À LA BELGIQUE
Xe.
O toi, qui descendis les escaliers des âges
Dans la gloire et le sang, l'orgueil et les douleurs, Aux lauriers qui marquaient chacun de tes passages L'Histoire vient unir les plus nobles des fleurs.
La blancheur de leurs lis, la pourpre de leurs roses Où la vie et la mort ont mélé leur couleur, Rediront à jamais aux êtres et aux choses
Ton esprit sans reproche et ton geste sans peur,
Comment tu fus debout, vibrante, immaculée,
A l'appel que ton droit faisait à ton devoir, Comment Dieu t'envoya les victoires ailées,
Co’ :ment le monde en toi mit son premier espoir.
Comment, en présentant ton flanc à la blessure, Toi qu'on voulait courber, tu relevas le front, Comment ton cœur loyal répondit à l'injure, Comment ton bras vaillant a châtié l'affront…
Voilà ce que diront les fleurs de ton Histoire,
Les innombrables fleurs que l'on verra demain Surgir, dans leur parfum d'espérance et de gloire. Des ruines dont la guerre a marqué son chemin.
Et tous ceux qui viendront respireront en elles Le souffle ardent des jours que tu vis aujourd'hui. O pays dont l'étoile au fond des cieux a lui,
O Belgique, immortelle entre les itimortelles !