dans la tête et les tentacules. Mais auparavant elle donne une artère pédieuse qui se dirige sur
la face ventrale et en arrière =
pour aller irriguer le pied.
Le sang tombe dans toutes
les lacunes du corps !, et
Ron 2 Coupe de là se rend jusque dans
schémalique du ca les veines pulmonaires où il nal évacuateur. CÆ
canal femelle. CM respire et d'où il est ramené au cœur.
En somme la circulation est la même que chez les Prosobranches.
SYSTÈME NERVEUX. — Les centres nerveux sont extrêmement concentrés. Ils forment au premier abord un collier blanchâtre autour de l'œsophage. Mais, en examinant de plus près, on peut y distinguer une masse ner-
veuse cérébroïde réunie par deux paires de
connectifs à une masse nerveuse sous-æœso- F6. 232. — Schéma du système nerveux d'un Pulmoné. C ganglions cérébroïdes.
phagienne. Celle-ci est traversée par l'aorte, S' stomatopastriqueespeserS de se : ; ; dieux. Z ganglions pleuraux. V chaine ce qui la divise en deux étages : l’un supé- viscérale. LD ganglion de l'organe de
3 À ; d MS LaACaze DUTHIERS.
rieur, constitué par les ganglions pédieux,
est en rapport avec l’une des commissures: l'autre inférieur, constitué
1 Toutes les lacunes du corps communiquent avec la cavilé viscérale. Ces lacunes veiueuses sont dénuées des parois propres : le long du tortillon on peut voir par transparence des canaux ramifiés qui ont des allures de veines ; mais ce n’est là qu’une apparence. L'in-
par les ganglions pleuraux, est en rapport avec l’autre commissure. Il est très probable qu'il y a en outre dans cette masse des ganglions soudés.
Enfin, les ganglions cérébroïdes sont réunis par un collier œsophagien, à deux ganglions stomatogastriques placés au point d'émergence des canaux excréteurs des glandes salivaires.
Des ganglions cérébroïdes partent deux nerfs tentaculaires qui se rendent dans les tentacules oculaires, deux nerfs labiaux eælernes, qui innervent les parties latérales de la tête et les lèvres; deux nerfs labiaux internes. En outre, de la face ventrale de la masse cérébroïde partent deux nerfs qui s’accolent aux commissures œsophagiennes, et vont innerver les deux otocystes qui repo-
sent sur les ganglions pédieux.