‹ Les monnaies antiques de l'ItalieChapitre 140 sur 362 · C. de Londres, 0 gr · texte numérisé non relu

C. de Londres, 0 gr

Scylla. — Applique de bronze trouvée dans la Grande-Grèce. (Ane. Coll. Gréau.)

Panorama de Naples.

MONNAIES D'ARGENT

Les documeats littéraires relatifs à la fondation de Neapolis sont obscurs et souvent contradictoires. La version la plus probable que l'on puisse en dégager semble la suivante : une ville nommée Parthénope aurait existé dès une époque fort lointaine sur la colline de Pizzofalcone, qui domine le golfe de Naples ;.ce pouvait être un ancien comptoir des Egéens de Rhodes (1). Les Gumains l'auraient colonisée au cours du vP siècle; mais ensuite, préoccupés des rapides progrès de leur colonie, eux-mêmes l'auraient détruite (2). Après 474 av. J.-C. j les Gumains se seraient

1. Strabon, XIV, ii, § 10. Cf. BusoU, Griech, Gesch., 1, p. 395. Sur sa situation ▼oyez Gapasso, Napoli o Palepoli, 1855, p. 2; et Pais, Slor. di Roma, ii, p. 472.

2. Lutat. apud Philarg. in Virg., Georg,^ IV, 564. Mommsen (C. /. I., vol. X, 170)

trouvés dans la nécessité de redonner Tessor à celte colonie, pour empêcher probablement que d'autres peuples ne vinssent s'y installer et y créer un débouché qui paralysât leur propre commerce. La nouvelle ville s*étendit aux pieds de la colline Pizzofalcone, le long de la mer, et elle fut peuplée par les Gumains et par un noyau de Pithécusains ; on lui donna le nom de Neapolis(l). Aux colonisateurs de la première heure, d'autres s'ajoutèrent successivement : un nouveau contingent de Ghalci-» diens (2), puis des Athéniens (3), et la ville, grâce à son heureuse position, prospéra rapidement.

Affranchie vers 450 du joug de Gumes, elle subit tour à tour rinfluence d'Athènes et de Syracuse, échappant néanmoins à toute domination. Entre 420-390, menacée par les Samniles, qui avaient envahi la Gampanie et s'étaient emparés de Gapoue (Vulturnum) et de Gumes, elle dut subir leur ingérence militaire (4). Les Samnites occupèrent probablement vers 390 l'ancienne Parthénope dont ils firent une citadelle, destinée à tenir les Napolitains sous leur joug (5).

Le monnayage napolitain commença vers 460-450. Le dessin des didrachmes appartenant aux premières émissions est maigre et dur (6) ; on y voit deux types, l'un à la tète de Pallas, coiffée du casque athénien, à calotte sphérique ornée d'une guirlande

met en doute le récit de Lutalius ; mais celte tradition semble avoir un fond de vérité. Voyez £. Pais, Slor, délia Magna Grecia, et G. de Pelra, Le origini di Napoli, R. Acad. Arch.j Naples, 1903.

1. Strabon, V, iv, 7, — Lutat., loc, cil, — Scymnus de Chios, 251-252. — Plin., N, H,, UI, IX, 62 : « Neapolis Chalddenaium et ipsa Parthénope a tumulo Sire^ nis appellaia ».

2. Strabon, V, iv, 7. J'ai proposé de voir dans ces Chalcidiens un noyau de Rhegiens abandonnant leur ville après l'expulsion d'Anaxilaus. (Le Vicende poliliche di Neapolis, Acad., Naples, 1903.

3. Strabon, V, iv, 7. Un fragment de Timée de Tauromenium mentionne l'arrivée à Naples d'un amiral athénien, Diotime, et l'institution des courses aux flambeaux, fieloch {Campanien, p. 28) et Ë. Giaceri, VAlessandra di Licofrone, p. 240 mettent vers 440 la colonisation attique de Naples; ils mettent en relation avec l'ingérence attique le nom de Phalërc (Lycophron, Aiexand., v. 717, 721. Etienne de Byzance, 4»a- >T)p). De Petra, origini di Neapolis, pense que Diotime vint à Naples vers 426-425. Voyez aussi L. Gorrera, Le più antiche moneio di Napoti, 1902.

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