V. — Cosa Volcientium (m* s
Placage d*un char étrusque du vi* s. (Coll. Dutuit).
Dessin au Irait sur une ciste étrusque du iii« s.
MONNAIES D'OR
I. — Pendant presque tout le vi« siècle, le numéraire des marchés étrusques se composait de monnaies étrangères, spécialement de celles d'Asie Mineure, et il en a été trouvé un certain nombre dans différents endroits de TÉtrurie (1).
A côté de ces monnaies étrangères on se servait probablement de petites lentilles d'or, donnant une échelle proportionnée de poids, mais n'ayant aucun type, et de lingots informes d*aes rude ou de morceaux taillés dans ces lingots (2).
II. — Les premières monnaies en or, avec type en relief, furent frappées, vers le commencement du v«; elles sont à revers lisse et montrent, à l'avers, une tête de lion, la gueule ouverte, la peau se contractant, le poil hérissé, type que nous retrouvons sur des monnaies d'Asie Mineure et de plusieurs colonies phocéennes (trésor d'Auriol). Ce type, du reste, tenait à cette époque une place importante dans l'art décoratif et dans le symbolisme religieux des Étrusques (3).
1. Le commerce phocéen s'est surtout répandu sur les côtes de la Ligurie et dans le voisinage des bouches de l'Amo. Voyez Periodico Slrozzi^ VI, fasc. Il, une intéressante trouvaille faite à Volterra, contenant des monnaies étrusques en or et soixantequatre pièces en argent d'Asie Mineure ou massaliotes (types du trésor d'Auriol), étudiée par Gamurrini ; mais on en trouve isolément de très anciennes. Voyez Deecke dans MuUer, Etrusker,
2. Les as les plus lourds de la série étrusque, émis probablement pendant la première moitié du iv« s., pèsent 206 gr.
3. Voyez les ornements en bronze du V]« s. : extrémité de timons de char, poignées appliques (Froehner, Coll. Dutuil). Comparez aussi une monnaie du trésor d'Auriol (H. de la Tour, Allas, pi. I, 292).
Ces monnaies d'or portent des marques de valeur : 4, =: 50 (2 gr. 85) - AXX = 25 (1 gr. 42) - >||X = 12 1/2 (0 gr. 72), et leurs poids, divisés par les indices de valeur, donnent un poids d*or unitaire de 0 gr.057, qui équivalait àOgr. 85 d'argent (litra) et à 213 gr. 75 de bronze (1), si, comme on a tout lieu de croire, le rapport entre les métaux était de 1 : 15 : 250.
III. — Une autre série de monnaies d'or porte les marques de valeur : AXX = 25 (l gr. 40) et X (0 gr. 57). On trouve ces pièces surtout aux environs de Populonia; elles sont à revers lisse et ont pour type une tête juvénile. Les premières émissions sont de style grossier; les plus récentes d'un style très gracieux, influencé probablement par les monnaies massaliotes du milieu du iv* siècle (2).
Elles ont évidemment une valeur nominale égale à celle des pièces à la tète de lion ; mais dans les dernières émissions on constate une forte augmentation de Faloi d'argent qui donne à For une couleur pâle.
Cette série doit être rapprochée de celle en argent que nous décrirons au § XV.
IV. — Garrucci a indiqué dans le Supplément de son ouvrage (Monete del l'Italia antica, p. 185) une monnaie d'or de la Coll. Strozzi de Florence, ayantd'un côté un hippocampe et l'indice A ; de l'autre^ des étoiles. Je n'ai pas pu examiner cette monnaie; je ne puis donc pas me prononcer sur son authenticité. La sigle A» pour un poids de 2 gr. 75, montre qu'on a voulu indiquer la valeur en argent, et, sur la base d'un rapport entre l'or et l'argent de 1 :15, elle indiquerait des didrachmes du système euboïque affaibli (8 gr. 25). Il est vrai que dans la série des monnaies d'argent à l'hippocampe nous trouvons quelques pièces appartenant au système euboïque (drachmes et demidrachmes) et cet étalon semble avoir remplacé, pendant le iv® s., l'étalon perse.
1. M. Soutzo, Introd. à Vétude des monnaies de Vllalie antique^ ne tenant aucun compte du style des différentes monnaies, s'efforce de prouver qu'elles valaient toutes 50, 25, 12 1/2 as de 109 gr. 44 (as triental).