SCÈNE XV Les Mêmes, MANETTE, SAUVAL
MANETTE. — Ah I ça passe toutes les bornes, madame Bouju.
MADAME BOUJU. — Mademoiselle, j*ai déjà dit au baron que j'y renonçais. Demandez un agent pour garder votre porte! (Elle sort.)
MANETTE. — Barou, je...
LE BARON. — Attendez...
MANETTE. — Nou !
LE BARON. — Dans votre intérêt une affaire...
MANETTE. — NoU ! UOU I
LE BARON. — ...Une tournée artistique...
SAUVAL. — Avec qui?
LE BARON. — Avec monsieiii... (A Fcrraro.) Parlate, signor...
SAUVAL. — C'est un imprésario?
LE BARON. — Il no mc Ta pas dit, Manette, mais je l'ai deviné... Il va vous couvrir d'or... Il veut vous emmener...
MANETTE. — Où Ça?
LE BARON. — Je n'en sais rien, moi, demandez-lui.
MANETTE, à Fevravo. — C'est vrai ce qu'il dit, ce vieux Céladon?
LE BARON. — Manette! (A Ferraro.) Parlate, parlate à la signora...
FERRARO. — Si, si... ( Très vite.) Faciale il piâcere cl a venir à questa notte à la mia casa...
MANKTTE. — Qu'csl-cc qu'il baragouiiic?
s AU VAL. — Traduisez... vous!
LE BARON. — Je ne comprends pas.
MANETTE. — Mais alors qu'est-ce que vous faites ici?
LE BARON. — La charta.
FERRARO. — Ahl si. (Il prend sa carte et écrit quelques mots au crayon, puis il la tend à Manette.)
MANETTE, Usant. — Dante Ferraro... italien... je m'en doutais... Hôtel Continental... chambre quatre-vingt-seize. (A Fetraro.) Eh bieni qu'est-ce que vous voulez que j'aille y faire dans votre chambre quatre-vingt-seize?
FERRARO, très aimable, — Far l'amor...
MANETTE. — YOUS ditCS?
FERRARO. — Far l'amor...
LE BARON, épouvanti'. — Poufl MANETTE, Sévèrement. — Baron, vous faites un joli métier. Allez achever votre soirée avec monsieur dans d'autres lieux de plaisir.
Vous êtes faits pour vous entendre. Allons, vite I
LE BARON. — Manette!
MANETTE. — Vous avez entendu?
FERRARO, montrant Manette, — Il vienne?
LE BARON, le poussant. — Sortez donc, imbécile !
FERRARO, obséquieux. — Grazie...
LE BARON. — Il n'y a pas de quoi.