SYSTÈME MUSCULAIRE
Muscees pivers. — Nous avons déjà signalé la présence de nombreuses fibres musculaires dans le manteau qui est un organe très contractile. Les fibres sont particulièrement abondantes sur le bord épaissi du manteau, ainsi que les tentacules dont il est souvent pourvu. Le siphon est
en somme presque complètement formé de fibres musculaires, les unes
circulaires, les autres longitudinales.
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Fi6. 16. — Arrosoir gigantesque.
Les fibres du manteau se continuent à la surface de la masse viscérale, puis se réunissent en grand nombre à un point, pour constituer ce que nous étudierons plus loin sous le nom de pied. À propos de cet organe, nous parlerons aussi de ses muscles extrinsèques.
Musces Appucreurs. — Les muscles les plus importants à considérer sont ceux qui s’insèrent sur les deux valves de la coquille qu'ils servent à fermer. Et, à ce point de vue, il y a deux catégories à considérer : les uns, comme la Cythérée, ont deux muscles adducteurs, l’un supérieur, l’autre inférieur. Chez d'autres, l’'Auître, par exemple, il n'y a qu’un seul muscle. C’est sur ce trait d'organisation que Lamarck basait la division des Acéphales en deux grands groupes : les Dimyaires et les Monomyaires.
NATURE MORPHOLOGIQUE DU MUSCLE DEs MoxomyaiREs. — En examinant attentivement la section d’un muscle d'Huître, on voit qu'il est en apparence formé de deux parties, l’une plus opaque, l’autre plus claire. Il est donc naturel de penser qu'il soit venu à l’idée de certains naturalistes que le muscle unique des Monomyaires représentait en réalité les deux muscles des Dimyaires, qui se seraient soudés. Mais, en étudiant les choses plus à fond, en examinant les connexions anatomiques de ce muscle, ses rapports avec la bouche, l'anus, etc., on s’est rendu compte qu’il n’en était pas ainsi et que le muscle des Monomyaires n’était le représentant que du muscle postérieur des Dimyaires.
Hisrococi£. — Quant à la structure histologique de ce système, il est formé de longues fibres vaguement striées longitudinalement. La striation transversale ne semble pas exister. Les fibrilles longitudinales qu'elles contiennent se montrent souvent ondulées dans les préparations, ce qui a fait croire à une striation transversale.
ForcE DES MUSCLES AbDucTEURS. — Il n’est personne qui n’ait eu l'occasion d'ouvrir des Huitres ou des Moules et qui n'ait eu à constater la force musculaire énorme de ces animaux. Lorsque l’on veut ouvrir une Mye, on sait que souvent la contraction est assez forte pour briser la coquille en mille morceaux. Charles Darwin dit que les grandes Tridacnes des mers chaudes ont assez de puissance pour couper le doigt imprudent qui se serait introduit entre leurs valves. Les matelots prétendent même que les grands Bénitiers sont capables de couper les câbles d’une ancre. M. Plateau a déterminé quel était l'effort nécessaire pour écarter les deux valves, c'est-à-dire pour vaincre la contraction des muscles adducteurs qui les maintiennent fermées. Pour cela il introduit entre les valves deux erochets A et B. L’A sert à suspendre le Mollusque, l’autre B soutient un plateau dans lequel on met des poids jusqu’à ce que la coquille commence à s’entre-bâiller. Il a ainsi trouvé qu’une Huître pied de cheval {Ostræa hippopus) peut soutenir plus de 17 kilogrammes. La Venus verrucosa porte
plus de 5 kilogrammes et la Moule 3 kilogrammes. Ils supportent donc plusieurs centaines de fois leur propre poids : le Pectunculus glycimeris supporte quatre cent quatre-vingt-douze fois son poids, et la Tellina solidula trois cent quarante-six fois. Mais il est bon de remarquer que cette grande force est surtout due à la grande surface des muscles adducteurs.