LE TITRE
La pureté de la monnaie athénienne fut une des causes de sa célébrité, (iette cause n'était point la seule assurément, car beaucoup d'autres villes grecques frappaient à un titre aussi fin leurs monnaies. Cependant lorsqu'on manie les tétradrachmes des temps plus rapprochés, lorsqu'on reconnaît leur grossièreté, les apparences rugueuses, sombres, suspectes de certaines pièces, on est tenté de croire qu’à mesure que l’art tondrait en décadence, la pureté des monnaies s'altérait, il n'en est rien, si toutefois je dois me fier à des expériences faites sur une échelle assez vaste. J’avais dans ma collection #7 tétradrachmes de nouveau style en très-mauvais état, presque frustes, répétition à peine reconnaissable d'exemplaires que je possédais déjà. Un séjour de quinze ou dix-huit siècles dans le sol avait dénaturé la surface du métal , et maintes parties s'étaient transformées en chlorure d’argent. Il était donc impossible de choisir des pièces plus propres à démentir la gloire de la fabrication athénienne.
Je portai ces quatre-vingt-sept tétradrachmes à l'hôtel des Monnaies, et le lingot obtenu avait pour titre, étant données mille parties :
066 millièmes d’argent.
2 — d’or.
32 — d'alliage-
Il est difficile d’imaginer une monnaie plus pure, surtout si l’on songe que quelques pièces fourrées de cuivre ont pu se glisser parmi mes quatrevingt-sept exemplaires (ces contrefaçons antiques sont si habilement laites quelles trompent tous les regards), si l’on songe en outre que les Grecs ne savaient point affiner les métaux (la présence de a millièmes d'or en est la
KU
LES MONNAIES D’ATHftNKS.
preuve). Comme on en vint à exploiter un jour les scories du (curium, il n’est point étonnant que l’argent extrait des scories ait été moins pur sans qu’on eût voulu pour cela l’altérer. Mais le résultat d’une épreuve tentée sur un nombre de pièces considérable, mal conservées, des époques les plus diverses, et surtout voisines de la décadence, n’est |>oint sans éloquence. Trois |>arties sur cent d'alliage (encore est-ce un mélange naturel de métaux que l’on n'a pu affiner), près de deux millièmes d’or, permet- * tenh assurément de dire que l'argent est excellent. Que serait-ce si l'on expérimentait sur des échantillons choisis?
J'ai fait analyser en détail sept tétradraehmes dans un état déplorable; voici les résultats qu’ils ont donnés :
Monogramme». .
10* série. 932 millième» d'argent 16 dii-tmlltcincs dur.
fdtm
14* série.
Micion Tèophraste. . . .
quadrige-
Glaocu», Echerrait. . , .
soleil, . .«
Apellicon, Gorgia*. . . .
griffon. . .
Anstion. Philon. , . . *. ,
ÀmphicraU’, Epistratus. .
2 épis. . .
I, es différences du titre, qui varie de cinq centièmes, peuvent être attribuées au hasard; car il est difficile de reconnaître aucun système d’altération organisé régulièrement ou imposé pur la misère croissante. Tai série <pii a pour magistrats monétaires Amphirrate et Kpistratox parait une des dernières par son style, et elle se rapporte aux plus bas temps de l’art. Son titre est cependant plus pur que le titre des pièces avec monogrammes, ipii sont du commencement du troisième siècle avant J. C. ou de la lin du quatrième. Les séries dont Micion et Théophraste, Glaucus et lichécrate sont magistrats suivent de près les séries avec monogrammes, et elles sont beaucoup plus élevées de titre. Kuhn , les monnaies frappées sous Aristiou et sous Apellicon, tons deux contemporains de Mithridate, sont plus faibles que les monnaies d’Ainphicrate, qui leur sont postérieures. Je 11e pourrais donc tirer aucune conclusion de la différence des titres. Le basaixl de la fonte, le hasard de la conservation en sont peut-être tout le secret; seulement, je possède un assez grand nombre de pières qui appartiennent aux dernières séries. Non-seulement leur style, leur grossièreté le déclarent, mais la qualité du métal, qui est moins pur, qui s'est altéré daus le sol de l’At-