‹ Les Monologues Lassalle [microforme]Chapitre 150 sur 230 · UN HÉROS · texte numérisé non relu

UN HÉROS

CLAIRE VIRENQUE.

C'était un gamin de chez nous, Content de rien, content de tout, Avec cet amusant bagout De l'âme peuple, bien française ; Tout fier de ses jeunes vingt ans, Il partit, premier dans le rang, Et marqua le pas en chantant

La Marseillaise.

Plus tard, sur la ligne de feu, On n'aurait jamais dit un bleu, A voir ce gars si courageux, Tirant juste et partout à l'aise, Mais, au soir d'un rude combat.

Tout à coup, le petit tomba, Tandis qu'il fredonnait tout bas La Marseillaise.

Pourtant, il se dresse d’un bond,

Car il ne veut pas, ce garçon,

Trépasser comine un moribond :

Lui, moribond?... A Dieu ne plaise.

Et, malgré deux balles au cou,

Il parvient à rester debout,

Et chante... pas fort, pas beaucoup, La Marseillaise.

Puis, il veut faire quelques pas ; Mais des lèvres, qu’il ne voit pas, Mettent sur son front, sur ses bras, Un grand souffle pur qui l'apaise, Alors, il dit : ‘‘ Je meurs content, Pour la France.’ Et, bien lentement, Il chante... pas fort, pas longtemps, La Marseillaise.

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Brave petit gars de chez nous, Donnant tes vingt ans comme un sou, Et sachant mener jusqu’au bout L'effort de ton âme française ; Sur ta tombe, prochainement, La musique du régiment Te jouera l'hymne triomphant :

La Marseillaise.

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