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considérable de livres ascétiques qu'ils ont composés, mais dont la plupart sont restés inédits, les moines de saint Romuald ont encore enrichi d'ouvrages importants la littérature sacrée ou profane. C'est principalement à dater du quinzième siècle que le mouvement intellectuel se manifeste parmi les camaldules qui, disons-le à leur honneur, prirent alors une part active à la renaissance des lettres en Italie. De tous les religieux qui donnèrent le signal de ce mouvement, le plus célèbre par sa science, ses travaux et les hautes missions qu'il remplit dans l'Église fut le Père Ambroise Traversari, connu sous le nom d'Ambroise le Camaldule. Né en 1376, à Portico, petite ville de la Romagne, et issu d'une modeste famille originaire de Ravenne, il reçut tout à la fois une brillante et solide éducation. Son goût particulier pour les langues anciennes put largement se développer dans un siècle où les lettres grecques et latines, si fort honorées en Italie, y avaient pour représentants Emmanuel Chrysoloras, Bessarion, Théodore Gaza, PArélin, Le Poggc et Laurent Valla. Chez le jeune Ambroise la piélé fut aussi précoce que l'amour de l'étude. Élevé dès l'enfance comme oblat, ainsi qu'il nous l'apprend, au monastère des camaldules de Sainte- Marie des Anges, il se plaisait à rappeler plus tard avec bonheur que là il avait reçu la première initiation à la vie religieuse en môme temps que les premiers éléments des sciences humaines. Aussi demandait-il au ciel la grâce « de pouvoir un jour rendre Pâme au lieu même où cette âme sentit germer en elle les prémices de l'intelligence. »
Cependant, au milieu des suecûs obtenus dans ses études, qu'il acheva sous Jean de Ravenne, le jeune
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Àmbroise ne se laissait point détourner de sa vocation religieuse. Entraîné par l'exaltation propre à son âge, il avail formé le projet de vivre dans une retraite absolue, pour s'y livrer tout entier'à la pratique des devoirs monastiques. Mais ses supérieurs et ses amis trouvèrent peu convenable qu'un jeune religieux doué de si belles dispositions ne les mit point à profit, et il dut accepter la direction de l'école du monastère, avant de recevoir les ordres sacrés. Une fois attaché h ces fonctions, il les remplit avec le zèle ardent qu'il montrait en toutes choses. Il s'occupa d'abord de réorganiser les études dont la base était la connaissance des auteurs anciens, tant sacrés que profanes. Pour arriver à ce but, il fallait avant tout posséder une bibliothèque nombreuse et choisie, et ce fut à réunir les livres dont il avait besoin qu'il appliqua ses efforts les plus persistants. Par une chance toute favorable il avait eu pour compagnon d'études Côme de Médicis que ses goûts littéraires aidés d'une immense fortune, portaient à recueillir à grands frais les manuscrits les plus précieux. Une amitié sincère, telle qu'elle peut se nouer au premier âge et qui dure autant que la vie, rapprocha bientôt ces deux jeunes gens d'une condition si différente. Chaque fois qu'il s'absentait de Florence, Côme laissait au jeune religieux le soin de garder ses livres qu'il appelait son trésor, et qu'à son retour il avait souvent la joie de trouver accru de nouvelles richesses. Il faut lire cette partie des lettres d Ambroise pour bien apprécier le charme et l'intimité de leurs relations, légale ardeur qu'ils apportaient à l'étude, et les mille petits incidents qui signalèrent la mutuelle efflorescence de leur jeunesse.
Laurent de Médicis, frère de Côme, n'était pas moins
attaché à Ambroise, et il l'aida puissamment à former une bibliothèque qui devint bientôt importante. Dans sa correspondance, le religieux camaldule mentionne souvent les envois de livres qu'il a reçus et les témoignages de zèle intelligent et affectueux dont ces envois sont accompagnés. « Notre cher Laurent, écrit-il, nous a rapporté, à son retour de Rome, un très-ancien exemplaire de Plotin, et un énorme volume de Tertullien renfermant vingt-sept livres de cet auteur... Trois autres manuscrits grecs ont été apportés encore par lui. Dans l'un se «trouvent des Homélies de saint Jean Chrysostome et de saint Basile, et dans l'autre des Vies de saints, et notamment celle de Chrysostome, écrite par Tévêque Palladius en forme de dialogue. Je la lis, je l'admire, et j'ai l'intention de la traduire en latin. » Ailleurs, à la réception de nouveaux ouvrages de l'antiquité, il dit encore : «Je ne saurais exprimer le plaisir que Laurent me cause, en montrant une si grande sollicitude à satisfaire ma passion pour les livres. Tous mes amis, tous les hommes lettrés doivent se joindre à moi pour le remercier et lui en témoigner la plus sincère gratitude*. »
Un autre correspondant du religieux camaldule, Nicolas Niccoli, homme plein d'érudition, et dont la précieuse bibliothèque fut achetée, à sa mort, par Cômc de Médicis % servait d'intermédiaire entre les deux
1 Ambros. Caniald., Kpist. pas si in.
* Celte bibliothèque, donnée au couvent do Saint-Marc et mise à la disposition du public par C.ôine de Médicis, se composait, selon le Pogçc, d'environ 800 manuscrits latins, grecs et orientaux, dont plusieurs avaient été copiés de la main de Niccoli et enrichis de ses commentaires. Thomas de Sarzane, alors simple prêtre, et depuis pape sous le nom de Nicolas V, en lit une classitication qui servit de modèle pour d'autres bibliothèques de l'Italie.
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amis. Il allait sans cesse du palais du gonfalonier ou monastère des Anges pour y apporter de nouveau* manuscrits qui étaient toujours reçus avec transport. C'était lui qui, pendant les absences d' A mbroise, veillait sur ses papiers, sur ses livres, et c'est par une de ses lettres que nous connaissons les divers ouvrages que le moine camaldule dut à la munificence de Cômc. Après 17;numération des œuvres les plus remarquables des Pères de l'Église, la correspondance d'Ambroisc avec son ami signale encore des manuscrits trouvés au Mont-Cassiu et un exemplaire de l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe de Césarée. « J'ai lu en dix jours, écrit-il, celte Histoire composée en langue grecque, et la lecture nT-cn a ravi au delà de toute expression. Quoique je la connusse déjà pour l'avoir vue ailleurs en texte latin, j'y avais éprouvé bien moins de plaisir que lorsque j'ai pu la lire dans le texte original. J'ai goûté surtout la majesté de son style et la parfaite élégance de ses expressions. Entre tous les auteurs ecclésiastiques que j'ai étudiés, il est le plus expert dans l'art de créer des combinaisons de mots aussi nouvelles qu'ingénieuses, et il fait preuve d'une connaissance approfondie des arts libéraux. »
Si nous passons ensuite aux écrivains de la littérature profane, nous voyons que le moine camaldule n'était pas moins ardent à en rechercher les ouvrages manuscrits. Un de ses amis lui annonce avoir en sa possession un exemplaire d'Archimède avec des figures représentant les machines de guerre et les instruments pour la marine, qu'inventa ce grand géomètre. L'ouvrage impatiemment attendu lui arriva enfui et sa main, habituée à écrire vile les lettres grecques, le
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copie avec une rapidité qui le surprend lui-môme. Une dame étrangère lui ayant envoyé un autre manuscrit, il passe la nuit à en extraire des pensées de Platon, et montre un empressement semblable en recevant l'Apologie de Socrate, les Ethiques d'Aristote, Y Orateur de Cicéron et la Vie des douze Césars par Suétone. Ailleurs, il exprime le regret de n'avoir pu transcrire un traité de Tcrtullien, conformément au désir de son correspondant ; mais le soin des âmes et la nécessité de veiller au maintien de la discipline monastique ont occupé tous ses instants disponibles.
La communauté des goûts littéraires établit aussi les rapports les plus fréquents et les plus intimes entre le religieux camaldule, François Barbaro et Léonard Giustiniani. C'étaient deux savants patriciens de Venise, qui étaient admis dans la familiarité de Côme de Médicis, avec le cardinal Pisani, Guarino, le traducteur de Strabon, et d'autres érudils du quinzième siècle. François Barbaro était encouragé dans ses travaux par le religieux de Sainte-Maric-des-Angcs, qui le félicitait hautement de son Commentaire de Re uxoria, et le proclamait l'écrivain le plus capable de son temps d'égaler les anciens par l'esprit et le savoir. De son côté, Léonard Giustiniani entretint une correspondance trèsactive avec Ambroisc, pour lequel il achetait des livres ou des couleurs destinées à l'ornementation des manuscrits peints que les moines miniaturistes exécutaient alors en si grand nombre sous l'habile direction du chef de l'école conventuelle. « Que Ton ne s'étonne pas, dit l'historien de sa vie, s'il chargea un jour Léonard de lui envoyer deux cents livres d'encre, car il employait une telle quantité de secrétaires et de
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copistes, que non-seulement le monastère des Anges, mais encore toute la ville de Florence semblaient être une officine d'écrivains publics. » Quant à Àmbroise, tanlôt il console son ami des regrets que celui-ci témoigne d'avoir manqué l'acquisition d'ouvrages excellents, tantôt il le remercie de l'envoi du catalogue de sa bibliothèque, car il pourra user, comme des siens, des livres qui la composent. Les volumes échangés entre eux sont divers ouvrages de saint Jean Chrysostome, les Êpitres de saint Basile, le traité de saint Augustin sur la Doctrine chrétienne, les œuvres de saint Jean Climaque, de saint Ambroise et de Lactancc. Puis viennent les lettres de Cicéron à Alticus, YAgésilas de Xénophon, Apollonius et Philoslrale, Thucydide et Plutarquc, auxquels il faut ajouter Diodore de Sicile, Pausanias, et enfin Trogue Pompée dont l'ouvrage abrégé par Justin et découvert en Espagne avait été envoyé à Ambroise le Camaldule.
Un grand nombre de lettres nous le montrent entretenant avec François Philelphe des relations non moins actives au sujet des auteurs grecs et latins. Philelphe lui cède un exemplaire de Diodore de Sicile, un autre de Philon, et s'excuse auprès de lui de n'avoir pu, à cause de ses occupations et des tourments de son esprit, lui adresser les vers qu'il réclame sur Diogène Laêrce. Le religieux camaldule, qui connaît l'extrême irritabilité de son correspondant, essaye vainement de consoler ses ennuis, de guérir les blessures de son amour-propre d'auteur, et surtout de calmer son ressentiment contre Côme de Médicis dont il s'était déclaré le mortel en* nemi. L'inflexible professeur de philosophie se refuse à toute espèce d'accord, et mécontent sans doute d'une
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tentative de conciliation qui n'avait fait que l'irriter davantage, il écrit à Aurispa que le moine Ambroisc, lui est devenu suspect, malgré toutes ses protestations d'amitié. Pour soulever un autre coin du voile qui recouvre la vie si militante des érudils du quinzième siècle, empressons-nous d'ajouter que Le Pogge, dans son dialogue sur les Hypocrites, a pleinement vengé le général des camaldules des insinuations dirigées contre sa sincérité. A son tour le satirique Paul Jovc rend un complet hommage aux vertus chrétiennes et aux qualités sociales du religieux camaldule. «C'était, dit-il, un homme qui, par un bonheur peu commun, était saint sans porter la tristesse sur son visage, el montrait partout une douceur, une sérénité inaltérables1.
Déjà l'affection qui attachait Ambroise à la ville de Florence, l'avait porté à lui offrir un gage personnel de ses sentiments, en composant pour elle son premier ouvrage intitulé : de Florentinis originibus. Il y traite du commencement, de l'organisation et du gouvernement de la République, rappelle ses luîtes extérieures et met en relief les services et les actions d'éclat de ses citoyens les plus illustres. C'est un livre bien fait, écrit avec élégance et pouvant intéresser ceux qui étudient les origines de cette belle et charmante cité, appelée autrefois l'Athènes de l'Italie, et qui récemment vient d'en être proclamée la capitale. Ensuite, comme de son temps les ordres monastiques, au sein desquels se produisaient beaucoup d'abus, étaient souvent l'objet d*attaques fort vives, il
* P* Jov., Elog. cap. XL
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traduisit en latin le traité de saint Jean Chrysostome Advenus vituperatores vitx monasticx. Pour la composition de ce travail il suivit les conseils de son vénérable abbé Matteo, et sous la même influence, il fit encore la traduction de plusieurs autres ouvrages de l'éloquent patriarche de Constanlinople, notamment celle des Commentaires sur les Épitres de saint Paul, des Homélies et des Discours contre les Juifs.
Si dans cette entreprise difficile, il fut activement secondé par Côme de Médicis et son infatigable ami Léonard Giustiniani, son zélé fut d'ailleurs mis à l'épreuve par toutes les déceptions, toutes les mésaventures que peut éprouver un savant passionné, comme lui, pour son œuvre. Tantôt un exemplaire de saint Jean Chrysostome, confié à deux moines camaldules, est perdu dans le naufrage qu'ils font en naviguant sur le Pô; tantôt un autre envoyé, chargé de recueillir des manuscrits grecs à Alexandrie, vient ù mourir pendant le voyage. Heureusement il trouve une compensation à toutes ces pertes dans l'arrivée de l'empereur de Constantinople, qui, venu en Italie pour y réclamer les secours de la chrétienté contre les Turcs, avait apporté avec lui un grand nombre d'ouvrages précieux qu'il voulait sauver de la ruine prochaine de son empire. À cette nouvelle, Ambroise s'empresse de s'informer de la nature et de la valeur de ces ouvrages, et si, comme chrétien, il s'afflige des malheurs de l'empire d'Orient, comme crudit, il se félicite du profit que la république des lettres pourra retirer de tant de trésors inattendus qui lui surviennent.
Entre autres manuscrits grecs qu'il avait reçus de l'Asie Mineure se trouvait un superbe exemplaire des
sermons de saint Ephrem, dont les ouvrages renommés en Orient, n'avaient pas été encore apportés en Italie. Pour complaire à Côme de Médicis, Ambroise entreprit la version latine du recueil des sermons du saint ermite syrien, et l'offrit à son protecteur en lui adressant une savante épllre dédicatoire qui révèle l'intimité des relations existant entre eux. Bientôt, malgré son intention de ne traduire que des ouvrages appartenant h la littérature ecclésiastique, il fut contraint de céder aux sollicitations pressantes, aux persécutions même de ses amis les plus influents, pour donner la traduction de la Vie des philosophes y par Diogène Laêrce1. Ses confidences à son cher Léonard nous apprennent quels combats sa conscience de religieux eut à soutenir avant qu'il se décidât à quitter, pour un auteur profane, l'élude de ces grands écrivains sacrés, qu'il appelle les purs et lumineux flambeaux de l'Église, et dont la vie, aussi bien que les œuvres, lui avaient ouvert la seule voie qu'il dût suivre. Enfin, après avoir cédé à de nouvelles influences pour traduire, outre le Diogène Laërce, des traités de Plutarque, de Nicandre et de Philostrate, il revient avec amour à ses travaux sur la littérature ecclésiastique. S'appliquant dès lors tout entier aux ouvrages originaux des Pères de l'Église grecque, il donne successivement la version latine de la Hiérarchie céleste attribuée à saint Denys l'Aréopagite, de la vie de saint Grégoire de Nazianzc*, et de
1 Magna me hominum vis impulit ut prseter institutum meum quo jam pridem solis sacris litteris ex grœco transferendis operam dare decreveram, Diogenis Lacrlii libros de Vita decretisque pliilosophorum in latinum convertam. — Ambros. Camaid., Epitt. ad Uonard. Justiruan.
1 Le manuscrit grec de saint Grégoire de Nazianze lui avait été envoyé du monastère de Grotta Ferrata, et il lit hommage de sa traduction au cardinal de Saint-Ange, à l'instigation duquel il l'avait entreprise.
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celle de saint Jean Climaque, travail dans lequel il fui vivement encouragé par Louis Barbo, abbé de Sainte- Jusline de Padoue. Ce fut aussi pour être agréable à ce pieux réformateur de l'ordre bénédictin en Italie, qu'il corrigea l'ancienne chronique de l'abbaye du Mont- Cassin, en même temps qu'un Dialogue de l'abbé Didier, dont la latinité semblait un peu rude au goût délicat des érudits de la Renaissance.
Il y avait déjà trente années qu'Àmbroise le Camaldule se livrait sans relâche à ses travaux d'érudition, tout en remplissant dans sa congrégation diverses charges administratives, lorsqu'il fut, en 1431, élu général de l'ordre. Dans cette même année, par un heureux rapprochement de circonstances, le cardinal Gabriel Condolmeri, avec lequel il entretenait depuis longtemps des rapports littéraires, et qui s'était toujours montré le zélé prolecteur des camaldules, avait été élevé au saint-siége, après la mort du pape Martin V. Sous l'impression de la joie que lui causait l'élection d'Eugène IV, le religieux camaldule écrivit à ses correspondants intimes, pour se féliciter avec eux du choix qui venait d'être fait et vanter surtout les mérites du pontife auquel était confié le gouvernail de l'Église f. Bientôt voulant adresser au nouveau pape ses félicitations personnelles, il lui écrit une lettre pleine de
1 Quid plura? Boni omnes miriûce gratulantur huic polîssimum Ecclesiae commis sa esse gu berna cula, qui unus omnium justissimus et castissimus sit. — Ambros. Caraald., Epùt. ad Nicol.
respect et d'affection, où il lui recommande le monastère des Anges et Tordre entier des camaldules auquel il avait montré jusqu'alors un si grand intérêt. A cette lettre le pape fit une réponse des plus bienveillantes, et en le remerciant de l'envoi d'un beau volume de saint Bernard, il lui promit la continuation de l'appui réclamé pour les religieux, ses frères.
Conformément à cette promesse, Eugène IV ne tarda pas à placer les monastères camaldules sous le protectorat du cardinal Jean Piccolomini, et il lui prescrivit de convoquer un chapitre général de l'ordre, afin d'y introduire une prompte réforme. Ce fut dans cette réunion solennelle, tenue au monastère de Sainte-Marie d'Urano, qu'Ambroise fut contraint, malgré sa résistance, d'accepter le généralat, après la démission volontaire de son prédécesseur Benoît de Forli, qui s'était reconnu coupable des fautes les plus graves. Ayant séjourné quelque temps au Saint-Ermitage de Camaldoli pour y prendre possession de sa charge et régler les affaires de l'ordre, il se rendit ensuite à Rome où il fut comblé de témoignages d'estime par le pape et les membres les plus éminenls du cardinalat romain. Nommé visiteur apostolique delà congrégation de Vallombreuse, il remplit cette difficile et délicate mission avec un zèle, un tact et une fermeté qui nesedementirentjamais.il montra les mômes qualités dans l'inspection qu'il fit des monastères camaldules où le relâchement s'était introduit, et où il eut souvent la douleur de constater les désordres les plus regrettables. Son Hodœporicotij qui est à la fois l'itinéraire et la relation exacte de cette longue et minutieuse revue de couvenlsdes deux sexes, renferme de tristes révélations sur lélat moral de la