‹ Les Monnaies d'AthènesChapitre 6 sur 114 · LE SYSTÈME ATTIQUE. I · texte numérisé non relu

LE SYSTÈME ATTIQUE. I

tioudela monnaie, de même, pour soutenir cette faille, ils devaienten attribuer la refonte à Solon. Il n'y a qu’une trouvaille heureuse qui puisse nous persuader qu'ils avaient, avant l'an 4(>l * 3>, une monnaie rivale des tortues d’Egineet des pièces asiatiques. Solon fit acte de sage législateur en constituant le système attique, clair, bien divisé, excellent, qui devait peu à peu s’étendre à une grande partie de la Grèce, et qui assura aux monnaies athéniennes la laveur du monde ancien. Ce système est familier à tous les savants. I « travaux de l'abbé Barthélemy (1), d'Eckhel, de Wurin (a), de Bœckh fi), de I etronne (4), de M. de Prokeseh (5), de Hussey (6), ont traité cette question , qu’il sera toujours inutile de reprendre. En [>esant moi-même une quantité considérable de pièces d’Athènes, j'ai reconnu ce que j’avais appris déjà par les ouvrages d'hommes aussi éminents, qu’il est impossible d'arriver à un résultat rigoureux pour l’évaluation du poids. Les différents ralculs auxquels se sont arrêtés ces différents auteurs ne donnent, d’ailleurs, que des nuances très-faibles, puisqu’ils ne varient que de i à 4 millièmes. I«t moyenne des pesées dépend, quand il s'agit d’aussi légères fluctuations, des échantillons que l’on pèse. I jt poids de 17 grammes ao centigrammes est la moyenne que m'ont fournie des expériences répétées sur un grand nombre de tétradrachmes bien conservés. Ce chiffre a l’avantage de se subdiviser aisément : ce qui me persuade d'autant plus qu'il correspond au chiffre athénien. En effet, l’unité que nous donnent nos poids français doit se partager en fractions nettes et rigoureuses, comme la monnaie ellemême. Car l’on comprend qu’il est d’une grande importance de connaître aussi exactement que possible les divisions monétaires du système attique. Non-seulement on arrive ainsi au classement de monnaies coupées et multipliées avec une surprenante subtilité, mais on sc fait un critérium assuré pour distinguer, parmi les monnaies douteuses d’ancien style, celles qui appartiennent à Athènes et celles qui lui sont étrangères. Par suite delà loi de Solon, Athènes eut un système qui lui demeura longtemps particulier. Corinthe et scs colonies adoptèrent plus tard le pied attique, qui domina en Sicile, dans la grande Grèce, notamment à Tarente et à Khé-

(I) I nynqr (T AHacMir.UA, t. VU, Uble XI. (I) Consnitmtioni sur f fcalunlion des monnruct grec-

(*?) Oc ponder. numm. mettsur. me de mm. ordin. nu qmes si romaines, p. S9. tion.apud Homo n. ci Gr*r., p. 45. (5) Mémoire* de l'Académie de Berlin, (SV*. p. I.

(3) SiaolAhaushaUuntj der Athçner, 1. 1, p. 10. Métro- inédit» m enter .SrtMtm/unp, p. 14.

Mbche CntertuekHMtren, p. (13. (01 Essai on the ancien t weiqhts and monry, p. 9t

LES MOVNAIES D’ATHÈNES.

gium (i); il en lut de même à Thasos et à Aeantbus. Mais alors les types d’Athènes sont arrêtés, populaires, et d’un style qui ne prête à aucune confusion. Dans les anciens temps, il n'en était pas de même; les avantages de ce système monétaire, ou la prépondérance du commerce attique, amenèrent peu à peu d’autres Etats à imiter Athènes. I.’Euhée, la Crète (a), la confédération Thessalienne ne prirent le pied attique qu’au quatrième siècle. Alexandre le Grand fit de même, et dès lors les rois macédoniens, les rois Séleucides, Lysimaque, les rois de Pergame , suivirent l’exemple que leur avait donné Alexandre.

Ca drachme attique, depuis Solon, fut à lu drachme éginétique dans le rapport de 5 à 3. Il fallait cinq drachmes d’Athènes pour égaler trois drach • mes d’Kgine, et dix oboles attiques au lieu de six pour égaler la drachme éginétique. I,e statère d'Egine, ou double drachme, valait donc 3 drachmes ‘ d'Athènes. On conçoit aisément pourquoi les Athéniens durent renoncer aux pièces de deux drachmes , et frappèrent des tétradrachmes qui dépassaient de quatre oboles les statères éginétiques, et trouvaient d'autant plus de faveur sur les marchés étrangers. Ge statère d'argent d'Athènes est donc la pièce de \ drachmes.

Voici la série des monnaies d'argent qui furent frappées à Athènes pétillant les sixième, cinquième et quatrième siècles, c’est-à-dire tant que dura l’ancien style. J'y joins les poids correspondants, en prenant pour étalon idéal le tétradrachme de 17 grant. ao Centigr. Ou ne reste ainsi que de au-dessous du poids que donnent quelques pièces, parmi les anciennes, qui pèsent i y.aS, tandis que le plus grand nombre est au-dessous de 17.30.

Htcadrachtne , t*qui valant au dcrawslatère d’or, très-rare 43,00

Tttradrachmr. *7,50

Üidrni'hme, de style arehaiqoc seulenH'iit, et très-rare, puisqu'il fut abandonne de

bonne heurt* 8,00

Drmhme. . ' 4,30

PtnUibele , pièce rie cinq oboles, rare (Cf. Suidas in v.)f qui existe dans les Collections de M. de Prokesch, de M. le général Fox, au Cabinet rie Paris, & Sainl-Pts tersbourg et au musée lluntcr (3J. M. de Prukosch en possède trois. . . . 3,60

(3) La majorité des villes Cretoise* consentit le pied éginétique. Parmi celle* qui adoptèrent le pied attique, par intérêt de commerce ou d'alliance politique &\cc Athènes, on compte Cydonie, (iortyne, llierapytna , Aptéra, Littos. de. Voy. Brrrkh. i hui. p. 103.

(3) bePreketcb.Mém. de lMcad.de Berlin, itit, p. lî». Archaol /•!.', ]8<i. p. 3CH.pl. ti. Combe (fer. M.J,

(1} Btrckli, J frtroiog. i ntermcÀ., p. |?§, Voy. dans le Xttmumatic Càronteie ( lâA^, p. lie), le Mémoire de M Barlh sur l'adoption du pied attique par certaines villes de la Sicile et de l'Italie (vers la 7 S* Olympiade). M Lcakc croit qu'ü y eut, dés I origine, une alliance monétaire entre Corinthe et Atbenes'.YMmûma/M: t'Aroniclty lS4i, p. 213).

LE SYSTÈME ATTIQI'B.

Itlroà'tle, llès-rare «gaiement et île style archaïque. - 2,88

Trhbole ou (lerm.drachme 2,IS

Diobale, tombé on désuétude ainsi que le tétrohole et le didraebnie. selon l'uHui

f Onomasticn» IX, 63 1 I.tt

frihémlobole piêre d’une olmle et drniie, 1,08

OMe, qui valait huit chalkus. quand il y eut plus tard une monnaie de cuivre. . . 0,72

TrUêmorion (tj ou Tritartemorion, trois quarts d'obole 0,51

PtntichaUcon, t d'obole, dté par Pollua (21 0,15

HimloMt. . . . 0,38

l’rlhèiHitarttmorion, J d'obnle, très-rare 0,27

Tarttmorimi (3), quart d'obole, équivalant plus tard & deui rhalkus. ...... 0,18

Le pentobole et le pentéchalkon , dont les noms sont donnés par Suidas et par Poilus, sont très-rares. Pollux nous apprend encore qu’il y avait des pentédraelimes à Cyrène (4), et ees pièces, qui rentrent dans le même système de division quinaire, sont la moitié des décatlrachmes frappés à Athènes, et portés en Cyrénaïque par le commerce extérieur. Je n’ose supposer qu'il y ait eu un hémitartémorion d’argent, pesant o,(mj centigrammes. Cependant je ne serais point surpris que l'on découvrit un jour cette nouvelle fraction. Nous verrons plus loiu quelle parfaite corrélation existait entre l’or et l'argent. Comme je trouve une pièce d'or de y centigrammmes, il est naturel d'attendre la pièce d’argent correspondante. M. \\ addington a dans sa collection un hémitartémorion d'Kphèse, et même un quart de tartémorion pesant 4 centigrammes et l/a.

Certaines, divisions monétaires se retrouvent principalement avec des types archaïques, par exemple le didraehmect le tétrohole. Il semble que plus tard on n’en ait frappé qu’à de rares intervalles. A mesure que l'argent s'est avili , et déjà au temps de Démosthènes il valait cinq fois moins qu'au temps de Solon (5), des subdivisions minutieuses étaient moins utiles. Il était si naturel de donner deux drachmes pour un didrarhuie, quatre ou cinq oboles pour un tétrohole ou un pentobole, qu'on ne s'étonnera point de voir diminuer le nombre des coins et par conséquent les Irais de fabrication. Plus tard, après Alexandre, l'argent continuant'à s'a-

p. Î03n**lj0 el 13 H donne un pentobole qui n'appar* tient point a Athcno

(ij 1 ç.kîT.pâpwv e»t la forme attique employer par Thucydide et Platon , ai l'on en croit Pollux IX, pt). Hérodote avait dit et Philémon ipmiitQpw.

(2) M. de Prokesch admet le pcnUchalkon, comme le pentobole. (Hem. de l'Acad. de Berlin, lHtfl, p. 19.)

(3) Dans Ira petite* division», les Athénien» forçaient

le poids au lieu de le laisser faiblir, du moins pendant le* beaux surit*. Tnrlemorim une abréviation pour /é/ar/émorioii. De même l'on dînait pour tct?»-*

ire'a, et parfois titpBXpo* pour TiTpéSpaxpov.

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