PREFACE
Les principes de la numismatique de lltalie ancienne ont été posés magistralement par Eckhel dans sa Doctrina numo' rum veteriim^ dont la première partie parut, à Vienne, en 1792. Un nouveau recueil des monnaies de Tltalie a été publié peu après par un savant napolitain, Fr. M. Avellino : Italiae vêteris numismatay 1808, — ad volumen I supplementum 1814. En même temps (1812), un collectionneur, le chevalier Fr. Carelli, publiait, à Naplés, la première édition de son ouvrage devenu célèbre : Nummortim veterum Italiae description qui a été réimprimé, plus complet et avec des notes d' Avellino, en 1834. Plus tard, en 1839, parut le travail des PP. Marchi et Tessieri sur Vaes grave italique.
Sous rinfluence de ces efforts multiples, les savants de tous les pays commencèrent à se passionner de cette branche delà numismatique. Un archéologue anglais, James Millingon, qui avait longtemps séjourné en Italie, mérite d'être cité en premier lieu pour ses : Considérations sur la numisma^ tique de Fancienne Italie (Florence, 1841), et tous les histo-
Il PRÉFACE
riens ont profilé de ses précieux enseignements. En France, Raoul-Rochette et le duc de Luynes s'intéressaient vivement aux mêmes études.
En 1850 parut, à Leipzig, une troisième édition de Touvrage de Carelli, contenant 202 planches, et dont les descriptions sont dues à la plume d'un des plus savants numismates de l'époque, l'abbé Celestino Cavedoni, bibliothécaire et professeur à l'Université de Modène. Cavedoni y apporta l'important appoint de son érudition, mais sans presque rien changer aux planches de Carelli. A la suite de cette publication, Tétude des monnaies italiques et de la Grande-Grèce fit des progrès rapides : en Italie, les dissertations de Minervini et de Fîorelli, en France les écrits de Ch. Lenormant, du duc de Luynes, de Longpérier; en Allemagne ceux de Julius Friedlânder et surtout de Mommsen, qui, après quelques essais pleins de promesse, fit paraître en 1860 son Histoire de la monnaie romaine (édition allemande), dont la première partie contient une synthèse admirable de toutes ces questions.
Plusieurs séries avaient été étudiées à fond, des idées géniales avaient ouvert des voies nouvelles; en même temps Tétudc de la métrologie qu'Eckhel avait jugée impossible, fut reprise par Vasquez-Queipo (1859), Mommsen (1860-1865), et Brandis (1866). Il était temps de résumer leurs travaux et de tenter enfin un classement général des monnaies par ordre chronologique. C'est là le principal mérite du livre de L. Sambon {Recherches sur les monnaies de la presqu'île italique^ Naples, 1863 et 1870), ouvrage très consciencieux et basé sur l'étude de nombreuses trouvailles que l'auteur avait eu le rare privilège de posséder. Son travail donna une nouvelle impulsion: les trouvailles furent examinées avec plus de soin et les musées commencèrent à rédiger des catalogues raisonnes. C'est encore de Naples cjue vint l'exemple : Fiorelli en 1866 et 1870, publia les catalogues du musée Bourbon (Collection Santangelo et Ancien fonds) dont Avellino avait déjà commencé la rédaction. En 1 873, Foole suivit avec son catalogue :