‹ Les Monnaies d'AthènesChapitre 108 sur 114 · LES BRONZES DK L'ÉPOQUE IMPÉRIALE · texte numérisé non relu

LES BRONZES DK L'ÉPOQUE IMPÉRIALE

sur lequel ce sujet est reproduit (i), et M. Gerhard a publié (a) le bronze d’Athènes que lîrôndsted a donné ensuite dans ses t'oynges et Recherches

en Orèce (3). Raoul Rochette, à son tour, a signalé le même sujet sur un bronze du M usée Wiczay, que ni Caronni ni Sestini n'avaient reconnu (4). .le renvoie à des monuiuenLs analogues dans les recueils (5); M. Gerhard donne, d’ailleurs, tous les détails désirables sur Minerve Musica. (fi).

I *• second groupe copié sur les bronzes de l'époque impériale, c'est la dispute de Minerve et de Neptune . non pas telle qu’elle était figurée sur le fronton occidental du Parthénon, mais telle que la retraçaient deux statues placées au niveau du sol, vers l’angle nord-est du Parthénon (7). J’ai retrouvé les fragments de ce groupe, qui était en marbre de l'Hymette, marbre qu’on connaît peu en Europe. Le pied de Neptune et un fragment d'olivier sont aujourd'hui parmi les marbres d'Elgin. Des débris plus considérables de l'olivier sont conservés à Athènes dans une citerne de l’Acropole. Je me suis efforcé jadis de déterminer l'attribution de ces précieux fragments (8), et la médaille d'Athènes vient confirmer cette attribution, en nous montrant quelle est l’inqiortance de l’olivier qui s'élevait entre Neptune et Minerve, l.a médaille a été dessinée pour la première fois par Stuart (9).

(i> Tonte 11. p. 27, la tignetle.

(?) Vrnrre-Proserpma , p. 10 et p. 7».

(3) Premier® livraison, p. lit H

(4) Mémoires de xnutunt. *( d'antig., p. 143. note 3.

(à) Winckclmann, Monuments inédits, p. 17; Recueil

de Tasffie, p. Il3,n* 1717; Elite des Monum. ceramoyr.,

I , pl. LXXI1I ; Gerhard, Etnuà, spu^et. pl. LIX et LXX.

<•) Gerhard, .Vy Mol., I,p. Pline, ffüf, nat.,

XXXIV, 19, 2f.

(7) Pau».. I. 24. * *

a) t. ’Aeiopok d.Ukents, t. I, p. 3.»0. M. dé l-tlmnlt* .% public un fragment «le l’oHvier ( le Mrthtnon, Planches, t. Il, nae).

(0) Edition fr»n*;»i»e, t. Il, pl. i7. Une cliannauic pierrè gravée, de la collection de M. le duc de Klacas, représente le même sujet : le magnifique camée du &• binet de Parut ed beaucoup plus célébré. La dispute «te Minent* et de Neptune e»t figurée egalement sur le* vases (Due de l.uynes, lare* étrusques rtçrees^ pl. ||, Elite des Mo», rrrtim.. t. I, p. 2»5).

Mi

l.es bronzes qui représentent la citadelle consacrée» Minerve, l'Acropole d'Athènes, sont presque aussi rares que les deux bronzes de la planche précédente, car le grotqre de Minerve et de Marsyas n'est encore connu que par un seul exemplaire. M. I.eake a publié les deux monnaies qui donnent l’Acropole vue du côté de In grotte de Pan et du côté du théâtre de Bacchus(i). f,a première existe au Musée britannique, au cabinet de Paris, au cabinet de Saint-Pétersbourg, dans la collection de M. le marquis de Lagoy, et dans une ou deux collections privées : je n’ai jamais rencontré la seconde ; c’est pourquoi je la lais reproduire d'après laplanchedeM. le colonel I,e»ke.

M. Postolacca , conservateur du Cabinet de l’Université d’Athènes, m'a communiqué l'empreinte d'un troisième coin , qui est dessiné à la droite de la planche qui précède. L'artiste grec a copié de la façon la plus inintelligente le coin primitif, qui montrait le côté septentrional de l'Acropole, la grotte de Pan et l’escalier. Au lieu de renverser son modèle, il l’a copié directement, comme s’il eût tiré une contre-épreuve, mettant à droite ce qui était à gauche, à gauche ce qui était à droite. Je n'ai pas besoin de dire que rien n'est moins raisonnable ni plus contraire à ce qui existe dans la nature : il ne faut voir là que la maladresse d'un graveur.

Si l’on considère la vue septentrionale de l’Acropole, telle que la retrace le premier coin, on retrouve les Propylées avec leur fronton, le colosse en bronze de Minerve, et leParthénon, avec sa toiture continue qu'aucune ouverture n'interrompt. Je me hâte d'ajouter que cela ne prouve point que le Parthénon ne fût point un temple hypèthre ; car toutes les monnaies

(I) ropography of Âthent, première édition, planche du frontispice.

LES BRONZES DE L'ÉPOQUE IMPÉRIALE. m

qui reproduisent des temples simplifient d’ordinaire le travail, au lieu de rendre tous les détails du monument. l.e colosse en bronze, œuvre de Phidias, est bien à la place qu'il occupait sur le rocher; les premières assises du piédestal existent encore et occupent fi mètres -fio centim. de long sur 4 mètres fio centim. de large (i). C’est cette statue dont la lance et l'aigrette se distinguaient de très-loin, après qu’on avait doublé le cap Sunium (a). Si l'on s’en rapporte à la médaille , la statue s’élevait beaucoup plus haut que le Parthénon. Cependant, je dois faire remarquer que l'Acropole n’est démasquée aux jeux des navigateurs qui reviennent en longeant les côtes de l’Attique que longtemps après qu'ils ont franchi le cap Sunium. La grotte de Pan est non-seulement très-reconnaissable, mais l’exemplaire du cabinet de Paris que j’ai fait dessiner nous présente le dieu assis dans sa grotte et jouant de la flûte (3). Ainsi, ce n'était point par une vaine fiction qu’Euripida montrait le dieu Pan faisant retentir les lumps Rochers du son de sa flûte et excitant aux danses légères les trois filles d’Agraule, dont le sanctuaire était voisin (4).

Enftn l'escalier, qui est rendu avec tant d'importance sur les deux coins, me parait le sujet principal ; peut-être est-ce à cause de cet escalier que la médaille a été frappée. J'ai exposé dans le cinquième chapitre de mon premier volume sur l 'Acropole d'Athènes (5) pour quelles raisons le grand escalier de marbre blanc qui conduisait aux Propylées a dû être restauré et remanié sous Adrien. Ce serait sous Adrien, que les monnaies commémoratives auraient été frappées. Quant au théâtre de Dacchus , qui devint à son tour l,e motif principal du troisième bronze, je ne saurais dire à quelle époque il a pu être restauré, embelli, au point que le souvenir de ces embellissements ait dû être retracé sur la monnaie. Ariobarzane Pliiloromæus l'avait fait reconstruire après la guerre de Sylla. Mais le bronze publié par M. l-eake remonte-t-il à l’an fio avaut J. C.? Je ne puis me prononcer làdessus, n’ayant point vu l’original. Agrippa fit restaurer l’Odéon de Péridés; Hérode Atticus fit lui-même construire un Odéon qui est encore delmut. Mais la monnaie d'Athènes représente bien le théâtre de ISacchus, avec la grotte décorée parThrasyllus qui le surmonte. Au-dessus, parait le mur de

Cl) L'Acropot* d'Alht nes,\ II, p. 307.

(?) Paus.,1, 18.

f3) L'Acropole d'Athnn. 1. 1, p. 143; <3. Il, p- M9.

(4) Ion, \en 49 cl HtmanL-i. Ce sujet e*l représente sur un ha«-relief que Ion conserve dan* les Propylée*. (4) Voyec surtout [war* H9et 130.

Cimon avec ses assises régulières. Le Parthénon domine le théâtre, et plus loin parait le sommet des Propylées, qui sont, en effet, à un niveau beaucoup plus bas que le Parthénon. I<e sentiment juste de la perspective qui préside à cette composition permet peut-être de l’attribuer à un meilleur temps et de penser au roi Ariobarzane.

Après Minerve, Jupiter, son père, figure sur des bronzes de l'époque impériale. f-es uns portent Jupiter Polieus ou Jupiter Très-Haut (5mm*), dont

Cécrops avait institué le cul te. Tous les deux étaient honorés jtardes sacrifices non sanglants (t). I/autel qui est dans le champ sera l’autel de Jupiter tlypatos, situé à l’entrée du temple de Minerve Poliade: on n’y offrait que des gâteaux (a). Je serais même disposé à voir dans la main de Jupiter, soit une patère, soit un des gâteaux qui lui étaient consacrés. Pausanias nous apprend qu’on donnait à ces gâteaux le nom de xt \xm (3). Quant au Jupiter assis, ai-je besoin de nommer le Jupiter Olympien de Phidias? Assurément il n’y avait aucune raison pour que les Athéniens copiassent sur leur monnaie une statue qui était à Olympie(4)i mais Adrien, quand il eut fait achever le temple commencé par Pisistrate, fit placer dans cet édifice gigantesque une statue colossale qui ne le cédait en grandeur qu’aux colosses de llhodes et de Rome (5). Cette statue était en or et en ivoire, d'un beau travail ; et il est naturel de supposer que l’artiste avait pris pour modèle le Jupiter d’Olympic, ce chef-d'œuvre de Phidias dont les Athéniens devaient être si jaloux et qui resta un type pour les siècles qui suivirent.

(I) Gerhard , Mÿ/hologtr, Ll.p.isl. (4) Raoul • Rochelle (a/emotm tir mmlrmaltqur rl

(1} PauMoias 1,2c. (lanli^tturt , p. 140} eu cependant do cet av».

(3) VIII, 1. . (6) Paua.,1, I».

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