PRÉFACE III
Greek coins in the Britkh Muséum. — Itaty\ en France, un brillant écrivain, François Lenormant, commençait la publication de son traite : La monnaie dans F antiquité (1879) et, sous forme de souvenirs de voyage, son étude sur la Grande- Grèce (1881), si riche en idées intéressantes.- A la même époque, un savant suisse, Imhoof-Blumer, commençait à prendre une place considérable dans le domaine de la numismatique antique et publiait avec une rare exactitude les monnaies inédites de la Grande-Grèce, portant un coup décisif à.la méthode surannée de confondre Thypothèse avec le vrai dans des dissertations alourdies par des éléments inutiles et ambigus.
L'affluence des matériaux nouveaux détermina un savant jésuite, le P. Garrucci, à la rédaction d'un recueil conçu sur le plan de l'ouvrage monumental de Carelli et de Cavedoni ; la mort le surprit (6 mai 1885) au moment même oii il faisait imprimer les dernières feuilles, et l'ouvrage parut à la fin de Tannée 1885. Garrucci y fait preuve d'une grande érudition ; mais il s'est laissé entraîner à des hardiesses singulières dans le domaine épigraphique, et la confusion dans les poids et les provenances des pièces qu'il décrit, est très gênante. Il n'a tenu aucun compte du classement chronologique des monnaies; il a ignoré les travaux de Hultsch sur la métrologie grecque Tels sont les justes reproches qu'on peut lui faire et que l'on trouvera dans les articles critiques de Percy Gardner {Num. Chron., 1886, p. 168), H. Dressel {ZeiL fur Num,, t. XIV, 1887), et A. J. Evans {The horsemen of Tarentum, p. 5). Malgré cela, l'œuvre de Garrucci a fait faire un pas considérable à l'étude de la numismatique de l'Italie antique.
Dans cette courte revue des ouvrages qui ont marqué les étapes successives de nos progrès, il ne nous reste plus qu'à citer le volume de Head : Historia Numorum^ où est résumé avec une grande clarté Tétat de nos connaissances en 1887, puis l'excellent mémoire de M. A. Evans : The horsemen of Tarentum (1889).