‹ Les Monnaies d'AthènesChapitre 10 sur 114 · VII · texte numérisé non relu

VII

10/ llérod-, V|||, vt ; Poil-, IX, *>o Cl VierlianJ, V*- Iholôytr, |, p ?*<),&.

“) Page* 81 et suivantes.

(0) Sur I» irramlf triode attique, formée de Minerve, Jupiter et Apollon (b lune, l'éther, et le anleil), voye* t'rellrr, .1 tythot,, I, p. 1)3. La triade du Capitok, a Home, était formée de Jupiter. J unon et Minerve. I nr nuire triade attique est Minerve, Cérv« et l'mserpine vvoy. Gerhard, ûber die Nlnrrrmidolr Athenx, p|. I, lig. I, et p. 0). Consulte* Guigniaul. Rtltyions de l'ant*çu*te, III, 5' paille, p. ,tisH et suivante*. et -Vewi«« res pur le* mystère* de Cèrts et de l'rotrrpine, p. il» Stplnx le invoque Minerve, Apollon et Diane tomme une Iriade vrnu rahle ( Œdip., v. Ii*). Voyr* encore, dans le» .Xouvettes Annales de C Institut arrAèotnqifae (1. Il, p. ?7ft\ le .Mémoire de M. de Mille sur le triple Geryo». iVtur le» triade» égyptienne», Letrouue, tusmpt.-, I, p. «,37*. J9“ ; 11, p. 4*|

LES MONNAIES ABCHAlQt'ES.

Diane et Minerve. Je ne puis ‘reproduire ici les excellents rapprochements qui justifient cette opinion : je renvoie à l' ouvrage de M. de Luyiies. Partout où le culte de ces trois divinités existe, on peut s'attendre à trouver les trois jambes (i) dont la triple Hécate d'Aleamène liit le développement (a). Ce qui achève d'attacher à cette représentation l'idée d'une triade lunaire, c’est que parfois sur les monnaies, ainsi que sur les rases peints, une tète de Gorgone forme le centre des trois jambes : or la Gorgone, c'est la pleine lune. D'autre |>art, les jatnlies «pii courent dans le même sens sans se pouvoir jamais atteindre sont l'emblème de la rotation perpétuelle de l’astre des nuits. Mionnet cite un bronre d'Athènes du cabinet d’Hermand (3), avec la tête de Minerve , l’amphore et le triskèle ; cette pièce, «pie je n'ai pu retrouver, portait l'inscription A6HNAI12N.

lai roue est une représentation encore moins complexe et plus parfaite

du mouvement sidéral, \insi «pie le fait rcmaïquer M. le duc de Lu vues, le philosophe Anaximandrc (4) la considérait comme un symbole astroiiomi-

( l) Les trois jambes sont quelquefois représenta» sur le bouclier de Minerve (de Wille, Ce*. Durand , n. 313, et Cal. det PtMM ftrusqsset du prince de Canlno, n. 87), de même que sur relui d'Encelade rambetUnt Minerve (Lenormantet de Wilte, Itlde det monuments ctramotraphUjttet, L-l, pl. VIII et IX).

(3) CL la triple Itrcaletlu Musée de Lc>de, I rchmAoçwcftp /.ettung, août, i M 43, pl VIII (3) Suppl., n. 313. Je n'ai pu savoir ce que celle pure «Hait devenue.

{*’, P tudes numittnuhque* sur le culte 4'tlrcale, p. 38, note l .

il LÉS MONNAIES D’ATHÈNES.

que. U roue enflammée, au sommet des flamlieaux propres aux Mystères, pourrait avoir également un sens cosmique (i). Je ne dis pas qu'elle ne put rappeler en même temps, ainsi que le veut Cousinéry, le premier char attelé par Minerve, tradition qui avait trouvé place au centre d’un fronton du Parthénon ; mais le cheval sufüsait à représenter ce souvenir. r«i roue devint l'attribut de Cybèle (a),' de Némésis et de Tyché, à cause de sa forme, qui en faisait l'image du mouvement des sphères célestes. On remarquera la diversité des dispositions intérieures des roues : deux traverses croisées I ki i une troisième; quatre rayons avec un centre et des attaches mieux marquées, c’est la roue de Pindare: quatre rayons plus pleins et

plus ornés, avec un listel sur leur axe, un listel sur leurs bord*. Peutêtre le progrès de l’ajustement marque-t-il la différence des époques. D'après le témoignage de Fauvel , recueilli par Cousinéry, ces pièces sont moins rares que les autres.

La tetc de Gorgone est une représentation trop familière à l'art attique pour nous surprendre lorsqu'elle s’offre sur les monnaies. Ce n'est pas un fait peu significatif que de la voir, sous forme d’antéfixes répétés de toutes parts, décorer les anciens temples de Minerve, avant qu'ils fussent détruits par Xerxès. Elle reparaîtra et sur les monnaies du siècle d'Alexandre, et sur les monnaies des siècles suivants. La Gorgone, avant de devenir simplement un attribut de Minerve, fut dans le principe Minerve elle-même (3), Minerve Gorgo, la pleine lune (4), représentée avec Un visage, par les peuples primitifs aussi bien que par les enfants. Plutarque . a écrit un traité dont le titre rappelle la même idée. Clément d’Alexandrie (5) parle des visages qu'on distinguait dans la lune et que reproduit la Gorgone. Arnolie raconte (fi) qu’ Aristote avait démontré que Minerve était la lune. Ulpien, plus précis encore, affirme que c’était la croyance

(1) litUe des momrm, eéramoqr., i. I, p. 18, note 3. Cf. «le Witte, Cat. Durand, n* 302, note 1. — Brôndsted « (Rechcreh. et togttqe» en Grèce, I, p. 118) y voit le xvxio; fwmxô; du trépied <1 Apollon (?). I)en\* le Tlirace avait écrit §nr U signification symbolique de la rom*. (Unit. Alex., Sfrom. V, 8, $ 48- (î) Voyei Y Histoire de» Religions de la Grèce antique, au chapitre xiv. M. Alfred Maury y montra coin me ni Minerve rappelle Cybèle et l«s divinité* tellurique* de l'Asie Mineure qui président a la fortune et à la ri* élusse tirt villes. La roue nt la corue d* abondance «ont lis attributs <k ce* divinitêc

(3) Guipniaut, Religions de l'anttqvitr, l. III, 2* par* tif, p. 382.

(4) Symbole «le la nuit et des primitive* ténèbres d on est jaillie la lumière, la Gorgone, en mourant, donna naissance à Pégase, les nuages qui produisent le tonnerre. oln Chrymor, le rayon doré. (Guipniaut, Retig. de r antiq. Ibid.)

(é) Stromal, V, 8.

(6) Adv. Cent., 111, 3t. — Voyea le traité de PlnUrque, lie facie ui orbe lunx. — Eckhcl (11, p. 200) eipli* que dans le même sens les croissants qni figurent plus tard sur le* tetrndraebmes.

LUS MONNAIES ARCHAÏQUES

des Athéniens (i). M. Gerhard (a) reconnaît donc sans hésiter, dans la Gorgone, la pleine lune. Une ingénieuse remarque de M. Panofka (3) montre bien la source en même temps que la portée de ces idées astronomiques. M. Panofka a compté sur un célèbre vase de Corneto vingt-huit serpents autour d'une tète de Gorgone, qui lui semble ajuste titre la lune avec ses vingt-huit jours de révolution. Par ces raisons, M. Lenormant nomme Minerve sur un cyzicène où une tête de femme se détache sur un disque (4).

Mais pourquoi Minerve aide-t-elle Persée à tuer Méduse, pourquoi la frappe-t-elle de sa propre main, selon une tradition attique (5)? Hien plus, Minerve tuant Pallas, dans le mythe primitif, ce n’est pas Minerve tuant un géant; elle se tue elle-même, ou plutôt elle se dédouble pour frapper une partie d’elle-même. M. Alfred Maury a exposé les développements de cette mythologie naturaliste (6); il les rattache à un ensemble de mythes qui a son point de départ en Asie, et devient en Grèce le thème d’une foule de légendes. On vient de voir que Minerve partage avec Proserpine et Diane l’empire de la lune; elle est la troisième lune, c’est-à-dire qu’elle représente la troisième phase de la lune (7), la phase où elle décroît; on célébrait une fête à Athènes à cette époque. Proserpine, au contraire, représente la pleine liuie, le moment des éclipses, le moment où Pluton, le soleil au-dessous île ta terre, l'enlève, où Persée, dieu de la lumière, tue la Gorgone, où Mi-

(1) Dcmosth., Contre U idiot, p. 691.

(2) Mrm. ( fcl'Acad . de Berlin, 1819, p. *81, note 46, i3) Muter lilacat, p. 33.

.VI Bevnt nttmum., nouvelle série, 1836, 1. 1, p.14.

(5) Euripid., Ion , v. 98?.

(6) HUI. de* Reiig. de Ut Grèce, I, p. 358, 377.

(7) Elyiuol . Mogn., in v. TpiTerivito, ci Suida», r. Tprépiiw.

(«) C'est dan# ce sens que je m'explique une monnaie de Populoni* que possédé le cabinet de Paris. Sur la (ace est une tête de Méduse, au revers un croisa* ni. Malgré I* différence des pays, 1* religion étrusque contient des vrsüge* de traditions communes aux populations primitives de I* Grece et de l'Italie. Peut-être le monument que je ale a la page suivante ( note 5 ), et qui est étrusque, a-t-il la même signilkatioo.

JG

nerve, la lime défroissante, prend la place de la pleine lune (8). Ainsi se démêle la confusion de certaines idées qui ont amené la confusion des mythes. Mais je m'enqiare à mon tour de l’idée du soleil opposé à la pleine lune , de Persée tuant Méduse, afin d’expliquer le tétradrachme remarquable dont je n'ai point encore parlé. Que l’on examine la planche qui précède, et l’on sera frappé de ce lion qui guette ou qui dévore, opposé à la Gorgone, pièce unique que M. le duc de Lu vues a publiée après Cousinéry (i), sans que son sujet lui permit de s'appesantir sur le lion. Cousinéry reconnut (a) sur ce tétradrachme un masque tragique et une panthère; c'est une erreur qu'un dessin exact suffit à réfuter.

la* lion représente le soleilou Persée ; la tète de Méduse, la lune dans son plein , et par conséquent sujette aux éclipses (3). L’union de Minerve ou de la Gorgone avec le lion n'est point sans exemple sur les monuments figurés. Les monnaies de Vélia portent sur leur face la tète de Minerve, au revers un lion avec un astre; quelquefois (4) une chouette est platée sous le lion. Une bulle d’or publiée par Micali est ornée d’une tète de Gorgone sur une face et d'un lion sur l'autre (5). Le lion dévorant un cerf se trouve aussi sur le bouclier de -Minerve i.6). A Cyzique on remarque des pièces d’or où Minerve est gravée sur la face, une tète de lion sur le revers; |>arfois une Gorgone répond à la tête de lion. De meme sur les monnaies de Rhodes, la tète de Méduse répond au soleil (ÿ). M. VYaddington possède une monnaie de Tarse oit le lion est posé sur un grand croissant et sous un astre. Sur le camée de la Bibliothèque qui représente la dispute de iScptune et de Minerve, une chèvre, image des Ilots, est au-dessous de Neptune, un lion au-dessous de Minerve. Je suis bien plus frappé encore de trouver dans les inventaires du Parthénon une tète de lion dotée, consacrée à Minerve (8). Parmi les pièces que M. le duc de Luynes attribue à Cypre (y), il en est deux qui rappellent, avec un style différent, le tétradrachme de Cousinéry. L'une porte la tète de Méduse et une tète de lion rugissant, de profil; l’autre, une tète de Minerve casquée, au revers la tète et les pattes d'un lion. D'ailleurs Minerve, qu'une tradition attique faisait mère d'Apol-

h F tudn irantUM. mr le culte <T Hécate, au fronlit- (4) Monuments inédit* de t'Intl ardiéol^ l. I, pl. XXI.

pter du chapitre il. (7) Erkhrl, D. .V., Il, p. 407.

(1) Voyage en Macédoine, t. Il, p. 119. (1) B»t-t kh, StaalihauihaUuny der Alhener , Beilagc,

(») Cf. Preller, Mythologie, I, p. 147. p. 152, ligne 14.

(V Ij-riormanl, Aon». çalcrte mythot., pl XX, fig. 2. (9) numismatique et Inunptiont cypriote*, plancha

(à) Micali, Monum. ined.. Ut. XXI. VI, ligure I, et planche VII, figure 4.

Ion, est unie etroitement à Vulcain et à Promet liée ; elle protège, nonseulement Persée , mais Bellérophon, Chrysaor, Hereule, les Dioscures, tous les héros de lumière. Divinité île lumière elle-même, elle voit célébrer en son honneur des courses aux flambeaux, et brûler dans son sanctuaire de l’Erechthéion une lampe qui ne s’éteint jamais. Ainsi le lion (i) représente la force du soleil, sur le tétradrachrne de Cousinéry; la (iorgone, la lune éclipsée. .Nous verrons, sur les monnaies postérieures d’Athènes, le soleil et la lune réunis par une figure directe.

I.es anciens types monétaires d'Athènes (a) sont donc tout à fait dignes

(I : .Nous sont me* encore loin de Phidias, qui reprr- •Wlttl « Olympie If soleil mtr non rhar et la lune ttur un cheval ou un mulet i Piiua., V, 11,3). Je ne crois pu qu« le lion fût sur Int monnaie» de la fin du vi* siècle un souvenir de la courtisane Lésna, l’amie d Harmodius et d'Aratogiton. Sur lot» monnaies, chose nacrée, qui eût voulu représenter l'image symbolique d'une courtisane ? Muant au héros éponyme, Lcos, et a la tribu lêontide, quelle raison plausible de retracer leur souvenir plutôt que celui de* autres éponyme* et des autres tribus?

i,l) Je ne pui» attribuer a Al hem» deux pièces du Cabine! de Pari*, qui loui classées parmi le* monnaie» dr

Cousiacry. U première ssl publiée par Cousinery luiwcme avec loutre celles que je reproduis âpre* lui. Elle porte une amphore : le révéra forme un carre cmix ; la

seconde pure n'appartienl point a la même trouvaille . m provenance m’est inconnue F.lle porte un trépied, et le revers présente egalement le carré creux.

L'amphore est un symbole «pii «'approprie merveilleusement A l’Attique. las monnaie* des Ages suivants en «ont la preuve. Mais rette pièce n'a ni l'aspect ni le caractère de* pièces parmi lesquelles elle est classée. J’oserais assurer qu'elle n'a point été trouvée dan» le même lieu, car l'argent et la patine de l'argent sont tout différents. En outre, cette pièce pose 12 grammes, ce qui ne s'accommode nullement au système aréique. En supposant même un tridrachme attique, le pouls est inférieur de Do centigrammes mu poids normal, tandis quVn prenant le didrarhme éginétique, elle n’a perdu que 2à ü 30 ceuti gramme» , ce qui n’a rien d'extraordinaire. M. de Longpericr a eu l'obligeance de m Apprendre que Brtiadsted , en visitant le Cabinet de taris, n'avail point hésité à attribué cette pièce a Elle de Céoa. En effet, il en publie une semblable au fronti&piee de sou livre sur Céos { Yoyaçti et recherches en Grèce, 1" livraison ) Il en a vu deux à Zéa, dit-il à la page 122. Le carre creux e»l formé, comme à Athènes, par deux diagonales, et dan» chacun des quatre triangles, Brôndsted a lu une do» quatre lettres fcAPA, c« qui permet de ranger cette monnaie, avec certitude, parmi les monnaies de Carlbéa. J'ajoute que l'amphore n'a point la forme des amphores athéniennes, tandis qu’on observera une amphore de la même forme à lui i» (p. TA et pl. XXVII du même ouvrage). Eu lin le Cabinet de Paris posMde des divisions de* monnaies de Cartbéa qui rentrent parfaitement daus le système éginétique auquel appartient la pièce a l'amphore.

MuaiiI au trépied , symbole commun à tant de villes grecque», il me semble plus difficile encore de l'attribuer,» Athènes, quelque ancien que fût dans celle ville le culte d'Apollon, et quelque grave que soit le titre de Pntrotis, que lui avaient donné les Athénien* La pirce pèse 2 grammes 32 centigramme* , quantité qui ne cadre avec aucune des quantité» aréique* : c'csl trop pour une demi-drachme, qui ac doit poi ut dépasser 2,13, trop peu pour un têtrobolr. qui

2* LES MONNAIES U’ATIIÉNES.

d’attention, paire qu’ils font mieux saisir comment .Minerve fut dans l'origine une divinité de lumière. De là les idées d’intelligence supérieure, de virginité, chères aux philosophes, et les yeux brillants, image de l’air pur, que représentèrent volontiers les artistes. Mais la tradition primitive et les symboles astronomiques allèrent peu à peu s’effaçant : ce furent les dogmes mystérieux d’Kleusis qui en retinrent la plus grande partie. Toutefois les monnaies des âges suivants gardèrent non-seulement la chouette, mais le croissant , qui était placé sur les tétradrnehmes d’ancien style à gauche de la chouette, et continuait à l'appeler que dans les vieilles croyances attiques, ainsi que nous le fait savoir Ulpien, Minerve était la lune.

I. ensemble des idées que je viens d’exposer, d’après les auteurs et la comparaison des monuments figurés , est empreint d’un naturalisme mystique que I on ne saurait méconnaître. Je dirai plus, ee naturalisme semblerait porter avec lui sa date. Ne rappelle-t-il pas le mouvement religieux qui se produisit à Athènes sous Pisistrate et ses fils (t), mouvement qu’ils encouragèrent, parce que leur pouvoir trouvait un appui dans le développement des sentiments religieux et dans une tendance vers l’unité? Ce mouvement fut une sorte de protestation contre les progrès du polythéisme poétique , tout extérieur et si propre à substituer la forme à l’idée : les artistes, en effet, continuaient l’œuvre que les poètes avaient commencée. Mélange de dogmes, de symboles profonds et de superstitions, souvenir des Pélasgeset emprunt fait à l’Orient, le système nouveau n’était, à proprement parler, qu’un retour vers le passé : les faux oracles de Musée par Onomacrite en sont la preuve. Taudis qu'on enseignait à la foule de vaines pratiques, propres à l’enflammer, une théologie philosophique se composait pour les esprits d’élite, théologie qui lut destinée aux Mystères et se conserva par les Mystères. Une partie de ce que nous venons de dire de Minerve se trouve, en effet, dans la doctrine d’Eleusis. Denys le Thrace, dans le passage que j’ai indiqué à la page i4> cite précisément un texte orphique à propos de la roue.

I. es monnaies archaïques d'Athènes sont-elles donc du temps de Solon

hVInre jusqu'-i 1,*H. On pourrait toutefois accepter un mitiitramme* rentre Iseaucnup plu» facilement dan»

irai de 15 centigramme* i mai* l'aspect «te U pièce, «i le *y*tcra« Itabylrmici».

I ! *nque, son style n’ont aucune rcftscmtihncc avec le (I) Prvllcr, dan* la Renl Eucyc hpnrlu-, InmeV, p. .13 style, la fabrique el l'aspect des. mounai.'sde (’.nusiuéry. et suivante», p. PP* ri «uiVAute*. Compare* I opinion <!*-• Ap-utc* que le carré creux «t loin d'etre en tout point Bl. üuuciaut, clan* tes Mrtuuire* sur les Mystères de CéiJ-.utique au carré creux d'Athenes, et que le poul* de rts et de l,rmer^Mte, p. *7.

(564-56o), de Pisistrate et de ses fils (56o-5og) (l)? Tout me porte à le croire, et leurs symboles, et le carré creux, indice d’une haute antiquité, et leur style, qui répond sans violence à l'époque que j’essaye de fixer. Elles ne précéderaient , après tout, que d'un demi-siècle le siècle de Péridès, car Solon ne revint d'Asie qu’cn 5(>5; ce ne fut que pendant les cinq années qui suivirent qu’il put réaliser sa reforme monétaire : or ces pièces paraissent presque toutes postérieures à Solon, et du temps de Pisistrate et des Pisistratides. Elles sont d’une fabrique déjà soignée, ce qui ne surprendra point sous des princes fastueux , amis des arts et de tout ce qui pouvait parer leur usurpation. Leur caractère est encore naïf, et cependant la netteté du dessin atteint une assez grande vérité d'interprétation. Les objets inanimés, tels que l'osselet et la roue, sont rendus avec une exactitude élégante. Le» animaux et les monstres ne sont |>oint irréprochables, mais ils offrent un certain mérite. Le cheval est vivant, sa tête ne manque pas de finesse, quoique les (importions générales soient lourdes et le cou trop épais. La Gorgone est assez bien modelée, elle contient des détails qui ne pouvaient être traités sans une certaine habileté de main : quant au type, c’est le type traditionnel, les yeux saillants dans leur orbite, les oreilles larges, la bouche grimaçante, armée de véritables défenses qui se croisent, taudis que la langue pend hors de la bouche. C’est le type des terres-cuites du Parthénon et des vases peints : le graveur n'a fait que le reproduire sur son coin. Les trois jandies sont conçues dans le principe de la sculpture du sixième siècle; très-larges du haut, avec de grosses cuisses, elles vont en diminuant et finissent en pointe. La chouette est surtout défectueuse, mal posée, grossière, le contour du plumage étant marqué par des globules , travail éminemment primitif. Elle aura beaucoup plus de caractère sur les premiers tétradrachmes, où elle prendra la place du carré creux ; aussi la ferais-je seule remonter au temps de Solon. Mais tous ces traits opposés, naïveté et finesse, vérité et invraisemblance, détails excellents et ensemble qui pèche, soin d’exécution et faiblesse de conception, ce mélange constitue l'archaïsme déjà avancé, et qui bientôt rejettera les liens qui l'enveloppent. I es travaux considérables qu'entreprirent Pisistrate et ses fils donnèrent une impulsion favorable à l'art athénien. Si la grande sculpture était loin encore de sa

0) On sait que Pisistrate, tyran en 4«o, exilé en tort en 4*7. et revenir et» 437- Cette fuis il réuua dix 4)4 , ressaisit le pouvoir eu 4*U , pour être ctuu»r en- .ni* de suite jasqun sa mort (43?).

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perfection, elle avait déjà cependant créé des œuvres qui valurent une place à l'école attique à côté des écoles archaïques d’Égine, de Sicyone, de Sparte, d’Argos et de Sanios. Parmi les branches accessoires de la sculpture, l'ail de travailler les métaux était depuis longtemps cultivé par les Grecs, et les tyrans du sixième siècle, qui rivalisaient de luxe et de goût pour l'art, commandaient aux artistes de ce genre des travaux magnifiques. Il n'y a donc rien de surprenant à ce que des graveurs capables déjà de produire les monnaies que nous venons d’étudier vécussent au temps de Pisistrate. I. 'exemple d’Egine, qui frappa la première des monnaies, une rivalité toujours croissante avec cette voisine puissante, à mesure que se développait la prospérité maritime des Athéniens, les besoins d'un commerce qui prenait un essor décidé , aidèrent au progrès de l'art, {.es voyages de Solon et d’Alcméon en Asie, leurs relations avec Crésus, eurent une influence plus grande encore sur l’art monétaire à Athènes, puisqu’on V happa de l'or d'aussi Itonne heure, ainsi qu’on le verra plus loin.

Si l’on compare le poids des monnaies de Cousinéry avec l'étalon idéal du système attique , on observe que ces antiques monnaies, qui devraient être les plus pesantes de toutes, sont plus faibles de poids que les monnaies qui leur succèdent jusqu'à la mort d'Alexandre. Ainsi le tétradrachine ne donne que 17 grammes, au lieu de 17,20, poids normal, et de 17,25, poids qu'atteignent quelques tétradrachmes de Périclès. Les didraehmes, au lieu de 8 gr. 60 cent., ne donnent que 8,5o, 8,45 la plupart ; je 11e parle pas de ceux qui descendent à 8, 1 5 et 8,10, parce qu’ils sont un peu frustes, tandis que les autres sont presque à fleur de coin. Les drachmes, au lieu de 4,3o, ne pèsent que 4. a5, 4,20, 4i 10 î j omets celles qui descendent au-dessous de 4 grammes. Les oboles ne pèsent plus 7a centigrammes; sur onze que possède le Cabinet de Paris, une seule atteint ce poids , les autres varient de lio à 65 grammes. Le pentéchalkou et le trihémitartémorion eux-mêmes sont au-dessous du poids. Pour les petites divisions, les Athéniens eurent l’habitude contraire, maintenant la valeur réelle au-dessus plutôt qu’audessous de la valeur nominale. Mais il convient de tenir compte de la matière enlevée par l’usage et le frottement. Les pièces sont usées du côté du revers, usées surtout sur les bords qui entourent le carré creux. Les anciens devaicnt,*en effet, les poser toujours de ce côté, qui était plat, et ménager la face qui portait le sujet, car ces pièces sont en général bien conservées; elles

n'ont pas dû rester longtemps dans la circulation. Trouvées toutes dans le même lieu , elles semblent avoir dû être enfouies, soit pendant les guerres civiles <|ui suivirent la chute des Pisistratides (peut-être à l’approche de l’armée lacédémonienne), soit au moment de l'invasion des Perses. Faut-il penser que le poids primitif était un peu plus faible, ou qu'il fui atténué par les tyrans? Il semble que le hasard seul a fait retrouver des exemplaires plus légers, car une obole donne le poids normal. Une autre obole, qui est au cabinet de Berlin, touche aussi au poids normal : elle pèse 0,71. Je ne crois donc pas que l'on puisse tirer aucune induction positive de la différence légère des poids.

J’ai souhaité pouvoir étendre ces recherches, et, comine les chiffres que donne Levezow ne sont qu’approximatifs, je me suis adressé au savant conservateur du cabinet de Berlin, M. Pinder. M. Pinder a eu l'obligeance de peser lui-même avec le plus grand soin les pièces trouvées dans le duché de Posen. Je reproduis les résultats qu'il a bien voulu me communiquer, en citant les numéros correspondants de la planche que Levezow a fait graver à la suite de son Mémoire.

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