‹ Les monnaies antiques de l'ItalieChapitre 141 sur 362 · Strabon, V, iv · texte numérisé non relu

Strabon, V, iv

5. A. Sambon, Le Vicende poliliche di Neapolis, Acad, Arck. Napoli, 1903.

6. Presque partout, vers 450-440, lart italique subit un recul et devint maigre et dur. Les exemples athéniens donnèrent un nouvel essor artistique.

d^olivier^ Tautre à la tête féminine, la chevelure ceinte d'un bandeau et relevée derrière ou tombant en chignon bursiforme sur la nuque. Ces deux types furent créés vers la même époque et parfois on en faisait un usage simultané (cf. n»* 318 et 369). La tête féminine (la Sirène Parthénope) a été probablement calquée sur celle des monnaies de Syracuse (style de transition^ règne de Hiéron 1*'). Le taureau androcéphale qui se voit au revers de toutes ces pièces est d'un dessin analogue à celui des derniers didrachmes de Laos et de quelques monnaies poseidoniates antérieures à 450. Il représente probablement le dieu fluvial AchéloUs, père des Sirènes (1).

L'inscription de Tethnique est, dans sa forme complète, >VEOPOAITEZ» souvent rétrograde ou boustrophédon, quelquefois commençant en ligne horizontale à Texergue et se terminant en colonne verticale (xtovr^Scv). Sur la monnaie la plus ancienne au type de la tête d'Athéna, on lit à l'avers : NBOPOAIJIKON (rétrograde) = « frappe napolitaine », et, au revers, A^EOPO- AITEZ (rétrograde) = peuple napolitain. Vers 430-425, nous trouvons la terminaison en HZ ; à cette époque aussi commença l'usage du dialecte dorique (n® 373).

Ces monnaies suivent le système phocéen et leur poids balance entre 7 gr. 66 et 7 gr. 34.

De petites monnaies (oboles, ^ oboles et quarts), dont quelquesunes remontent aux premières années du monnayage, nous montrent des types identiques à ceux qui ornaient les pièces de Gumes vers 460 : d'un côte, la tête de Pallas coiffée du casque corinthien ou seulement un casque corinthien; de l'autre, un

1. Ovid., MeL, XIV, 87-88 : Aeheloiadum Sirenum; SU. UaL, XII, 33-34 : Parthénope Acheloias, On a fait remarquer que les Teleboi qui s'établirent à Gapri (Virg., Aen., VU, 733-5; Tac, Ann., IV, 67) se retrouvent dans les petites îles (Teleboides), entre l'Acamanic et l'ile de Leucas (Plin., Hist, Nat., IV, xn, 53). Il est intéressant de constater qu'au iv^ s. Naples avait encore des rapports commerciaui avec TAcarnanie, car les types de quelques monnaies napolitaines de cette époque imitent ceux des monnaies de l'Acarnanie (n»» 419-422) cf. Imhoof-Blumer, Mûnzen die Akamaniens, N. Z. Wien, 1878, p. 14.

La représentation du taureau anthropoïde est fréquente sur le monnayage sicilien; en Italie nous pouvons citer un didrachme incus de la ville chalcidienne Rhegium (vers 500) et les monnaies de Laos. Un didrachme métapontin de la première moitié du v« s., à la légende A^eXoio aeOXov rappelle des jeux institués en honneur de ce dieu, qui eat représenté sous forme humaine, le front garni de cornes.

coquillage (le mytilus gallo-provincialis) (n*' 397-402). Une seconde série, plus nombreuse, présente, à l'avers, la tète de Pallas coiffée du casque corinthien ou une tête féminine et, au revers, la partie antérieure du taureau androcéphale dans l'attitude de la nage, comme sur les litrae de Gela (n'" 403-419).

Cette protomé du taureau androcéphale se voit également sur un didrachme de la collection de Luynes (didr. phocéen de 7 gr. 60). Au lieu du nom du peuple, on y lit celui de la ville, JH0nH3N, en dialecte ionique (n° 317). Il paraît avoir élé frappé vers 460 et offre une grande ressemblance avec des monnaies de Gela. L. Sambon et Head Tout exclu de la série napolitaine (1) et en effet le style est différent de celui des monnaies primitives de Neapolis. S*il est napolitain, sa frappe a dû dépendre de circonstances exceptionnelles où la ville de Gela aura joué un rôle important.

Nous venons de citer un didrachme de Neapolis frappé vers 450 av. J.-G. au type de la tête d*Athéna, le casque orné d*olivier, entourée de l'inscription ^EOPOAITIKOWj ©t nous y avons vu une allusion aux premières luttes entre Athènes et Syracuse.

D'autres monnaies d'une époque plus récente attestent l'influence athénienne sur Neapolis, affranchie probablement à cette époque du joug de Cumes et des Syracusains. Ces pièces se divisent en deux groupes : les unes, de dessin maigre et dur, semblent appartenir aux années 430-425 et répètent à peu près les mêmes types du didrachme à la légende ^EOrOAITIKO^; les autres, d'un joli dessin attique, où Tinfluence de Thurium est manifeste, peuvent être attribuées aux années 415-350(2).

1. L. Sambon {Recherches j p. 142) écrit : « Le style de ce didrachme rappelle celui des anciennes monnaies de Syracttse et de Gela. Cest aussi pourquoi la légende NEHPOAIZ fait peut-être allusion à Vune des vicissitudes politiques de Gela dont V histoire ne fait pas mention. J'ai possédé longtemps un charmant diobole de Naxos avec la légende NEOPOAI — (aujourd'hui au G. de Berlin) — au sujet duquel on ne peut faire aussi que des conjectures ». Garrucci {Italia Anty p. 83.), Bechtel {lonische inschriften, p. 2) et de Petra (La data di due monete greche. Atli del congresso storico, Roma 1903) la croient napolitaine, ie ne puis souscrire à l'opinion de de Petra qui la croit frappée en 424 av. J.-G.

2. Un fragment de Timée de Tauromenium, qui écrivait pendant la première moitié du iii^ s., nous apprend que Diotime, amiral athénien, vint à Naples pendant la guerre entre Athènes et Syracuse, et, sur Tordre d'un oracle, fit faire des sacrifices à

Je me demande mâme s*il ne faille pas écarter complètement Tidée de rinûuence attique pour ces dernières et y voir seulement Pinfluence de Thurium qui avait abandonné la politique athénienne. Quelques-unes de ces monnaies sont de dessin sommaire et nous verrons qu'elles furent frappées en grande partie par les Samnites- Campaniens, soit dans des ateliers voisins de Neapolis, soit à Naples même.

La première série présente d'un côté la tête d'Athéna coiffée d'un casque à calotte sphérique et sans aigrette ; au revers, le taureau androcéphale debout. Nous y voyons souvent dans le champ un épi de blé ou un grain d'orge, indices de la fertilité du sol, comme sur la monnaie de Gumes, qui, à la même époque, meltait sur toutes ses émissions un grain d*orge. L'inscription est souvent répétée des deux côtés, comme sur les monnaies primitives; cette inscription est tantôt en dialecte dorique, NEOPOAITAl (1)> tantôt en dialecte ionique, NE0P0AITH2; elle est tantôt rétrograde, tantôt en deux lignes allant en sens inverse (boustrophédon}, la terminaison étant superposée.

La deuxième série se compose de monnaies de joli style, inspirées des remarquables monnaies des graveurs Histor et Molossos de Thurium, quelques-unes même peuvent-être mises à côté des œuvres de ces maîtres sans que la comparaison leur fasse du tort. Les inscriptions sont NEOPOAITE^, NE0P0HTE5, NEOPOAITHZ; le retour aux lettres P, E long et S étant dû à une affectation d'archaïsme qui semble prévaloir à cette époque (2).

la Nymphe Parlhénope et institua la course aux flambeaux selon les rites athéniens. Thucydide (1, 45) mentionne un amiral de ce nom peu avant la guerre du Péloponèse et on a proposé d'interpréter le fragment de Timée comme faisant allusion à une ambassade envoyée p ur décider les Napolitains à prendre part à Tcxpédition contre Syracuse. De Petra (Le origini di Napoli, R. Acad. Arch. Nai.oHj 1903, p. 9) pense que Diotime vint à Naples vers 426-425 et voudrait faire coïncider avec cette date le commencement du monnayage napolitain au type de TAlhéna Thurienne. Mais Thucydide (VI, 88; cf. VI, 103; VII, 53, 5i) nous apprend qu'une trirème athénienne visita la côte campanienne pendant l'hiver 415-414 av. J.-G. et la seconde série au type de Pallas me semble dater de cette époque ; après 410 il ne faut pas donner à ce type une signification d'ingérence athénienne, il faut plutôt le mettre en relation avec l'importance de la grande colonie panhellénique Thurium.

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