‹ Les monnaies antiques de l'ItalieChapitre 340 sur 362 · Ut. vu, 29-37; VIII, 14; IX · texte numérisé non relu

Ut. vu, 29-37; VIII, 14; IX

Mommsen, tout eo rejetant une partie du récit de Tite-Live, admet la deditio de Tan 343 et l'enyoi des préfets romains en 318; mais d'autres historiens pensent que la soumission de Capoue « urbs maxima opulentissimaque Itaiiae » en 343 av. J.-C. est impossible dans les conditions indiquées par Tite-Live, et ils supposent que, contrainte de prendre nettement parti pour Rome, elle put néanmoins stipuler à cette époque un traité d'alliance — foedus aequum — et que ce traité fut respecté jusqu'à l'époque de la bataille de Bénévent et de la prise de Tarente en 272; même jusqu'au temps de la guerre contre Hannibal. Du reste» Tite-Live se contredit et parle d'abord de Capoue comme d'une eivitas sine su/fragioy puis comme bénéficiant du foedus aequum (1), et on peut penser que dans l'histoire de la récompense des équités et de la punition de la plebs^ il y a simplement une notion confuse de l'appui donné par Rome à l'aristocratie de Capoue. La même incertitude règne sur la date de l'établissement des préfets romains. Il est impossible d'admettre celle fixée par Tite-Live, car les monuments indiquent que Capoue conserva jusqu'en 211 av. J.-C. son organisation municipale sous l'autorité de ses propres magistrats, dont le chef était désigné par le nom de Meddix Tuttcus. Dans la guerre samnite de l'an 310, les Campaniens, sûrement en qualité d'alliés, eurent une part considérable du butin, et, dans celle contre Pyrrhus, leurs milices étaient commandées par leurs propres chefs. Le monnayage à légende osque, très abondant et dont les types font allusion soit à de pompeuses légendes nationales, soit au concours des Campaniens dans les victoires contre Pyrrhus, montre aussi que, après le départ du roi épirote, Capoue, loin d'être opprimée, jouissait de presque toutes les franchises d'une ville libre.

La pièce la plus significative à ce point de vue est le biunx au revers des deux guerriers prêtant serment, selon la coutume osque et sabellique, sur un jeune porc. Ce type rappelle le nummus aureus à la légende ROMAi qui fait allusion au /bsdia campanien, monnaie qui est classée par les uns avant 286 (Haeberlin), par d'autres vers 268 (Head), par d'autres encore vers 217 (Babelon). L'explication de ce type sur la monnaie de Capoue est à rechercher

1. LiT. XX IH, 59. ~ Voyez à ce sujel : Pais, Sloria di Roma.

CAt>OUE

parmi les exemples analogues de l'Italie méridionale, tel que le célèbre didrachme frappé à LocreH après 277 av. J.-C. et portant les légendes AOKPHN — TTI2TI2 — POMA* Le même type du serment se retrouve sur les deniers romains de T. Veturius et sur les deniers de la guerre sociale.

Longtemps, sur Tautorité de Charles Lenormant, Raoul- Rocbetto, Millingen et Mommsen, on a attribué en masse, à Capoue, la monnaie d'argent de style campanien portant la légende ROMANO ou ROMA; tout récemment encore, le D' Haeberlin (1) attribuait la totalité de ce monnayage à Capoue, en le répartissant ainsi :

En argent (didrachme de 7 gr. 58).

1) Tête barbue de Mars, i^ Buste de cheval.

2) Tête d'Apollon. f{ Cheval et astre.

3) Tête d'Hercule. ^ Louve.

h 335—312 av. J.-C.

En bronze (litrae).

1) Tête de Minerve, i} Aigle.

2) Tête d'Apollon. ^ Lion.

3) Tête de Minerve, i^ Buste de

cheval.

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