PREMIER CHAGRIN
JHAN CHARBONNKAU.
Par un printemps plein de clarté, J'allai dans un jardin de roses, Exquises en leur pureté,
De tantôt seulement écloses.
Avec la sveltesse rs lis, Au milieu des vases «le marbres,
Pendaient les branches des grands arbres
Perdus dans les profonds taillis.
Par-ci par-là, dans les allées,
Des bouleaux dans le blond matin Montraient leurs robes de satin, Claires blancheurs immaculées.
Et la brise avec ses chansons, Par l'aube lentement bercées, En frissonnant dans les buissons, Avait des langueurs oppressées.
Et comme je penchais mon front Sur ces roses aux reflets pâles,
Je vis des pleurs couleurs d'opales Que la nuit, du grand ciel profond,
Avait laissé tomber sur elles :
Et les fleurs aux parfums subtils Laissaient couler de leurs pistils Des larmes sur leurs tiges frêles.…
J'ai versé des pleurs aussi, moi,
Et m'en suis allé par la plaine :
Et mon cœur partagea leur peine, Sans pouvoir comprendre pourquoi.
Aussi, parmi toutes les choses Que je vis de par les chemins, Le premier d’entre mes chagrins, C’est d’avoir vu pleurer des roses.
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UP JR