‹ Les Monnaies d'AthènesChapitre 53 sur 114 · ONZIÈME SÉRIE · texte numérisé non relu

ONZIÈME SÉRIE

J. ne connais que huit exemplaires de telle série : au Mirer de Munich . a Turin, à Copenhague, à la Hase (deux exemplaires), flans les collections de M. de ÏVtÀf'M h , <ht général Fox (Cf. Calai. Thomas , p. ao5. ii° l H — ) . ri dans la mienne.

I.es bonnets que portaient les Diosmres , en qualité de dieux de la navigation et de Cabires, sont le symbole de celte série ; les deux étoiles qui les surmontent ne laissent sur leur attribution aucune incertitude. Non- seulement h-s Dioscures axaient leur sanctuaire à Athènes, X Anacèion , où les sculpteurs les avaient représentés avec leurs fils, le peintre Mieon avec les Argonautes ( i ), mais on les adorait dans le Prytanée(a); ils avaient été initiés aux mystères d'Eleusis (J); ils figuraient sur la base de la Ncinéxisde Khamnonte(4}i on célébrait même en leur honneur la fête des Anacéia (5), et un dème de l’Attique s'appelait, de leur nom peut-être, . /nakaia (C), tandis qu’à Céplialefy),

fl) l’.tus., I, 18. l At<drmi< des Inscriptions ci Btlin-Lcllitn, I. X1.VIII,

(2) Mettrai ub, Athc-HX allia i, I, p. 42 n 14. p, ?&i.

(3) Mcarsius, Elcutin., c. 19. (A) Narporration, Suidas, in v.; TkitMt, C. 1. C.,'

(4) Pans., 1, 17. n- 773,11*1.

* i*) Voyez le travail de Larcher dans les Mémoires de (7) I, 31.

LES SÉRIES A MONOGRAMMES

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autre dème de l’Attique, on les honorait avec le titre de Grands Dieux, MtyaXot 0eou

L'union des Dioscures avec Minerve est constatée parle témoignage des auteurs et les monuments , de sorte que nous ne sommes point surpris de la voir confirmée par les monnaies. L'Anacéion était au-dessous de l'Acropole ( t) , auprès du sanctuaire d’Aglaure, chère à Minerve, et les Dioscures figuraient sur la frise du Parthénon (a). Minerve leur avait appris la danse pyrrhique (3), cette danse guerrière qui devenait un sujet de concours dans les grandes Panathénées. Sa statue était réunie à celles des trois Cabires, sur le promontoire de Brasiæ (4). En effet, les Lacédémoniens racontaient qu'après leur invasion en I’Attique, les Dioscures avaient employé les dépouilles d'Aphidna à achever le temple de Minerve Clialciœcos (5). Sur les monnaies de Sparte on voit Minerve unie aux Dioscures ((>j. Son image est sur la face; les Dioscures, debout, appuyés sur leurs lances, avec leurs casques et leurs étoiles, sont sur le revers. I es vases peints (y) nous montrent, sous d'autres formes, la même association.

Pourquoi les Athéniens choisirent-ils pour symboles accessoires sur leurs monnaies les bonnets des Dioscures? J’entrevois , sons les traditions religieuses, une allusion politique qui donnerait, si elle était acceptée, la date de la série qui nous occupe. Démétrius Poliorcète fut accueilli comme un libérateur parla multitude, à laquelle il rendait les droits politiques qu’Antipster et Cassandre lui avaient enlevés. Argent, présents de blé, bois pour construire cent galères, fêtes, flatteries, ce prince sut ne rien épargner, dans les premières années del’oeuupation, pour se faire aimer d’un peuple enthousiaste et mobile. Il y réussit de telle sorte que les Athéniens le déifièrent ainsi que son père Antigone : on les proclama Dieux Sauveurs, 6ct,i ïoTïfit ; un créa deux nouvelles tribus qui s’appelèrent Antigonis et Démétrias ; deux galères prirent leur nom, destinées à porter vers les nouveaux dieux des ambassadeurs qui revêtaient un caractère sacré et s’appelaient Théorrs, comme les ambassadeurs qu’on envoyait aux divinités de Délos. Bien plus, ou institua des prêtres des Dieux Sauveurs et on les mit a la place des ar-

(I) Puu.,1, II. (t) IW., III, 17.

(J) L'AcnpoU d'AthtHfs, t. Il, p. ISO. (0) Millages , Splloÿ* of a*r ntSU. nins, pl. IV,

(3) Pimlare, CplA.. Il, *. Il' , le Kollulr; Albincf, 31 1 Msuel, t II, pl. 110, n* 49; Hinrood, Pt/ml a

}. IV, p. 114 J. Urb. j tlect. Mum r«r xrr, pl. IV, f. 1 el page J4.

(4) Pana., 111, 54- (7) De WitU, Catat. Durand, •* 15.

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chantes. Or, le* Dioscures s'appelaient précisément Dieux Sauteurs i). Leurs symboles pouvaient donc, par une signification détournée, s'appliquer aux princes que déifiait la bassesse des Athéniens. I«s nouveau* prêtres , substitués aux pins grands magistrats de la république, pouvaient avoir provoqué eux-mêmes le choix de ces symboles. Plus tard , on devait assimiler quelquefois les empereurs aux Dioscures-Cabires ; Antonin , Marc-Aitrèle , Commode, Lucius Verus, recevront le titre de Cabires, de même qu’Alexandre avait été assimilé à Baeelins et à Sérapis. Sur une pâte tic verre du cabinetde Stosch (a), les Dioscures ont paru à Bôttiger retracer l'image de Caîtis et île Lucius, petits-fils d'Auguste. 11 est possible que, dès la fin du quatrième siècle , Antigone et Démélrius aient été comparés aux A . et qu’on n’ait fait que renouveler, à l'époque romaine , une flatterie dont les Athéniens avaient donné le premier exemple. Si l’on ne repousse pointeette conjecture, la série avec les deux bonnets des Dioscures serait de l’an 3ofi, puisque les prêtres des Dieux Sauveurs furent institués en 307.

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