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de Messine, avec les importantes colonies de Rhegium et Zancle, s'était assuré la route libre entre la Sicile et la Campanie; aussi fut-il un des premiers, et pour longtemps, le principal intermédiaire entre les Grecs de l'Archipel et les populations sicules et italiotes. Aux Chalcidiens se joignirent, de bonne heure, les Corinthiens et les Samiens, et un établissement de ces derniers est signalé tout près de Cumes, à Dicaearchia (Puteoli) (1). D'un autre côté, les commerçants rivaux, Milésiens et Phocéens, se servaient de Sybaris, pour aborder les principaux marchés de Tltalie. Mais ce passé lointain n'a qu'un faible rapport avec le monnayage de Cumes.
Cumes semble avoir commencé à frapper monnaie dans les premières années du v* siècle^ sous la domination du tyran Aristodème Malachos. La monnaie la plus ancienne est une drachme de 5gr. 42, correspondant à 4/3 du distatère euboico-attique (2) et ayant, d'un côté, la dépouille d'une tète de lion entre deux hures de sanglier (3), suspendues en guise d'anathema et, de l'autre, un coquillage bivalve, une moule (mytilus gallo-provincialis) (4), si toutefois il ne s'agit pas du coquillage dit vulgairement a jambon^ neau », si fréquent sur les côtes de l'Italie (5).
Mais bientôt ou changea le système monétaire (6) et l'on frappa d'abord des didrachmes et des oboles euboïques, puis des didrachmes et des oboles de poids phocéen. Il y eut même une longue hésitation entre ces deux systèmes. Le butin des fouilles de la nécropole de Cumes indique que cette ville était large-
1. Etienne de Byzance. — Mommsen (C. /. L , t. X, p. 182) met en doute cet établissement.
2. Imhoof-Blumer, Annuaire de Ni/m., 188 ^ p. 94. On a proposé aussi d'y voir une drachme éginétique de poids réduit. (Head, Hist. Num., XLII, p. 30. Voyez aussi J. Friediander, Zeit. fur Sum„ 1881, p. 99 s.).
3. J. J. Barthélémy (ilcarf. des Inscr. et B.-L., t. 47) et Mionnet (I, p. 114, n<» 139) ont cru yoir sur cette monnaie une grenouille.
4. Imhoof-Blumer et Keller, Tier und pflanzen-bilder, p. 53. Les lacs Arerne et Lucrin étaient renommés pour la culture des coquillages (Hor., Epode, 2«, 49 ; Sat. H, 4% 32).
5. Les Romains confectionnaient des draps avec le long byssus qui recouvre ces coquillages.
6. Vers 490 av. J.-C. presque toutes les colonies chalcidiennes d'Italie et de Sicile (Rhegium, Zancle, Naxos, Himera), sous rinfluence du commerce attique, abandonnèrent le système chalcidien ou éginétique pour le système euboïque.
ment approvisionnée par les commerçants d'Asie-Mineure et d'Athènes; mais il est probable que plusieurs produits Tenaient par des voies indirectes : par la Sicile, par Velia, par Rhegium et jusque vers 4ÎX) par les Phéniciens. D'un autre côté, Cumes répandait au loin ces produits. On comprend donc aisément son hésitation dans le choix d*un système monétaire. Elle semble même pour quelque temps avoir frappé simultanément des monnaies selon le système euboïque et d'autres selon le système phocéen. C'est celui-ci qui finit par prévaloir.
Au système euboïque appartiennent une rarissime monnaie au type de la tête de nymphe (1), les rares didrachmes et plusieurs oboles au type de la tête de Pallas coiffée du casque corinthien (2). Une drachme du G. de Berlin pourrait aussi s'y rattacher.
On a frappé aussi, à Cumes, au début du monnayage, des demioboles en or, du système attique, pesant G gr. 35. Longtemps on a douté de l'authenticité de ces pièces; mais nous pouvons les comparer aux monnaies d'or contemporaines et similaires de rÉtrurie (3). Head (4) fait observer que, sur la base d'un rapport entre Tor et Targent de 1 : 15, la demi-obole d'or de Cumes correspond exactement au statère primitif de 5 gr. 44; ce qui permet de l'attribuer aux premières années du v' siècle.
Le monnayage de Cumes n'a jamais été abondant; c'est tout au plus à la fin, vers le dernier quart du v^ siècle qu'il prend un certain développement.
Les types des monnaies primitives ont donné lieu à de nombreuses dissertations. On a proposé plusieurs explications pour celui de la dépouille de lion entre deux hures de sanglier. Millingen (5) et L. Sambon (6) ont rappelé la prétention des Cumains
\. Voyez le n<» 2*>2. Comparez les monnaies du trésor d'Auriol.
2. Quelques exemplaires à ce type, d'un très joli dessin, me semblent devoir Hee attribués à une date un peu plus récente que celle qui leur est assignée par Head.
3. Voyez notre dessin n® 3, p. 37. (Étrurie) Garrucci donne le dessin d'une monnaie dV du C. de France, de la valeur d'un diobole attique, ayant d'un coté une tôte de Nymphe ; l'authenticité de cette pièce a été mise en doute. 11 existe un coin faux de Becker, décrit par Pinder, mais c'est une mauvaise copie de la monnaie du G. de France.