‹ Les Monnaies d'AthènesChapitre 9 sur 114 · I.KS MONNAIES AHCIIAIQI 'KS · texte numérisé non relu

I.KS MONNAIES AHCIIAIQI 'KS

déesse protectrice d’Athènes, Eponyme, l’oliade, gardienne du trésor public que l’on enfermait dans l’opisthodome de l'Hécatompédon , Minerve régnait sans partage sur les monnaies d'Athènes ; les autres dieux n’y furent admis par la suite qu'autant qu’ils étaient en communauté religieuse avec la grande déesse qui était l’unité dans les croyances attiques.

I.a chouette , archaïque, tournée à gauche, el dont les plumes sont exprimées par une série de points, fut consacrée à Minerve, comme oiseau des nuits. Nous verrons tout à l’heure que Minerve, déesse de la lumière, lut identifiée avec la lune. On prétendait que la chouette voyait dans les

ténèbres i); c’est pour cette raison peut-être que Minerve fut appelée r*ui&m; (a), la-s chouettes remplissaient et remplissent encore les rochers d’Athènes. (Juaud le scoliaste d’Aristophane les relègue dans les montagnes du Isiorium (3), je crains qu’il n’ait |»ris au sérieux une plaisanterie des Athéniens qui disaient : les chouettes du Laurittm , c'est-à-dire l’argent du Iaiurium à l'effigie de la chouette. I-a chouette était naturellement un présage de richesse; elle était aussi un présage de victoire. Avant la bataille

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de Salamine, on en vit une voler ainsi à la droite des généraux. De là le proverbe: Durit «rrow (i); de là l'enthousiasme du Démos d'Aristophane, lorsqu'Agoracrite lui annonce qu'il a vu Minerve descendre de l’Acropole et que la chouette était perchée sur elle (a). Agathocle, afin de donner du cœur à ses soldats, faisait lâcher des chouettes dans son camp (3). Parmi les types de cette époque, la chouette me parait, par la naïveté de son style, le plus primitif, et par son choix le plus simple. Je serais tenté de l'attribuer à Solon. Athènes aurait eu la chouette, comme Eginc la tortue, comme Corinthe le Pégase.

le cheval était, avec la chouette, un des plus glorieux attributs de Mr nerve. Il rappelait sa dispute avec Neptune : au moment où le dieu faisait naître un coursier impétueux et sauvage, elle l'avait saisi , lui avait mis un frein , bientôt elle avait attelé un quadrige. Les Panathénées et le fronton du Parlhéiion rappelaient ce triomphe de la déesse, que les tirées nommaient quelquefois Hippia et Chalinitis. On l'adorait à Colone, ainsi que Neptune, sous le premier nom. à Corinthe sous le second, parce qu’elle avait dompté Pégase pour Dellcrophon et lui avait mis un frein. M. de Longpérier a publié, dans la Revue numismatique (4), une monnaie d'Orthia, en Klide, sur laquelle sont représentes, d'une part, la Minerve Narcæa, adorée des habitants du pays; de l'autre, un demi-cheval s'élançant du rocher; le rocher est surmonté d'une double pousse d’olivier. M. de tiongpérier reconnaît avec raison l'influence des mythes attiques, et rappelle que, l'an J'JG, les Athéniens et les Eléens avaient conclu une alliance pour cent ans (5). Nous retrouverons le demi-cheval sur les monnaies des siècles suivants à Athènes; mais je ne saurais démêler avec certitude pour quelle raison la partie postérieure du cheval a etc ligurée sur la drachme au lieu de la partie antérieure ( r potogr; }. Cette représentation impliquc-t-elle une idée de sacrifice:’ Les chevaux qu'on sacrifiait à Neptune étaient précipités dans la mer et nori coupés par la moitié (G J. M. de Witte n'est point éloigné de croire qu'il y a quelque rapport entre cette moitié postérieure du cheval et Minerve, deesse de la lune. Nous verrons tout à l'heure qu'elle est lu lune

(3) Diodorr de Sicile, XX. 1 1 .

(4) Arme* 1443. P- 344.

(5) Thucyd., H, î®.

(4) Gerhard, Mythnloy*, I, p. 117, 3. — À Home on ucriü&it un dievikl à Mnrv »roj. Plutarque, Vtwifww» ftomnn t, 94

<11 Èlesyohm*, m vtrb.

(1) Loc. eU C'est par.** qu'elle Annonce la victoire qu Auoracnl* prédit aux Athéniens, # qu'lia rimeront à Ecbataue, • chimère favorite de* Gners, et qu'un Macédonien devait réaliser. On verra sur un brunie Je» postérieure la cbouiJtc posée sur le pùinÿ de Murent;

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dans sa troisième phase, la lune qui décroît, le dernier croissant. Ce qui est certain, c’est que le cheval entier correspond au didrarhme, le demi-cheval à la drachme, [.es monnaies de Syracuse offrent des indications analogues l). M. le duc de Lnynes a fait remarquer le premier qu'un char attelé de quatre chevaux était le signe propre du tétradrachme; un cavalier conduisant deux chevaux, du didrachme; la drachme avait pour symbole un simple cavalier. Sur un vase pauathénaïqne , la moitié postérieure du cheval est figurée sur le bouclier de Minerve , de la même façon cpie sur les monnaies (a).

1 .'ostefet ne parait point être uniquement, sur les monnaies, une allusion à un jeu des Athéniens, ni même au jeu de la fortune , ainsi que le croit Cousinéry. Il a un sens profondément religieux , car il est l'emblème de la volonté des dieux manifestée par le sort, il importe d'abord de bien constater que l’osselet se rattache an culte de Minerve, tout en remarquant que Minerve est la Fortune, la TjrcM, d'Athènes, à titre de divinité éponyme. Qu'on me permette cet anachronisme, elle est le génie d'Athènes, et par là s’identifie avec la Fortune.

Après Athènes, nous le trouvons a Salant inc. dans l’île de Cypre (3). Fondée par Teucer à l'époque où file de Salamine appartenait à l'Attique, Salamine fut unie par une étroite amitié aux Athéniens. Comme eux, elle avait im culte particulier pour Minerve, et quelques-unes de ses monnaies offrent des rapprochements sensibles avec celles d’Athènes. Tarente compte aussi l’osselet parmi ses ty[»es, et l'image de Minerve, empreinte sur sa monnaie, nous assure du culte que les Tarentins professaient pour la déesse. (* ville d’Himéra est dans le même cas. Pour prouver par un monument décisif que l'osselet est quelquefois un attribut de Minerve, je citerai des pièces rares jadis et attribuées à Abydos, mais que M. Waddington a trouvées en trèsgrand nombre à Adalia et dans les environs. On doit donc les rendre à la Pisidiè ou à la Pamphylie, et jieut-être à Selgé, qui a souvent l’osselet sur ses monnaies (4). J’ai fait graver, à la |>age une de ces pièces qui porte au revers une tête de Méduse, au droit une tête de Minerve; derrière Minerve est un osselet.

Peut-être convient-il de chercher l'explication de ce symbole dans le

0) Krvur numum , 1 *40, p, 34. (3) iVwmumn/içur rl iiurriptions ryprio/n, p). VI,

(3) Rot#, A rcfitiol. Au/mi if, I, p. 301, rt pl XIV. C'est 6g. 2. M tic Loyntx attribue A Salaiumc cette belle ra d'aprcaM Gerhard F.trtuk. umt hampan. VatenbUdcr, reté que possède le Musée britannique.

Taf. D, 3$; que M. Rû«* a reproduit ce race. («} lïrr» te nuuAUmattque, lâài, p. 47.

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LES MONNAIES D'ATHtNES.

mythe (if Minerve, liien qu’il y ait des raisons de croire, à Cypre, qu’il rappelle le coup de Vénus, le plus l>eau que pussent amener les joueurs de dés et d’osselets (i). f/oracle de Minerve Skiras nous est connu, et les vases peints éclairent d’une manière très-précise une vieille coutume de la religion attique (a). Le devin Skiron, dont le tombeau était sur la route d’Eleusis, avait élevé à Plialère le temple célèbre de Minerve, qui prit son nom et qui était le but d’une des fêtes des Athéniens, les Skiropliories (3). Des dés servaient, il est vrai , pour connaître le sort (,j). Mais est-il trop téméraire de supposer que les osselets pouvaient servir au même usage et recevaient les mêmes signes? Un [wissage de Pausanias justifie cette conjecture (5). Il y avait auprès de Bnra, eu Achafe, une grotte consacrée à Hercule. Ceux (pii venaientconsulter le dieu faisaient leur prière, prenaient quatre osselets et les jetaient sur une table devant la statue. Ces osselets portaient certains signes dont l’interprétation se lisait gravée sur la table. L’oracle de Minerve Skiras pouvait s’interroger de la sorte, et comme la déesse avait également un temple dans l'ile de Salamine, sous le nom de Skiras (6), il n’est point surprenant que la colonie de Tencereùt transporté son culte dans l'ile de Cypre. L’osselet qu on mettait, avec tant d autres objets, dans la corbeille mystérieuse d’Kleusis, représentait peut-être le souvenir de Minerve.

Le tmkèle a un sens non moins éloquent. Eckhel avoue avec une sincérité qui l’honore qu'il ne comprend point ce symbole. M. le duc de Luvnes me semble avoir été plus heureux dans ses Etudes nurnisniatir/ues sur le culte il' Hécate. M. le duc de Luvnes rappelle (“) combien les triades sont fréquentes dans la anthologie grecque (h) , depuis les trois Gorgones jusqu'aux trois déesses-soMirs qui régnaient tour à tour sur la lune: Proserpine,

.1) Due deLuynr», \nmtsmatofue et mu-np/km» rjrpnofts, p. 34.

. (?) l'nnufla, Huit. de riast. avchrtd. de Borne, muiec

léJÎ. p. 70. — Welcler, Aile Denkmdlrr, pi I et II. —

* IVr >Villc, En ta toque Durand, n. 383 et 'Consultée aussi Gerhard, âber die Aisuerren idole Uhrnt, p, 14.

M Gerhard croit queb Minerve voilée de laitlk AH*nm Ipl. III, fis. «, ittitl.) e»t npt- Minerve Sh»r.iv lé* jmicur» île «lit» ou diowelet* sont ligure* n b planche V, n. 9.

(3) Pau*., I, », 4 et 30, 3t Voyez, tlaim le morne Mé* lumrede M. Gerhard, l« ditdiiu lotit «If* Sldrophoritset des Skim.

») Pnlluv, Oifom.. IX, y*i

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