PRINTEMPS
Entendez-vous le Vent qui jase Et qui s’arrête à chaque phrase Pour voir, aux fenêtres qu'il rase, Des secrets qu’un voile de gaze Voudrait cacher au Vent qui jase ?
Si j'étais le Vent, j'irais tous les soirs, Frôleur indiscret, frôler les boudoirs :
J'irais, secouant les frais rideaux rose Voir ce qu'on ne voit qu'en les soulevant :
J'aimerais à voir de joyeuses choses, Si j'étais le Vent.
Entendez-vous le Vent qui chante?
Son haleine tiède et léchante
Me parle d’un ciel qui m'enchante,
D'un monde où, superbe et méchante, Flore se berce au Vent qui chante.
Si j'étais le Vent, je voyagerais Au pays que Dieu bénit de plus près, Aux villes d'Asie, aux îles de Grèce.
J'irais m'embaumer aux fleurs du Levant :
Mon souffle serait comme une caresse,
Si j'étais le Vent...