‹ Les Monnaies d'AthènesChapitre 56 sur 114 · QUATORZIÈME SERIE · texte numérisé non relu

QUATORZIÈME SERIE

Ix*s lettres d'amphore et les marques d'atelier commencent à être gravées régulièrement dans cette série. Les six premières lettres n’ont pas encore été retrouvées, mais l’H, le O el le A laissent facilement supposer les lettres qui précèdent. Je placerai toujours à gauche, sur mes listes, la lettre d’amphore. La syllabe qui suivra, séparée seulement par un trait, sera la marque d’atelier.

TÉTRAML ACll]f£S.

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Collection de l'auteur, pièce acquise à la vente du baron Bebr(C<(/a/.,n*3lo). Musée Hunter (pl. 10, fig. 4)î cabinet de Vienne.

Ma collection : je possède lin autre exemplaire sans sigles.

Musée Hunter (p. 55, n* io5); Combe a lu E<{> au lieu de 2<J>.

Milan .

Au cabiuet de Paris (Mionnct, n* 40» à Vienne, à La Haye; dans la collection de M. de Prokesch et dans la mienne.

Au Musée britannique el À Vienne.

Jadis au cabinet de Stosch (Corsini, Fast. Att ., II, p. 276).

Musée Hunter (p. 55, n* 106); cabinet de Gotha (deux exemplaires); dans la collection de M. de Prokesch.

Musée Hunter; Musée britannique; Copenhague (Cf. Ramus, p. i55, n* 4o).

DRACHME

la drachme n’existe que dans la collection de M. de Prokesch.

LKS M<»\NAIKS D’ATHftM.s

L’aigle posé sur le monogramme fie droite est l'oiseau de Jupiter, qui lui-même ligure souvent sur les monnaies. Jupiter prend même la forme de l’aigle |K»ur enlever les nymphes, Egineet Sinope, parexemple. 1 .es Athéniens adoraient Jupiter sous tant de noms qu’on est embarrassé pour choisir. L'aigle pourrait annoncer le Jupiter olympien, dont le vaste temple n'était point encore achevé à cette époque, et dont la fête se célébrait tous les ans •ni printemps. Une inscription nous apprend même combien étaient considérables les sacrifices qu’on offrait alors publiquement au dieu ; car la vente des débris des victimes produisit -j.i drachmes (t). I.e monogramme audessous de l'aigle parait donner les lettres AIONY XIOX .Celui de gauche est bien plus remarquable, parce qu’on y retrouve tout au long le nom de Oémétrius, AHMHTPIOX. O qui me prouve, malgré ma réserve habituelle, que cette lecture n est point une chimère, c’est que sur les bronzes de Oémétrius II, roi de Macédoine (a), je vois le nom de ce prince écrit en monogramme, au centre du bouclier macédonien, avec des variantes qui toutes se rapprochent du monogramme atlique.

Je jiossédais cinq exemplaires de cette série : j’ai fait analvser celui qui était le plus mal conservé : j'ai trouvé près de i|5 centièmes d'argent, seize dix-millièmes «l’or et cinq centièmes d'alliage, titre pur s’il en lut.

J'ai classe cette série après celles qui précèdent, parce qu elle offre un svstème de sigles plus développé et plus régulier, qui suppose le progrès du temps. Oe plus le A, lettre d'amphore, annonce le M, qui ne s’est encore retrouvé que dans les séries suivantes. Ces deux lettres, marques de la onzième et de la douzième tribu, existent cependant et reparaîtront mi jour dans toutes les séries qui ont été frappées à Athènes après l’occupation de Déiuctrius Poliorcète.

n” 88* du teite) rt au n* :.oy des planche* (p. 483, n” »8w du tejLUfj. Depuis Mumiu l, le Cabinet de Pari*, a acquis de* bromes dont le monogramme ressemble encore davantaae au monofTaraniv aUicotrit.

(I) Hoxkh, C. L G., n* II?, lune 19.

2) Mionnet, L I, p. &§*, n” 8M; ce niunotiranuue. qui est ires-sim pic, est reproduit au n’ 168 des planches. Il devient plus complique au n* *06 (p. ii;t.

LI S SBRII-.S A MONOGR AMM l-.S

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QUINZIÉME SK H I E.

TftTR A&RAC11NE9.

I Sur l’amphore, ail Musée de Glascow f. -Marée Hunier^ p. 55, nft ioaj.

K A Munich.

M Musée de Glascow {Ibid. , n* toa).

Sans sigles : Cabinet de Pans (deux exemplaires, rf. Mionnet, n® 49)* Munic h, Berlin, Copenhague (Cf. Hamus, p. |55, 11. 3q), dans ma c ollection (Cf. Haym, Jhr* Brit.y p. ai 5). On trouvera encore un tétradrachmc de cette série dans la collection léguée à l’Académie des Sricncrt d’Amsterdam pai llœnlft de Hmla.

tiRACII ME.

la drachme, unique, m'a été communiquée jadis par M. Isambert.

I^e petit animal qui est dans le champ auprès de la chouette, sur h* tétradrachme et la drachme, et qui devient le sujet principal sur les bronzes, a

pu être pris pour une abeille ou pour une cigale. Cependant, si l'on consulte la série de Lysandre et de Glaucus, on verra comment les graveurs athéniens savaient rendre une cigale; si l’on examine la série de Zoïle et d'Évandre, on jugera de l’exactitude avec laquelle ils exprimaient l’abeille. Ici , au contraire, je ne remarque ni la grosse tête de la cigale ni la taille line de l'atteille, mais plutôt les élltres tantôt fermées, tantôt entrouvertes d’un coléoptère. Je me suis demande si ce coléoptère n’était point un scarabée, ou même un bupreste, en me souvenant du vers orphique cité par saint Grégoire de Nazianze (i ) :

/.i j x'j^tvTe, ;juyi<ïTt foïwv, «JX'évm xoirpte.

Il ne serait pas impossible que le bupreste, symbole (chez les Kgvptiens) du monde, de la génération, de l’homme (a), ne lut passé dans la religion grecque, et même, par les orphiques, dans les mystères d'Eleusis. Je renvoie au mémoire de M. Eenormant sur le héros athénien Cantliarus (3), sans pouvoir partager toutes les opinions que l’auteur y émet. Les pierres gravées en forme de scaraliée (il v en a d’origine hellénique), le rôle que le scarabée joue dans la Paix d’Aristophane, méritent, toutefois, une sérieuse attention.

I Quoique les élltres soient assez distinctes, je crois que ce sont des ailes naïvement dessinées. Peut-être avons-nous là une cigale mal traduite ou interprétée d’une façon encore archaïque, comme les antiques cigales que les Athéniens portaient dans leurs cheveux aux Mystères; dans ce cas la tète de Gérés qui se remarque sur la face de l’un des bronzes est un pendant très-naturel. Tout le monde connaît le texte de Thucydide (4) sur l’ancienne coiffure des Athéniens; les plus nobles parmi les Athéniens (5) et surtout les initiés mêlaient des cigales à leurs cheveux. Il serait possible qu'on eut voulu copier sur les télradrachmes les cigales d’or du vieux temps, conservées dans les familles; les artistes des anciennes époques avaient dû imiter la nature avec une adresse très-contestable, et exécuter des cigales a peu près conventionnelles. J’expliquerai la cigale avec plus de détails en

(il Or., Il, lo4, a. (J) Annales de r Institut archtolugtyur de Nom,

Elorapollon, lt 10. Cf. de Rouge. Mémoire sur le t. IV, p. 311 et huivanU*. tombeau d'Ahmes, et Birch, Sur quelques yrottpes (4) 1,0. Voyez au«i le teoliasle de TLurjdidr-

rofhtphtrjua, Revue archéologique, t. V, p, j»3, (5) Eoat.. p. 39S.

LES SERIES A MONOGRAMMES

publiant la série de I.ysandre et de Glaucus. Je crois préférable de ne point appliquer ici mon commentaire à une forme peu précise, qui prêtera certainement aux contradictions.

La présence d'un M sur l'ampliore nous annonce que cette série est postérieure à rétablissement des deux tribu* Antigonis et Démélrias, c’est-àdire à la conquête d'Athènes par Dérnétrius Poliorcète, puisque le M, douzième lettre, nous atteste l'existence des douze magistrats qui plus tard écriront leur nom au troisième rang sur la monnaie. I ,a même remarque s'applique à la série qui suit.

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