PRÉFACE V
écart sensible entre les deux chiffres; cela veut dire qu'il est difficile de trouver ces monnaies en bon état, ce qui vient en général de la longue durée de leur circulation. S'il y a d'autres motifs de détérioration (frappe défectueuse, type peu relevé, surfrappes fréquentes), je l'indique avec soin.
A la fin du volume seront réservées une notice sur le monnayage italique et une sur celui delà Grande-Grèce, considérés dans leur ensemble; une revue bibliographique et plusieurs tables faciliteront les recherches.
Je suis heureux de renouveler ici le témoignage de ma vive reconnaissance aux savants et aux amateurs qui ont bien voulu m'aider dans mon travail en me fournissant des empreintes. Je sens le devoir de mentionner spécialement MM. Babelon et de la Tour du Cabinet de France, MM. Head etHill du Cabinet de Londres, M. Ambrosoli, conservateur delaBrera, à Milan, et M. Pais, conservateur du Musée de Naples.
Miroir étrusque de style archalstique.
Chimère en bronze trouvée à Arezzo (Musée de Florence).
L'Étrurie est arrivée à un très haut degré de civilisation et cette civilisation s'est maintenue pendant six siècles, s*assimilant les créations les plus géniales ou les plus utiles de l'Orient et de la Grèce, et luttant en même temps contre une ii;ivasion directe de rhellénisme. Mais si, chaque jour, de nouveaux monuments viennent nous éclairer sur Timportance de cette civilisation italique et nous renseigner sur les coutumes et les usages de ce grand peuple, nous ne possédons malheureusement sur l'histoire politique des Étrusques que des textes épars où il n'est parlé d'eux qu'incidemment et à l'époque de leur déchéance complète. La puissance des Étrusques commence à être sérieusement atteinte au début du v* siècle. Affaiblis par leurs propres dissensions et par le manque de cohésion dans leur organisation politique; harcelés par les tribus pillardes des Ligures ; menacés au nord par les Gaulois, assaillis par Syracuse qui leur dispute l'hégémonie commerciale et politique en Gampanie et le long des côtes de la mer Tyrrhénienne, les Étrusques ne peuvent faire face, à la fois, à tant d'ennemis et peu à peu leur puissance s'évanouit. Us tentent un dernier effort en Gampanie, essayant avec l'appui de leurs anciens alliés, les Garthaginois, de s'empa-
rer de Gumes (479 av. J.-C), devenue un des centres les plus importants de rhellénisme; mais la flotte étrusco-carthaginoise est repoussée par Hiéron de Syracuse et cette défaite met fln à la lutte. La victoire du tyran de Syracuse a un grand retentissement en Italie et en Grèce et Pindare célèbre la ruine de TÉtrurie. Les Samnites, entreprenant la conquête de la Gampanie, continuent à détruire Tinfluence étrusque, jusqu'à ce qu'un nouveau et plus redoutable ennemi vienne achever la ruine de ce peuple.
C'est surtout vers la fin du iv* siècle que la lutte entre Rome et rÉtrurie devient critique. L'Étrurie, démoralisée, toujours divisée, perd successivement la plupart de ses places fortes ; trop tard, vers 300 av. J.-C., s'alliant aux Gaulois et aux Samnites, elle cherche à arrêter cette invasion préparée de longue main. Elle tente un dernier effort, de 283 à 281 av. J.-G., mais vainement ; et à partir de 280 le nom des Étrusques ne figure plus sur les listes des triomphateurs romains.
Le monnayage étrusque ne date que du commencement du V* siècle ; la classification des monnaies est encore incertaine (1).
Écartant soigneusement les hypothèses trop hardies, je me suis occupé surtout à grouper ensemble les monnaies offrant les mêmes caractère^ de style et de poids; à la description de chaque pièce j'ai ajouté tous les renseignements qu'il m'a été possible de recueillir sur sa provenance, et j'ai pris à tâche de donner des dessins plus exacts que ceux qu'on a publiés jusqu'ici, avec une planche en phototypie de quelques-uns des plus beaux exemplaires connus.
Ge n'est qu^en continuant patiemment ce travail qu'on pourra arriver à une classification qui, aujourd'hui, semble encore prématurée.
Voici comment je crois pouvoir grouper ces monnaies :
1. On a proposé les clasBements les plas disparates. Voyez principalement : L. Sambon, Recherches, Naples, 1863 et 1870; Gamurrini, Periodico Slrozzi, 1874, année K/; W. Deecke, Etruskische Forschungen, Heft 11, 1877; Head, Historia Numorum^ 18S7; Dressel, Catalogue de Berlin, 1884. Garnieci, dans une longue dissertation, Monele delV Italia antica, p. 43-46, examine minutieusement les trois questions du classement géographique, du classement chronologique et des systèmes monétaires ; mais ses conclusions sont très souvent fantastiques, et il n*est pas prudent de le suivre de trop près.
ÈTRURIE
MONNAIES D'OR