‹ Les Monnaies d'AthènesChapitre 7 sur 114 · IX · texte numérisé non relu

IX

(3) Bcrcltb, StûattkausÂ. dtr 4/A., 3' édition» I, p. t

vilir, en même temps que les mines du Laurium s'appauvrissent, ou s en tiendra aux divisions élémentaires, à la drachme et à la demi-drachme; les anciennes monnaies avaient toujours cours et suffisaient; la monnaie de cuivre, introduite à son tour, servait d'appoint.

J'ai nommé les mines du 1-aurium. Elles furent connues dès les temps les plus anciens, et Breckh va jusqu'à dire ( ■ ) que les Athéniens avaient appris de la colonie égyptienne à les exploiter. Au temps de Thémistocle, les mines étaient très-productives (a) et rendaient à l’Etat de trente à quarante talents par an. Elles l'étaient moins déjà au temps de Socrate. Xénophou , dans son Truité sur les revenus d’Athènes, croit les mines inépuisables et propose un système d'exploitation que Iheckh démontre très-justement nôtre qu’une chimère. En effet, les mines étaient presque stériles au temps de Strabon (3); on reprenait les scories entassées dans la montagne pour en extraire quelques parcelles de métal que les anciens Grecs avaient négligées. Au second siècle de notre ère, les mines étaient abandonnées; car, en parlant du Laurium, Pausanias, fait cette réflexion : « C’est là qu’étaient « autrefois les mines d'argent exploitées par les Athéniens (4). »

L'État n'exploitait pas les mines par lui-mèine; il vendait les privilèges, souvent à titre héréditaire, l-es acquéreurs ou les fermiers payaient en outre une redevance annuelle, quoique, |>lus tard, l'Etat fût parfois obligé de venir en aide aux spéculateurs appauvris (5). Pendant le siècle de Périclès, les mines de Scapté Hylé dans le mont Pangée, furent pour Athènes une ressource bien plus féconde que celles du laurium; Ci mon les avait enlevées aux Thasiens, et la colonie de Néapolis (G) fut le centre de l’influence qu’ Athènes exerça sur toutes ces contrées. En perdant sa puissance, Athènes perdit ces belles possessions, d'où Philippe tira des revenus énormes.

(1) Lo» risette Sdlxrbcrgvxrle. p. 95.

(î) Bœckh, SfqatsJwMsh. der Ath., I, p. *50 (3 III. p. 101.

(4) Pau» . U ch. I.

(4) Ikeekh, U mr. sdh., |> 113 et 15*.

(6) U» monnaies «U* Nèapuli» mutent h*» awieu» txpesd 'Alltt-nr*. (.'étaient le* plu* cnmmnii» ai» lemp* de Cimon, tandis que les type* plu*. RCfiti la cbMollr et Minerve;, encore peu nombreux, « axaient pu devenir aussi populaires au dehorv

LKS MONKAIÇS ARCHAÏQUES

Un ancien raconte (i) que les Pisistratides eurent recours à tous les moyens (Miur se procurer de l’argent. Ils vendirent les privilèges et les exemptions des charges; ils forcèrent les propriétaires qui avaient des escaliers, des portiques, des étages en saillie sur la rue, à racheter le droit d’empiéter sur la voie publique. Enfin, ajoute l'auteur, ils frappèrent de discrédit la monnaie courante, la retirèrent de la circulation à un prix convenu, au-dessous de sa valeur sans doute; puis, quand les Athéniens se réunirent potir établir une nouvelle monnaie, ils leur rendirent l’ancienne au taux normal : mesure tyrannique, déloyale et d’une impudence rare. J’aurais plutôt supposé qu'en laissant aux monnaies la même valeur nominale, ils les auraient fait frapper de nouveau avec un poids plus léger, gagnant la différence. Mais le témoignage ancien est formel. les Pisistratides ne firent point fondre la monnaie de Solon et de Pisistrate, il nous est permis d'en rechercher les restes; peutêtre même les possédons-nous depuis long-temps.

En 17H8, le cabinet des médailles de Paris, dont l’abbé Barthélemy était alors conservateur, reçut de Cousinéry vingt-six monnaies. Cousinéry les avait achetées à Athènes (a), et choisies dans un lot de pièces semblables récemment découvertes. Elles varient de poids et de grandeur : ce sont les divisions d’un même système monétaire où sont figurés tantôt une chouette, tantôt un cheval ou une moitié de cheval, un osselet, une roue, trois jambes qui ont un centre commun et semblent courir les unes après les autres, type connu sous le nom de triskèle , une tête de Gorgone; au revers est un carré creux. Une seule pièce, qui est de quatre drachmes, offre dans le carré une tète de lion vue de face avec les pattes de devant : il semble que l'animal guette sa proie.

(OtVcudo-Amlnlr. (Kromim., Il, V,». > |S tlwn UeMolK, I. Il, mil».

Ifi

On sera frappé tout d'abord de la ressemblance que présente cette série de monnaies, série unique au monde et qui est une des richesses de notre collection nationale. Tous les symboles, excepté les têtes de Gorgone, sont inscrits dans un cercle d'un (in relief : tous les carrés du revers , preuve de haute antiquité, sont divisés par deux lignes diagonales qui constituent le caractère propre du carré creux d'Athènes. I.u fabrique, le style, la qualité du métal, l'aspect général, le travail des détails, la finesse d'un archaïsme déjà avancé, tout concourt à réunir ces pièces dans une même famille. Elles sont toutes d’Athènes ou aucune n’en est; s il convient de les attribuer à une ville étrangère, cette ville quelle sera-t-elle?

Cousinéry n’hésita pas à les attribuer à Athènes, parce qu’il les y avait trouvées et parce que M. Fauvel, consul depuis long-temps dans cette ville, lui assurait avoir déjà vu plusieurs pièces du même genrV, surtout avec la roue, trouvées dans le pays. En outre, il rattachait quelques-uns des symboles au mythe de Minerve : la chouette était son oiseau favori , le cheval rappelait sa dispute avec Neptune; la roue, l'invention des chars [>ar Erichthonius. Il y a une raison plus forte encore, e’est que depuis soixante et dix ans, au milieu des découvertes innombrables qu'a faites la science numismatique, personne n'a pu assigner à ces pièces une autre attribution. De plus , eette ville inconnue qui aurait eu un système monétaire si compliqué et si attique, elle aurait donc eu aussi une monnaie d’or, et cela au sixième siècle? Car on verra dans un des chapitres suivants que la chouette, lu roue, l'osselet, avec le carré creux et le poids attique, se retrouvent sur les pièces d’or.

Mionnet inscrit les tètes de Méduse sous le nom de Néapolis (t), mais sans donner aucune preuve, sans tenir compte , ainsi que l’a fait Cousinéry, de la différence des carrés creux. On chercherait vainement encore à attribuer la roue à Chalccdoine ou à Acanlhiis et l’osselet à Clazomènes. Levezow publie vingt-six pières avec la roue, neuf avec la Gorgone et le carré creux d’Athènes, si reconnaissable et si particulier. Ces monnaies, qui sont en grande partie des oboles, ont été trouvées dans le duché de l’oseu , près de Sznhin. Qui peut dire quel hasard les a portées an rieur des contrées barbares? En vain levezovv rejette l’attribution deGousinéry et donne

; i) S|||||)I. III. p'. «3, n“ MT iS M».

LES MONNAIES AKCHAIQUES.

res pièces à Olbia ^i). En reconnaissant qu elles appartiennent au système attique, il ne fait que confirmer l'opinion «pie Cousinéry avait émise. Ceux qui l’ont repoussée n'ont pu la réfuter; ils ont même signalé des faits qui la confirment. Ainsi M. de Prokescb, «pii ereit «pie certaines «le ces piètres (a) sont thessaliennes , et qui possède des olioles avec la roue et un demi-cheval, avoue les avoir trouvées à Athènes. J'en ai vu également pendant un séjour de «pmtre ans. M. «le Witte en a trouvé à son passage en I H4 1 - Par là se corrobore le témoignage de Fauvel (J) et de Cousincry. M. le duc «le laiynes n'hésite point à proclamer que ce témoignage est à |>cii près irrécusable (4), et la plupart «les savants sont «le cet avis.

La preuve la plus décisive de toutes est assurément le poids de ces monnaies. Il est strictement conforme au système attique.

TET ItA DK A CS S ES.

Lisnelforgone.. . .

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Chouette fruste.. .

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Osselet

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Id fruste.. .

Tète tic Méduse (deux exemplaires )

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