VII. — IRNTHIENS
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Guerriers italiques sur un Tase du iv*-iii* siècle av. J.-G.
(Cames oa Palaepolis).
L'histoire de l'occupalioa de la Campanie par les Samniles est presque inconnue et nous ignorons absolument quelles étaient, à l'époque de cette invasion, les conditions de la majeure partie des villes campaniennes.
Cumes semble s^étre trouvée souvent en antagonisme avec sa propre colonie, Naples, et, à différentes reprises, les deux villes furent asservies à Tun des puissants peuples qui se disputaient Thégémonie sur les côtes de la iMéditerrance. Syracuse, dans sa lutte contre Athènes, n'avait pas pu étendre son influence en Campanie autant qu'elle Taijirail voulu ; mais elle y avait assez de puissance pour arrêter, à son tour, les ambitieuses visées de sa rivale, qui, pour quelque temps, entraîna Naples dans le rayon de son influence.
Des auteurs anciens (1), évoquant de lointaines et confuses traditions, nous parlent d'une domination étrusque en Campanie, domination encore redoutable vers la seconde moitié du v« siècle, surtout à Vultumum, et qui aurait été enrayée par les Sam-
1. Veil. Paterculus, I, vu; cfr. K. 0. MOller, Die Elrusker, EinL, W, !; t. I, p. 168. — Strabon, V, p. 242. — Polybe, II, xvii, 1. — Pomp. Mêla, II, iv :
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niles(l). Ces rudes moatagaards se seraient emparas d'abord de Vulturnom — en 438 av. J.-C. selon les uns, en 424 selon d'autres annalistes — surprenant par un stratagème habile la garnison étrusque (2).
Sans nier, avec Niebuhr, le fait d'une lointaine occupation étrusque, il nous faut considérer les peuples occupant ces régions comme n'ayant, vers la seconde moitié du v* siècle, aucun rapport militaire avec TÉtrurie et formant déjà une race à part, qui, offrant une faible résistance à l'invasion, se fondra aisément avec la race sabellique (3) ; il apparaît clairement que, grâce à l'influence du commerce étrusque, prépondérante jusque vers le milieu du v« siècle, les vestiges de traditions étrusques se propagèrent jusqu'en plein iv^ siècle. Nous en avons la preuve dans le mon-
Capua a Tiucis.... condita. — Tite-Liye, IV, 37. — Galon (apud Velleiam, I, 7), dit que Gapouo et Noia furent fondées par les Êlrusques vers 470 av. i.-C. ; mais rette assertion, en contradiction aiec d'autres textes, est en elle-même très inYmisemblable quand 03 pense aux conditions des Étrusques après la bataille de Cumes.
1. Pais croit que les Samnites, ayant détruit la Vulturnum des Étrusques, ont fondé la ville de Capoue (aujourd'hui Santa Maria Velere), à quelque distance de Vulturnum, et que Tancienne ville devenue un bourg sans importance ait pris le nom do CasUinum (la Capoue d'aujourd'hui) qui, d'après l'étymologie donnée par Varron pour Casinum, pourrait signifier « l'ancienne ville ; » le fait que les grammairiens et les annalistes romains cherchaient à tirer de l'osque ou du latin (a campestri agro) le nom de Capoue serait en faveur de cette attribution , mais il se pourrait que les Samnites eussent simplement déplacé le mouvement politique et commercial en faveur d'un ancien établissement grec qui portait déjà le nom de Kaicvx.
2. Le même trait légendaire est répété pour VoUiniei (Valère-Maxime, IX, 1 Plorus, I, xxi; Zonaras, Ann,, Vlll, yii ; cfr. Miebuhr, Rôm, GeschicfUe, I, 124; III, 546; Strab., p. 2*2; Liv., IV, 37).
3. Les partisans d'une domination étrusque en Campante jusqu'à l'invasion Samnite, ont recueilli patiemment tous les textes littéraire^ et toutes les traces d'éléments étrusques en Campanie. 0. MQller a commenté les textes littéraires et réuni un premier noyau d'éléments campano-étrusques \ Stein {De Capua velere,, p. 35) a indiqué les dénominations locales communes à TÉtrurie et à la Campanie; Raoul- Rochettc, Fouilles de Capoue {Joum, des Savants^ 1853, p. 1-16) a signalé les traditions campaniennes qui semblent avoir une origine étrusque et les noms étrusques latinisés dans des inscriptions latines de Capoue (Felsioius — Velleius — Lartius — Maecenas -:- Volumnius) ; d'autres ont publié des vases de terre cuite trouvés à Nola ou à Capoue "et même à Sucssula, S. Agata de Goti et Cumes portant des graffiti composés d'éléments étrusques ou mi-osques, mi-étrusques (Lepsius, Inscr. umbr. et ose, tab. XXVI, n. 33, p. 83. — Mommsen, VnleritaL Dialekle, taf, I, n. 14-15. — von Planta, Gramm. d. osk.-umbr, Dialekle, II, 527-330, 638-639), et je citerai un nouvel exemple : un vase archaïque de la coll. Canessa trouvé à Capoue et portant le graffito A\\V4 A • U y a quelques années, on a trouvé à Capoue
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Dayage des Hyriètes et des IrnthieDs, dont les légendes sont composées eu partie d'éléments étrusques^ — dans le goût artistique des industries locales, — dans le plan de construction de villes* comme Pompéi qui rappellent les plans des villes étrusques. Même les monnaies à légende osque de Gapoue, au up siècle av. J.-C, mélangent des éléments grecs, étrusques et latins.
L'effort le plus sérieux pour arrêter l'invasion des Samnites aurait été fait par les Gumains, et les envahisseurs, au dire de Strabon (1), se seraient vengés cruellement, vers 428 ou 420. Strabon (2) nous apprend aussi que Naples même, probablement quelques années plus tard, dut subir le joug des Samnites.
L'invasion Samnite parait donc avoir été facilitée par les jalousies et les discordes des villes campaniennes, par la lutte absorbante entre Athènes et Syracuse, par la lenle infiltration, en Gampanie, de Samnites serfs ou mercenaires à une époque antérieure (3).
Il y a grand intérêt à suivre de près les indices fournis par les monnaies, sur le- mouvement commercial et sur l'organisation politique des Samnites en Gampanie; c'est pourquoi j'ai cru utile de grouper ensemble toutes les monnaies campaniennes de ce peuple, contrairement à la classification adoptée par mes devanciers.
Nous avons déjà étudié une série de monnaies qui nous sera-
une plaque en terre cuite publiée par Buecbeler dans le Rhein, Mus., 1900, p. 1-8, et ayant une longue inscription étrusque de la seconde moitié du v« siècle ou du commencement du iv*; mais Tauthenticité de cette pièce n'est pas au-dessus de tout soupçon. Ces indications peuvent pourtant s'expliquer également par Tinfluence du commerce étrusque.
D*un autre côté, si TÉlrurie avait dominé au ▼* siècle une partie de la Gampanie, cette domination aurait eu son poids dans la lutte avec Gumes, et les fouilles de Gapoue nous auraient fourni des éléments étrusques autrement nombreux. JusquUci on n'a trouvé en Gampanie aucun monument officiel des ^4rusques et si le goût du luxe étranger peut expliquer la physionomie essentiellement grecque du mobilier des tombes capouanes, avant la domination Samnite, une occupation militaire étrusque aurait conduit dans la ville un nombre assez considérable d'Étrusques pour que nous trouvions dans quelques tombes des traces de ces inscriptions votives (A^AIOVM ou autres), si fréquentes dans les nécropoles d'Étrurie et d'Ombrie.