C. de Berlin, 6 gr. 38. — C. de France
Lorsque, en 304 av. J.-C, les Samnites, pour la seconde fois, furent contraints de déposer les armes, la Gampanie était virtuellement sous la domination romaine; mais longtemps encore Rome hésita à imposer trop sévèrement ses lois, et les dangereuses luttes contre Pyrrhus d'abord et contre les Carthaginois ensuite l'obligèrent à laisser à la plus grande partie des villes campaniennes un semblant d'indépendance et à chercher de se les attacher autant par l'intérêt que par la crainte.
Les annalistes romains du siècle d'Auguste nous donnent un résumé confus et peut-être môme peu sincère des événements de celte époque. Voici les faits saillants de la narration de Tite- Live : L'ancienne ville étrusque de Vulturnum est occupée par un stratagème des Samnites et prend le nom de Capoue; les en*» vahisseurs se mélangent avec la population osque. En 343 av. J.-C, les Sidicins invoquent le secours des Campaniens contre le Samnium; mais ils sont vaincus dans la plaine qui s'étend aux pieds du mont Tifate, et Capoue, menacée à son tour, est contrainte de se mettre sous la protection de Rome. Cela ne l'empêche pas de se ranger peu après du côté des Latins révoltés. Une victoire des Romains, aux pieds du Vésuve, oblige Capoue de se soumettre définitivement; les Romains lui enlèvent le célèbre Falernus ager\ ils récompensent les équités^ qui s'étaient déclarés en faveur de Rome, en leur accordant le droit de citoyens romains^ et punissent les autres habitants en déclarant la ville civi* tas sine suffragio. En 318-314 av. J.-C, les Romains, profitant des discordes de la ville, décrètent d'envoyer chaque année à Capoue des « praefecti iure dicundo » (1).