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LE BERCEAU ET LA TOMBE

H. VIOLEAU.

Le berceau de l'enfant a le rideau de gaze,

Le doux balancement du genou maternel,

Et les songes légers et la première extase

Qui rayonne aux fronts purs comme un astre éternel.

La tome a le gazon qui la couvre et la presse, Elle a le saule vert qui penche ses rameaux, Elle a le rosier blanc qu’une abeille caresse, Et la prière tendre et le chant des oiseaux.

Tous les deux font rêver même l'indifférence ;

A l’amour du penseur ils ont partout des droits,

Ils sont pleins de sommeil, de paix et d'espérance : Sur l’un veille une mère, et sur l’autre une croix.

Ils parlent tous les deux d’une aurore vermeille, L'un à l’enfant, et l’autre à l’homme mort,

Le berceau done un monde à l'enfant qui s’éveille ; La tombe donne un ciel au juste qui s’endort.

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